La sexualité est l’expression
physique d’une pulsion psychique. Lorsque cette expression est harmonieuse,
il n’y a pas de problème. Lorsqu’elle est conflictuelle, il faut essayer de
définir le trouble, c’est de la pathologie sexuelle ; puis résoudre ce
conflit, c’est le rôle de la sexothérapie.
Le sujet est immense et ne
peut être évoqué ici. Nous limiterons donc notre point de vue à ce que nous
pensons connaître le moins mal, c’est à dire une sexualité au quotidien de
la femme.
L’approche de la sexualité
doit être double. D’abord la tête, et après le corps.
Il ne sert à rien de vouloir
régler un problème sexuel, si l’on n’a pas auparavant réglé le conflit
psychologique sous jacent.
Cependant, parler de
psychologie risque de nous entraîner dans un univers passionnant, mais où
l’on ne pourra ici que se perdre. Ors, cette approche est indispensable ;
nous nous efforcerons donc de parler psychologie d’une façon, plus médicale
que psychologique.
Médecine psychologique :
Pour cela, quelques points
fixes doivent être définis :
Complexe = inadéquation entre le Réel et le Vécu.
Cela veut dire, que l’on a de
certaines choses une idée qui ne correspond à ce qu’elles sont. Autrement
dit, on se trompe. Ainsi, on pourra dire que le complexe de supériorité
intéresse celui qui se croit plus grand que ce qu’il est vraiment. Pour le
complexe d’infériorité, il se croit plus petit que ce qu’il est réellement.
C’est l’inverse, mais c’est la même chose car il y a bien inadéquation entre
le réel et le vécu. Nous verrons que le complexe d’ Œdipe concerne un adulte
(le réel) avec un affectif d’enfant (le vécu).
La culpabilité :
Il s’agit d’un sentiment
négatif qui est à la base de la psychologie de l’homme. Ce sentiment existe
depuis la nuit des temps (Caen et Abel). Mis en évidence ensuite par Freud
dans sa théorie de la horde primitive, il se situe au plus profond de
chacun. Ceci est facile à admettre pour celui qui cherche toujours à se
culpabiliser, mais pour celui qui pense ne pas être dans cette situation,
cela est plus difficile. Pour celui là, il faut préciser deux choses :
1/ Nous parlons ici du
sentiment de culpabilité. Avoir ce sentiment, n’implique pas automatiquement
que nous soyons effectivement coupables. Nous entrons donc dans un complexe,
comme il a été défini plus haut. Et nous verrons, grâce à la maïeuthérapie,
qu’effectivement, ce sentiment ne correspond pas à la réalité.
2/ Ce sentiment, peut aussi
être présent en nous, alors que nous n’en avons pas conscience. On dit alors
dit qu’il appartient à notre inconscient. Oui ! Mais, qu’est ce que
l’inconscient ? Je ne sais pas, puisque c’est inconscient. La situation
semble bloquée. Elle se débloquera un peu plus loin. Mais, cet inconscient
existe, existe en chacun et est propre à chacun puisque cet inconscient est
le conscient d’avant le verbe.
L’inconscient :
Nous réfléchissons tous avec
des mots (lorsque je pense quelque chose, je me dis en moi-même les mots
pour comprendre ce que je pense). Mais un enfant ne sachant pas encore
parler, a déjà des pensées, a déjà des sentiments. Mais, comme il ne sait
pas parler, il ne peut les dire à sa tête et ne peut s’en souvenir avec sa
tête. Mais son cœur, c’est à dire, son cerveau affectif s’en souviendra ( Il
s’agit de la connaissance inconsciente de Mélanie Klein). Ainsi, il n’aura
pas conscience de certaines choses qu’il a vécues au cours des premiers mois
de sa vie, mais cet événement est gravé dans sa mémoire affective. Le but de
toute psychothérapie est de faire venir cet événement à la conscience de la
personne. De même, la maïeuthérapie a pour ambition, de mettre la bande son
sur le film muet de l’enfance de la personne. Ainsi, elle démontrera :
1/que le sentiment de
culpabilité est en fait une erreur judiciaire. Dans cette histoire, alors
que tout le monde se croit coupable et essaie de cacher cette culpabilité
derrière un personnage trompeur, il n’y a que des victimes. Mais, victimes
de quoi ? Du non savoir aimer des parents.
2/que le sentiment de non
valoir est la preuve du valoir de chacun.
Expliquons maintenant de
quelle manière, cet inconscient peut se manifester.
Nous aspirons tous à être
plus heureux, plus riche, plus beau, plus intelligent …, plus, plus, plus.
Il y adonc en nous, une force positive et que l’on connaît bien ; elle est
donc consciente. Mais, nous n’y arrivons pas toujours. On peut certes dire
que c’est la faute des autres ; mais on se doute aussi, qu’il y a peut être
en nous, une force négative s’opposant à la force positive consciente du
toujours plus (Ce « qui augmente notre puissance d’agir » de Spinoza). On
connaîtrait cette force négative, on s’empresserait, bien sûr de lui tordre
le coup. Mais, nous ne la connaissons pas. Elle est donc inconsciente.
Donc, si l’on arrive à faire
comprendre que le sentiment de non valoir inconscient est la preuve du
valoir de la personne, la force négative inconsciente pourra se positiver en
force positive consciente. C’est la résultante de ces deux forces qui
décidera de notre trajectoire selon le tableau existentiel suivant
(J 3).

Avec la notion de complexe,
de culpabilité et d’inconscient, nous sommes armés pour entrer dans
l’univers de la maïeuthérapie et comprendre la cause psychologique
des problèmes sexuels.
Il nous faut maintenant faire
le :
Lien entre le psychologique et le sexuel.
Il faut savoir que tous les
être humains sont dotés des mêmes attributs, qu’ils appartiennent au genre
masculin et/ou au genre féminin. En effet, il est absurde de penser qu’il
peut y avoir des personnes avec un estomac et d’autres sans. Ou, que
certains visages puisent être dépourvus d’appendice nasal. Nous pouvons donc
penser que l ‘anatomie sexuelle est la même pour tous et toutes. Ceci
constitue donc le Réel.
Lorsqu’il y a un problème
sexuel, on peut dire que le Vécu sexuel est anormal. On peut alors rattacher
les problèmes sexuels au complexe de castration (SF 14)où le réel est
une anatomie normale, et le vécu une sexualité anormale.

Donc, avant de parler du
vécu, essayons de savoir un peu d’anatomie sexuelle.
Anatomie sexuelle
Les organes sexuels sont
érectiles,
c’est à dire qu’ils se modifient à la sollicitation mécanique
(SF 9).

SF9 : L’ensemble Urétro-Clitorido-Vulvaire.
Cet
ensemble se trouve à la partie antérieure du périnée et pratiquement à
hauteur de l’orifice vulvaire.
On va toujours trop profond…
Si le sphincter de l’urètre (4) est le point G, toute femme qui n’urine pas
sans discontinuer a un point G.
Chez la femme, le clitoris
est le plus connu car rattaché à l’équivalent du pénis. En fait, si l’on
veut faire une analogie entre l’homme et la femme, il faut savoir que le
clitoris n’est pas l’équivalent du pénis. C’est l’équivalent du gland du
pénis. Quant à la majeure partie de la verge (celle qui durcit pendant
l’érection), son équivalent chez la femme est constitué par les bulbes
vestibulaires situés de chaque cotés de la vulve.
Enfin, plus récemment (en
1992), nous avons rattaché le point G au sphincter de l’urètre :
les patientes ne connaissant
pas leur point G reconnaissaient à cet endroit, une sensibilité agréable.
Celles qui la localisaient au
fond disaient que cette sensibilité était à l’endroit du point G, mais
qu’elles la localisaient en profondeur.
Enfin celles qui disaient ne
pas avoir de problème de sensibilité vaginale, localisaient à cet endroit le
point G.
Des échographies (SF-8
)ont permis de localiser à l’entrée du vagin une zone érectile et les
dissections anatomiques ont rattaché cette zone au sphincter de l’urètre.

SF8 :
Image échographique du point G.
A gauche,
la tache claire (1) atteste du caractère vasculaire de cette zone.
A droite, elle s’est modifiée (2) à la sollicitation mécanique ( cette
photographie a été réalisée après que l’on ai demandé à la patiente, de
serrer et relâcher les fesses plusieurs fois de suite)
On sait que le sphincter est
un muscle qui a pour fonction de fermer la vessie en dehors de la miction.
On peut donc dire, que toute femme qui ne fait pas pipi en permanence a un
sphincter de l’urètre ; on peut donc écrire que toute femme a un point G! Et
c’est tant mieux car il fut un temps, où l’on disait qu’il y avait des
femmes n’ayant pas de point G. Cela équivalait à dire qu’il y avait dans la
nature, des femmes qui pouvaient ne pas avoir d’estomac ou de nez ou d’un
autre organe qui serait présent chez d’autres et non chez elles.
Nous voyons donc que l’ensemble
urétro-clitorido-vulvaire (SF-9)est
bien l’organe sensoriel primaire de la femme, et qu’il existe naturellement
chez toute femme.
Un autre élément important à
signaler concerne l’environnement musculaire de cet ensemble. En effet,
chacun de ces organes est recouvert par des muscles plats, qui lorsqu’ils se
contractent, vont augmenter la pression à l’intérieur de ces corps
érectiles.
Le phénomène de ballonisation
du vagin :
Il arrive parfois que pendant
le rapport sexuel, il y ait émission de gaz par le vagin. Ceci est expliqué
par la congestion du système veineux entourant le vagin, et surtout la
partie du vagin située au dessus du système musculaire de l’épaisseur
périnéale. Cette congestion veineuse explique ce phénomène (SF-10)
pendant le coït qui est bien connu. Il s’agit en fait de l’équivalent d’une
érection endogène. Si de l’air est rentré, il devra ressortir ; d’où,
émission de gaz pendant l’acte sexuel.

SF10 :Le phénomène de ballonisation du vagin.
A gauche,
le vagin est au repos
A droite, il s’est gonflé sous l’effet de la dilatation des grosses veines
qui entourent le vagin
D’autres part, les sécrétions
vaginales et le sperme accumulés au fond du vagin devront sortir lorsque le
vagin dégonflera ; ceci explique pourquoi ces sécrétions s’écoulent après le
coït. Ceci peut expliquer aussi ce que certains ont appelé : l’éjaculation
féminine. Mais ici, nous ne pouvons apporter aucune certitude.
Voilà, brièvement, ce que l’on peut dire des réactions sexuelles de la
femme. Evoquons maintenant certains troubles sexuels :
Les troubles sexuels
Les symptômes.
Le désir induit des
modifications anatomiques des organes sexuels. Puis, l’action mécanique sur
ces organes excités aboutit à la décharge orgasmique.
Lorsqu’ il n’y a pas de
désir, on dit qu’il y a un trouble de la « libido ». Les causes sont ici
essentiellement psychologiques. Le problème vient d’une mauvaise image de
soi et/ou d’une relation défectueuse avec le ou la partenaire. Chez l’homme,
il n’y aura pas d’érection ; chez la femme, pas de lubrification vaginale,
ni d’érection de l’ensemble
urétro-clitorido-vulvaire. Mais, s’il ne
peut y avoir de coït sans érection, celui-ci est tout à fait possible sans
excitation sexuelle de la femme. Le coït se fait alors à sec ; et lorsque la
femme sera prête anatomiquement, il sera trop tard pour le garçon qui
éjaculera trop tôt. D’où, l’importance des préparatifs de la compagne, sauf
si bien sûr, celle ci est déjà désireuse de pénétration. Certaines femmes
disent que la rapidité de survenue de leur orgasme est variable ; cela
semble être dû à leur état d’excitabilité au moment du rapport sexuel.
La sollicitation mécanique
peut être faite par le partenaire ou par l’auto masturbation. Qui, mieux que
soi même, peut savoir la manière de trouver sa mécanique sexuelle ? Qui,
mieux que soi même, peut se gratter ce qui le démange de la meilleure
façon ? Ceci souligne l’importance de la masturbation ; phénomène encore
refoulé chez certaines femmes, par notre culture judéo-chrétienne.
Chez l’homme, c’est la verge
qui, par le mouvement de va et vient, permet l’orgasme avec éjaculation.
Certains auteurs rapprochent
l’orgasme à une mini crise d’épilepsie avec sa phase tonique, puis clonique,
et enfin résolutoire.
Chez la femme, l’orgasme
échappe encore a une description unique. En effet, les connaissances
anatomiques et psychologiques ne permettent pas encore de comprendre les
véritables tenants et aboutissants de cette réaction. Mais, les éléments que
nous apportons ici s’appuient sur une étude clinique et anatomique de
l’appareil génital féminin.
Nous avons tous en mémoire
l’arc réflexe du muscle de la grenouille avec l’organe sensoriel d’où part
l’influx nerveux. Puis les racines nerveuses qui amènent cet influx à la
moelle épinière. Puis la moelle épinière et les voies nerveuses qui amènent
l’influx jusqu’au muscle qui va alors se contracter. Pour l’orgasme, c’est
la même chose (SF-11). La zone sensorielle est l’ensemble
urétro-clitorido-vulvaire ; les voies nerveuses afférentes et efférentes se
situent dans le nerf pudendal ; les organes effecteurs sont les muscles du
périnée qui sont tous innervés par le plexus pudendal.

SF11 : L’arc réflexe de l’orgasme.
-L’organe
sensoriel est l’ensemble UCV (1)
-Les voies sensitivo-motrices sont dans le nerf pudendal (2)
-La moelle épinière(3) est le relais ; c’est ici que devraient agir les
centres supérieurs du cerveau -
L’organe effecteur est constitué par les muscles innervés par le plexus
pudendal (4)
Ainsi, après une excitation
sensorielle, les muscles du périnée vont se contracter et aboutir à ce que
nous avons appelé les Réponses Motrices Orgasmiques Vaginales (RMOV). Ces
réactions ont été décrites par Masters et Johnson ; elles ont aussi été
enregistrées par Carmichael.
Seulement voilà. Lorsqu’on
regarde le périnée des femmes, on s’aperçoit que si certaines connaissent
bien ces muscles, il y en a d’autres qui ne savent absolument pas contracter
leur périnée. Pourquoi ? Simplement parce que tout, jusqu’à il y a peu de
temps, aboutissait à un refoulement du vagin. Le vagin, c’était le non sexe.
Certaines psychanalystes disent même (Josine Muller) que la petite fille
refoule ses sensations vaginales pour les réorienter sur le clitoris…
On comprend donc, que si le
muscle effecteur n’a jamais fonctionné, parce que refoulé, la patiente
décrira des orgasmes sans contraction musculaires. Ceci explique aussi que
certaines de ces RMOV puissent être perçues ou non, par le partenaire. Si
tout ceci semble maintenant admis, il reste encore beaucoup de zones
d’ombres sur l’étude physiologique de l ‘orgasme (féminin).
Nous voyons donc déjà, de
quelle manière la qualité de l’orgasme féminin peut être altérée.
Si on reprend le schéma de
l’arc réflexe, on voit que les neurones communiquent entre eux, par ce que
l’on appelle des synapses. C’est par l’intermédiaire de ces synapses que les
centres supérieurs agissent. Cette action peut être facilitatrice ou
inhibitrice. On comprend dès lors, plus facilement, de quelle manière agit
le psychisme sur l’orgasme. Mais cet arc réflexe existe, puisque des
sexologues rapportent des orgasmes chez les femmes paraplégiques (même s’ils
semblent de moins bonne qualité, que celui de femmes ne présentant pas de
lésions de la moelle épinière).
On peut donc dire,
raisonnablement, que les déficits musculaires pelviens et les blocages
psychologiques sont les principales causes de dysfonctionnement orgasmique
chez la femme (puisque l’on admet désormais que toute femme a un point G).
Quel traitement ?
L’efficacité d’un traitement
dépend de l’indication posée.
Poser une indication
thérapeutique signifie que le diagnostic a été posé.
Le diagnostic, c’est pouvoir
dire quelle est la maladie dont souffre le malade. Nous voyons donc, qu’on
ne peut proposer ici une véritable thérapie. Mais, nous pensons que toutes
ces informations sont utiles, car elles montrent que nous sommes tous les
mêmes, même si nous sommes tous différents. Toute femme a un point G, toute
femme peut être sexuellement satisfaite. Mais il faut régler le problème par
une approche physique ET psychologique.
L’approche psychologique
correspond à une psychothérapie. Nous pratiquons depuis de nombreuses années
la maïeuthérapie. Il s’agit d’une méthode active, presque agressive qui va
chercher au fond de l’individu, son sentiment de non valoir, afin de lui
montrer tout son valoir (SF-12).

Cet entretien dure
généralement une heure et demi environ, n’a pas besoin d’être répété
plusieurs fois et apporte un soulagement pour la patiente. Tout vient de
l’enfance, lorsque le non savoir aimer des parents induit un blocage
affectif chez l’enfant. On démontre par a+b, que ce sentiment de non valoir
est la preuve du valoir de l’individu (SF-13). Autrement dit, les
gens comprennent que le fait de croire qu’ils ne sont « bons à rien », est
la preuve qu’ils sont bons à beaucoup de choses. La démarche, toujours la
même, est pratiquement toujours couronnée de succès, si la personne reste
toujours consciente de la réalité de son problème et si elle a la volonté de
s ‘en sortir.

Après cette approche,
l’information anatomique est amenée en expliquant ce qu’est le complexe de
castration.
L’approche anatomique et le complexe de castration.
Nous savons, qu’un
complexe est en terme médical, l’inadéquation entre le réel et le vécu. Ici,
le réel correspond à une anatomie normale ( ensemble
urétro-clitorido-vulvaire, muscles périnéaux) et le vécu, une sexualité
anormale. Lorsque la femme dit ne pas sentir d’excitation, nous dirons qu’il
s’agit d’un complexe de castration sensoriel (SF-14).
Lorsqu’elle dit ne pas ressentir d’orgasme, nous dirons qu’il s’agit d’un
complexe de castration moteur.
1/Le complexe de castration
sensoriel se résout après avoir fait l’examen du point G.
Il s’agit d’un renflement du
vagin, en avant et juste à l’entrée du vagin (pas plus de 3 centimètres de
profondeur au grand maximum). Cette pression est le plus souvent agréable.
Elle peut entraîner parfois un désir mictionnel qui, s’il est désagréable,
s’estompera assez rapidement. Enfin, rarement, elle est douloureuse et doit
amener la patiente à consulter afin d’éliminer une maladie sexuellement
transmissible (chlamydia trachomatis) qui peut être traitée efficacement si
les deux éléments du couple (la femme et son partenaire) sont traités. Par
contre, non traitées, ces maladies sexuellement transmissibles peuvent
aboutir à une stérilité.
Mais avant de faire l’examen
du point G, il faudra avoir résolu le problème du complexe d’ Œdipe, grâce à
la maïeuthérapie. En effet, certaines patientes disaient ne rien ressentir
pendant l’examen du point G, lorsque celui ci était fait avant la
psychothérapie ; mais elles disaient aussi, après la psychothérapie,
qu’elles avaient ressenti quelque chose, mais qu’elles ne voulaient pas
l’admettre.
Nous devons expliquer ce
phénomène.
Nous avons au départ, une
femme qui depuis qu’elle est petite pense que sa nature est mauvaise. Elle
rendra supportable ce fait psychologique en découvrant ce que Freud a
appelé, l’absence de sexe. En effet, son petit frère, son petit cousin, a
une quiquette, mais elle, en est dépourvue. Ce défaut anatomique devient la
preuve matérielle de sa mauvaise nature psychologique.
Mais en même temps, elle se
libère de sa mauvaise nature intérieure, puisque c’est le sexe qui est lésé.
Voilà pourquoi, les filles semblent plus épanouies socialement que les
garçons, qui eux craignent toujours qu’on ne découvre leur mauvaise nature
endogène.
Donc, pour en revenir au
point G, reconnaître qu’il y a là, une sensibilité agréable, c’est admettre
que son vagin existe et qu’il n’y a pas eu de castration. Mais, c’est aussi
vouloir réintroduire en elle, une mauvaise nature, qui ne s’était limitée
qu’au sexe. Et cela, la femme ne veut pas l’admettre. Il faut donc faire
comprendre le complexe d’ Œdipe, afin que la femme se libère totalement de
sa culpabilité endogène.
Faire comprendre cela est
renversant. En effet, la solution est alors totalement inversée. Au départ,
l’absence de sensibilité vaginale était la preuve de sa mauvaise nature
psychologique ; dans la situation actuelle, la réalité anatomique de son
ensemble urétro-clitorido-vulvaire est la preuve anatomique de sa bonne
nature psychologique.
2/Le complexe de
castration moteur est plus long à résoudre,
car les muscles doivent fonctionner pour se développer. On utilisera la
rééducation périnéale chez un kinésithérapeute, et le principe de la
batterie.
La rééducation périnéale ne
sera pas détaillée. C’est avec une sonde envoyant des influx électriques
minimes, que la patiente découvre la réalité de muscles jusque là inconnus.
Principe de la batterie.
Il n’y a pas de certitude
dans ce qui suit. Certaines patientes décrivent un orgasme avec des
« variations ondulatoires ». Nous pensons qu’il peut s’agir d’une forme
d’orgasme infantile. Nous conseillons à ces patientes de se retenir, c’est à
dire d’arrêter la stimulation sexuelle juste avant d’échapper dans l’orgasme
(c’est parfois difficile et, en tous cas impossible, si l’on a dépassé le
seuil critique). En effet, si on charge et décharge une batterie plusieurs
fois de suite, les décharges successives seront de moins en moins fortes.
Par contre, si on charge de plus en plus une batterie en prenant soin de ne
pas la décharger, la décharge finale sera bien plus forte.
Cette approche, qui a
l’avantage de ne pas nécessiter une intervention médicalisée, ne peut être
réalisée que si les muscles périnéaux sont bien connus. Elle est en cours
d’évaluation.
Enfin, pour terminer cette
approche thérapeutique, il faut signales une différence notable entre
l’homme et la femme. L’homme ne pourra pas féconder s’il n’a pas éjaculé,
donc s’il n’a pas eu d’orgasme. La femme, elle, peut être fécondée, même si
elle n’a pas eu d’orgasme. Et, nous avons l’impression, en clinique, que
l’importance de la recherche et de la qualité d’un orgasme, intéresse plus
l’homme que la femme.
Et l’homme dans tout ça...
Il est beaucoup moins
affectif que son homologue féminin. Est ce un fait culturel, hormonal,
cérébral ? Un peu de tout ceci, puisque des arguments sérieux sont avancés
pour chacune de ces thèses.
La psychologie masculine est
beaucoup plus rigide que la féminine ; il lui est beaucoup plus difficile de
faire évoluer son point de vue que pour une femme. Et puis, c’est la femme
qui donne la vie, alors que l’homme tue plus facilement. Mais, on arrive
quand même à lui faire comprendre la démarche maïeuthérapeutique. Ils sont
moins bouleversés que les femmes, comme si leur profondeur était moins
grande.
Leur compréhension du
complexe d’ Œdipe leur pose peu de problèmes, et elle ébranle moins leur
sensibilité ; et leur joie est plus légère d’un avenir meilleur, alors que
pour la femme, c’est plus profond, plus introverti, plus nostalgique peut
être. Il voit l’avantage de la nouvelle situation psychologique comme un
bénéfice personnel, alors que pour la femme, c’est plus tourné vers l’espoir
d’un avenir relationnel meilleur. Pour elle, c’est la relation charnelle (sa
mère et ses enfants) qui s’enrichit ; pour lui, ce sont ses perspectives.
Quant au complexe castration
chez l’homme, la connaissance de son réel anatomique sexuel est acquise. Le
vécu pathologique concerne l’impuissance, l’éjaculation précoce
essentiellement ; chez la femme, ce qui lui manque le plus, c’est l’absence
de libido et de plaisir sexuel. D’ailleurs lors des premiers rapports, le
problème de l’homme est de ne pas jouir trop tôt, pour la femme, c’est de ne
pas jouir trop tard.