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SEXOLOGIE FÉMININE 
Développement psycho-sexuel
par  Lucien Charles. LENCK

 

La sexualité est l’expression physique d’une pulsion psychique. Lorsque cette expression est harmonieuse, il n’y a pas de problème. Lorsqu’elle est conflictuelle, il faut essayer de définir le trouble, c’est de la pathologie sexuelle ; puis résoudre ce conflit, c’est le rôle de la sexothérapie.

Le sujet est immense et ne peut être évoqué ici. Nous limiterons donc notre point de vue à ce que nous pensons connaître le moins mal, c’est à dire une sexualité au quotidien de la femme.

L’approche de la sexualité doit être double. D’abord la tête, et après le corps.

Il ne sert à rien de vouloir régler un problème sexuel, si l’on n’a pas auparavant réglé le conflit psychologique sous jacent.

Cependant, parler de psychologie risque de nous entraîner dans un univers passionnant, mais où l’on ne pourra ici que se perdre. Ors, cette approche est indispensable ; nous nous efforcerons donc de parler psychologie d’une façon, plus médicale que psychologique.

 

Médecine psychologique :

Pour cela, quelques points fixes doivent être définis :

 

Complexe = inadéquation entre le Réel et le Vécu.

Cela veut dire, que l’on a de certaines choses une idée qui ne correspond à ce qu’elles sont. Autrement dit, on se trompe. Ainsi, on pourra dire que le complexe de supériorité intéresse celui qui se croit plus grand que ce qu’il est vraiment. Pour le complexe d’infériorité, il se croit plus petit que ce qu’il est réellement. C’est l’inverse, mais c’est la même chose car il y a bien inadéquation entre le réel et le vécu. Nous verrons que le complexe d’ Œdipe concerne un adulte (le réel) avec un affectif d’enfant (le vécu).

 

La culpabilité :

Il s’agit d’un sentiment négatif qui est à la base de la psychologie de l’homme. Ce sentiment existe depuis la nuit des temps (Caen et Abel). Mis en évidence ensuite par Freud dans sa théorie de la horde primitive, il se situe au plus profond de chacun. Ceci est facile à admettre pour celui qui cherche toujours à se culpabiliser, mais pour celui qui pense ne pas être dans cette situation, cela est plus difficile. Pour celui là, il faut préciser deux choses :

1/ Nous parlons ici du sentiment de culpabilité. Avoir ce sentiment, n’implique pas automatiquement que nous soyons effectivement coupables. Nous entrons donc dans un complexe, comme il a été défini plus haut. Et nous verrons, grâce à la maïeuthérapie, qu’effectivement, ce sentiment ne correspond pas à la réalité.

2/ Ce sentiment, peut aussi être présent en nous, alors que nous n’en avons pas conscience. On dit alors dit qu’il appartient à notre inconscient. Oui ! Mais, qu’est ce que l’inconscient ? Je ne sais pas, puisque c’est inconscient. La situation semble bloquée. Elle se débloquera un peu plus loin. Mais, cet inconscient existe, existe en chacun et est propre à chacun puisque cet inconscient est le conscient d’avant le verbe.

 

L’inconscient :

Nous réfléchissons tous avec des mots (lorsque je pense quelque chose, je me dis en moi-même les mots pour comprendre ce que je pense). Mais un enfant ne sachant pas encore parler, a déjà des pensées, a déjà des sentiments. Mais, comme il ne sait pas parler, il ne peut les dire à sa tête et ne peut s’en souvenir avec sa tête. Mais son cœur, c’est à dire, son cerveau affectif s’en souviendra ( Il s’agit de la connaissance inconsciente de Mélanie Klein). Ainsi, il n’aura pas conscience de certaines choses qu’il a vécues au cours des premiers mois de sa vie, mais cet événement est gravé dans sa mémoire affective. Le but de toute psychothérapie est de faire venir cet événement à la conscience de la personne. De même, la maïeuthérapie a pour ambition, de mettre la bande son sur le film muet de l’enfance de la personne. Ainsi, elle démontrera :

1/que le sentiment de culpabilité est en fait une erreur judiciaire. Dans cette histoire, alors que tout le monde se croit coupable et essaie de cacher cette culpabilité derrière un personnage trompeur, il n’y a que des victimes. Mais, victimes de quoi ? Du non savoir aimer des parents.

2/que le sentiment de non valoir est la preuve du valoir de chacun.

 

Expliquons maintenant de quelle manière, cet inconscient peut se manifester.

Nous aspirons tous à être plus heureux, plus riche, plus beau, plus intelligent …, plus, plus, plus. Il y adonc en nous, une force positive et que l’on connaît bien ; elle est donc consciente. Mais, nous n’y arrivons pas toujours. On peut certes dire que c’est la faute des autres ; mais on se doute aussi, qu’il y a peut être en nous, une force négative s’opposant à la force positive consciente du toujours plus (Ce « qui augmente notre puissance d’agir » de Spinoza). On connaîtrait cette force négative, on s’empresserait, bien sûr de lui tordre le coup. Mais, nous ne la connaissons pas. Elle est donc inconsciente.

Donc, si l’on arrive à faire comprendre que le sentiment de non valoir inconscient est la preuve du valoir de la personne, la force négative inconsciente pourra se positiver en force positive consciente. C’est la résultante de ces deux forces qui décidera de notre trajectoire selon le tableau existentiel suivant (J 3).

Avec la notion de complexe, de culpabilité et d’inconscient, nous sommes armés pour entrer dans l’univers de la maïeuthérapie et comprendre la cause psychologique des problèmes sexuels.

Il nous faut maintenant faire le :

 

Lien entre le psychologique et le sexuel.

Il faut savoir que tous les être humains sont dotés des mêmes attributs, qu’ils appartiennent au genre masculin et/ou au genre féminin. En effet, il est absurde de penser qu’il peut y avoir des personnes avec un estomac et d’autres sans. Ou, que certains visages puisent être dépourvus d’appendice nasal. Nous pouvons donc penser que l ‘anatomie sexuelle est la même pour tous et toutes. Ceci constitue donc le Réel.

Lorsqu’il y a un problème sexuel, on peut dire que le Vécu sexuel est anormal. On peut alors rattacher les problèmes sexuels au complexe de castration (SF 14)où le réel est une anatomie normale, et le vécu une sexualité anormale.

 

Donc, avant de parler du vécu, essayons de savoir un peu d’anatomie sexuelle.

 

Anatomie sexuelle

Les organes sexuels sont érectiles, c’est à dire qu’ils se modifient à la sollicitation mécanique (SF 9).

 

SF9 : L’ensemble Urétro-Clitorido-Vulvaire. 

Cet ensemble se trouve à la partie antérieure du périnée et pratiquement à hauteur de l’orifice vulvaire.
On va toujours trop profond…
Si le sphincter de l’urètre (4) est le point G, toute femme qui n’urine pas sans discontinuer a un point G.

 

Chez la femme, le clitoris est le plus connu car rattaché à l’équivalent du pénis. En fait, si l’on veut faire une analogie entre l’homme et la femme, il faut savoir que le clitoris n’est pas l’équivalent du pénis. C’est l’équivalent du gland du pénis. Quant à la majeure partie de la verge (celle qui durcit pendant l’érection), son équivalent chez la femme est constitué par les bulbes vestibulaires situés de chaque cotés de la vulve.

Enfin, plus récemment (en 1992), nous avons rattaché le point G au sphincter de l’urètre :

les patientes ne connaissant pas leur point G reconnaissaient à cet endroit, une sensibilité agréable.

Celles qui la localisaient au fond disaient que cette sensibilité était à l’endroit du point G, mais qu’elles la localisaient en profondeur.

Enfin celles qui disaient ne pas avoir de problème de sensibilité vaginale, localisaient à cet endroit le point G.
 

Des échographies (SF-8 )ont permis de localiser à l’entrée du vagin une zone érectile et les dissections anatomiques ont rattaché cette zone au sphincter de l’urètre.

SF8 : Image échographique du point G

A gauche, la tache claire (1) atteste du caractère vasculaire de cette zone. 
A droite, elle s’est modifiée (2) à la sollicitation mécanique ( cette photographie a été réalisée après que l’on ai demandé à la patiente, de serrer et relâcher les fesses plusieurs fois de suite)

 

 

On sait que le sphincter est un muscle qui a pour fonction de fermer la vessie en dehors de la miction. On peut donc dire, que toute femme qui ne fait pas pipi en permanence a un sphincter de l’urètre ; on peut donc écrire que toute femme a un point G! Et c’est tant mieux car il fut un temps, où l’on disait qu’il y avait des femmes n’ayant pas de point G. Cela équivalait à dire qu’il y avait dans la nature, des femmes qui pouvaient ne pas avoir d’estomac ou de nez ou d’un autre organe qui serait présent chez d’autres et non chez elles.

Nous voyons donc que l’ensemble urétro-clitorido-vulvaire (SF-9)est bien l’organe sensoriel primaire de la femme, et qu’il existe naturellement chez toute femme.

Un autre élément important à signaler concerne l’environnement musculaire de cet ensemble. En effet, chacun de ces organes est recouvert par des muscles plats, qui lorsqu’ils se contractent, vont augmenter la pression à l’intérieur de ces corps érectiles.

 

Le phénomène de ballonisation du vagin :

Il arrive parfois que pendant le rapport sexuel, il y ait émission de gaz par le vagin. Ceci est expliqué par la congestion du système veineux entourant le vagin, et surtout la partie du vagin située au dessus du système musculaire de l’épaisseur périnéale. Cette congestion veineuse explique ce phénomène (SF-10) pendant le coït qui est bien connu. Il s’agit en fait de l’équivalent d’une érection endogène. Si de l’air est rentré, il devra ressortir ; d’où, émission de gaz pendant l’acte sexuel.

SF10 :Le phénomène de ballonisation du vagin. 

A gauche, le vagin est au repos
A droite, il s’est gonflé sous l’effet de la dilatation des grosses veines qui entourent le vagin

 

 

D’autres part, les sécrétions vaginales et le sperme accumulés au fond du vagin devront sortir lorsque le vagin dégonflera ; ceci explique pourquoi ces sécrétions s’écoulent après le coït. Ceci peut expliquer aussi ce que certains ont appelé : l’éjaculation féminine. Mais ici, nous ne pouvons apporter aucune certitude.
Voilà, brièvement, ce que l’on peut dire des réactions sexuelles de la femme. Evoquons maintenant certains troubles sexuels :

 

 

 

Les troubles sexuels

Les symptômes.

Le désir induit des modifications anatomiques des organes sexuels. Puis, l’action mécanique sur ces organes excités aboutit à la décharge orgasmique.

Lorsqu’ il n’y a pas de désir, on dit qu’il y a un trouble de la « libido ». Les causes sont ici essentiellement psychologiques. Le problème vient d’une mauvaise image de soi et/ou d’une relation défectueuse avec le ou la partenaire. Chez l’homme, il n’y aura pas d’érection ; chez la femme, pas de lubrification vaginale, ni d’érection de l’ensemble urétro-clitorido-vulvaire. Mais, s’il ne peut y avoir de coït sans érection, celui-ci est tout à fait possible sans excitation sexuelle de la femme. Le coït se fait alors à sec ; et lorsque la femme sera prête anatomiquement, il sera trop tard pour le garçon qui éjaculera trop tôt. D’où, l’importance des préparatifs de la compagne, sauf si bien sûr, celle ci est déjà désireuse de pénétration. Certaines femmes disent que la rapidité de survenue de leur orgasme est variable ; cela semble être dû à leur état d’excitabilité au moment du rapport sexuel.

La sollicitation mécanique peut être faite par le partenaire ou par l’auto masturbation. Qui, mieux que soi même, peut savoir la manière de trouver sa mécanique sexuelle ? Qui, mieux que soi même, peut se gratter ce qui le démange de la meilleure façon ? Ceci souligne l’importance de la masturbation ; phénomène encore refoulé chez certaines femmes, par notre culture judéo-chrétienne.

Chez l’homme, c’est la verge qui, par le mouvement de va et vient, permet l’orgasme avec éjaculation.

Certains auteurs rapprochent l’orgasme à une mini crise d’épilepsie avec sa phase tonique, puis clonique, et enfin résolutoire.

Chez la femme, l’orgasme échappe encore a une description unique. En effet, les connaissances anatomiques et psychologiques ne permettent pas encore de comprendre les véritables tenants et aboutissants de cette réaction. Mais, les éléments que nous apportons ici s’appuient sur une étude clinique et anatomique de l’appareil génital féminin.

 

Nous avons tous en mémoire l’arc réflexe du muscle de la grenouille avec l’organe sensoriel d’où part l’influx nerveux. Puis les racines nerveuses qui amènent cet influx à la moelle épinière. Puis la moelle épinière et les voies nerveuses qui amènent l’influx jusqu’au muscle qui va alors se contracter. Pour l’orgasme, c’est la même chose (SF-11). La zone sensorielle est l’ensemble urétro-clitorido-vulvaire ; les voies nerveuses afférentes et efférentes se situent dans le nerf pudendal ; les organes effecteurs sont les muscles du périnée qui sont tous innervés par le plexus pudendal.

SF11 : L’arc réflexe de l’orgasme.

-L’organe sensoriel est l’ensemble UCV (1)
-Les voies sensitivo-motrices sont dans le nerf pudendal (2)
-La moelle épinière(3) est le relais  ; c’est ici que devraient agir les centres supérieurs du cerveau -
L’organe effecteur est constitué par les muscles innervés par le plexus pudendal (4)

 

Ainsi, après une excitation sensorielle, les muscles du périnée vont se contracter et aboutir à ce que nous avons appelé les Réponses Motrices Orgasmiques Vaginales (RMOV). Ces réactions ont été décrites par Masters et Johnson ; elles ont aussi été enregistrées par Carmichael.

Seulement voilà. Lorsqu’on regarde le périnée des femmes, on s’aperçoit que si certaines connaissent bien ces muscles, il y en a d’autres qui ne savent absolument pas contracter leur périnée. Pourquoi ? Simplement parce que tout, jusqu’à il y a peu de temps, aboutissait à un refoulement du vagin. Le vagin, c’était le non sexe. Certaines psychanalystes disent même (Josine Muller) que la petite fille refoule ses sensations vaginales pour les réorienter sur le clitoris…

On comprend donc, que si le muscle effecteur n’a jamais fonctionné, parce que refoulé, la patiente décrira des orgasmes sans contraction musculaires. Ceci explique aussi que certaines de ces RMOV puissent être perçues ou non, par le partenaire. Si tout ceci semble maintenant admis, il reste encore beaucoup de zones d’ombres sur l’étude physiologique de l ‘orgasme (féminin).

Nous voyons donc déjà, de quelle manière la qualité de l’orgasme féminin peut être altérée.

Si on reprend le schéma de l’arc réflexe, on voit que les neurones communiquent entre eux, par ce que l’on appelle des synapses. C’est par l’intermédiaire de ces synapses que les centres supérieurs agissent. Cette action peut être facilitatrice ou inhibitrice. On comprend dès lors, plus facilement, de quelle manière agit le psychisme sur l’orgasme. Mais cet arc réflexe existe, puisque des sexologues rapportent des orgasmes chez les femmes paraplégiques (même s’ils semblent de moins bonne qualité, que celui de femmes ne présentant pas de lésions de la moelle épinière).

On peut donc dire, raisonnablement, que les déficits musculaires pelviens et les blocages psychologiques sont les principales causes de dysfonctionnement orgasmique chez la femme (puisque l’on admet désormais que toute femme a un point G).

 

Quel traitement ?

L’efficacité d’un traitement dépend de l’indication posée.

Poser une indication thérapeutique signifie que le diagnostic a été posé.

Le diagnostic, c’est pouvoir dire quelle est la maladie dont souffre le malade. Nous voyons donc, qu’on ne peut proposer ici une véritable thérapie. Mais, nous pensons que toutes ces informations sont utiles, car elles montrent que nous sommes tous les mêmes, même si nous sommes tous différents. Toute femme a un point G, toute femme peut être sexuellement satisfaite. Mais il faut régler le problème par une approche physique ET psychologique.

 

L’approche psychologique correspond à une psychothérapie. Nous pratiquons depuis de nombreuses années la maïeuthérapie. Il s’agit d’une méthode active, presque agressive qui va chercher au fond de l’individu, son sentiment de non valoir, afin de lui montrer tout son valoir (SF-12).

 

Cet entretien dure généralement une heure et demi environ, n’a pas besoin d’être répété plusieurs fois et apporte un soulagement pour la patiente. Tout vient de l’enfance, lorsque le non savoir aimer des parents induit un blocage affectif chez l’enfant. On démontre par a+b, que ce sentiment de non valoir est la preuve du valoir de l’individu (SF-13). Autrement dit, les gens comprennent que le fait de croire qu’ils ne sont « bons à rien », est la preuve qu’ils sont bons à beaucoup de choses. La démarche, toujours la même, est pratiquement toujours couronnée de succès, si la personne reste toujours consciente de la réalité de son problème et si elle a la volonté de s ‘en sortir.

 

Après cette approche, l’information anatomique est amenée en expliquant ce qu’est le complexe de castration.

 

 

 

L’approche anatomique et le complexe de castration.

Nous savons, qu’un complexe est en terme médical, l’inadéquation entre le réel et le vécu. Ici, le réel correspond à une anatomie normale ( ensemble urétro-clitorido-vulvaire, muscles périnéaux) et le vécu, une sexualité anormale. Lorsque la femme dit ne pas sentir d’excitation, nous dirons qu’il s’agit d’un complexe de castration sensoriel (SF-14). Lorsqu’elle dit ne pas ressentir d’orgasme, nous dirons qu’il s’agit d’un complexe de castration moteur.

 

1/Le complexe de castration sensoriel se résout après avoir fait l’examen du point G.

Il s’agit d’un renflement du vagin, en avant et juste à l’entrée du vagin (pas plus de 3 centimètres de profondeur au grand maximum). Cette pression est le plus souvent agréable. Elle peut entraîner parfois un désir mictionnel qui, s’il est désagréable, s’estompera assez rapidement. Enfin, rarement, elle est douloureuse et doit amener la patiente à consulter afin d’éliminer une maladie sexuellement transmissible (chlamydia trachomatis) qui peut être traitée efficacement si les deux éléments du couple (la femme et son partenaire) sont traités. Par contre, non traitées, ces maladies sexuellement transmissibles peuvent aboutir à une stérilité.

Mais avant de faire l’examen du point G, il faudra avoir résolu le problème du complexe d’ Œdipe, grâce à la maïeuthérapie. En effet, certaines patientes disaient ne rien ressentir pendant l’examen du point G, lorsque celui ci était fait avant la psychothérapie ; mais elles disaient aussi, après la psychothérapie, qu’elles avaient ressenti quelque chose, mais qu’elles ne voulaient pas l’admettre.

Nous devons expliquer ce phénomène.

Nous avons au départ, une femme qui depuis qu’elle est petite pense que sa nature est mauvaise. Elle rendra supportable ce fait psychologique en découvrant ce que Freud a appelé, l’absence de sexe. En effet, son petit frère, son petit cousin, a une quiquette, mais elle, en est dépourvue. Ce défaut anatomique devient la preuve matérielle de sa mauvaise nature psychologique.

Mais en même temps, elle se libère de sa mauvaise nature intérieure, puisque c’est le sexe qui est lésé. Voilà pourquoi, les filles semblent plus épanouies socialement que les garçons, qui eux craignent toujours qu’on ne découvre leur mauvaise nature endogène.

Donc, pour en revenir au point G, reconnaître qu’il y a là, une sensibilité agréable, c’est admettre que son vagin existe et qu’il n’y a pas eu de castration. Mais, c’est aussi vouloir réintroduire en elle, une mauvaise nature, qui ne s’était limitée qu’au sexe. Et cela, la femme ne veut pas l’admettre. Il faut donc faire comprendre le complexe d’ Œdipe, afin que la femme se libère totalement de sa culpabilité endogène.

Faire comprendre cela est renversant. En effet, la solution est alors totalement inversée. Au départ, l’absence de sensibilité vaginale était la preuve de sa mauvaise nature psychologique ; dans la situation actuelle, la réalité anatomique de son ensemble urétro-clitorido-vulvaire est la preuve anatomique de sa bonne nature psychologique.

 

2/Le complexe de castration moteur est plus long à résoudre, car les muscles doivent fonctionner pour se développer. On utilisera la rééducation périnéale chez un kinésithérapeute, et le principe de la batterie.

La rééducation périnéale ne sera pas détaillée. C’est avec une sonde envoyant des influx électriques minimes, que la patiente découvre la réalité de muscles jusque là inconnus.

 

Principe de la batterie.
Il n’y a pas de certitude dans ce qui suit. Certaines patientes décrivent un orgasme avec des « variations ondulatoires ». Nous pensons qu’il peut s’agir d’une forme d’orgasme infantile. Nous conseillons à ces patientes de se retenir, c’est à dire d’arrêter la stimulation sexuelle juste avant d’échapper dans l’orgasme (c’est parfois difficile et, en tous cas impossible, si l’on a dépassé le seuil critique). En effet, si on charge et décharge une batterie plusieurs fois de suite, les décharges successives seront de moins en moins fortes. Par contre, si on charge de plus en plus une batterie en prenant soin de ne pas la décharger, la décharge finale sera bien plus forte.

Cette approche, qui a l’avantage de ne pas nécessiter une intervention médicalisée, ne peut être réalisée que si les muscles périnéaux sont bien connus. Elle est en cours d’évaluation.

 

Enfin, pour terminer cette approche thérapeutique, il faut signales une différence notable entre l’homme et la femme. L’homme ne pourra pas féconder s’il n’a pas éjaculé, donc s’il n’a pas eu d’orgasme. La femme, elle, peut être fécondée, même si elle n’a pas eu d’orgasme. Et, nous avons l’impression, en clinique, que l’importance de la recherche et de la qualité d’un orgasme, intéresse plus l’homme que la femme.

 

Et l’homme dans tout ça...

Il est beaucoup moins affectif que son homologue féminin. Est ce un fait culturel, hormonal, cérébral ? Un peu de tout ceci, puisque des arguments sérieux sont avancés pour chacune de ces thèses.

La psychologie masculine est beaucoup plus rigide que la féminine ; il lui est beaucoup plus difficile de faire évoluer son point de vue que pour une femme. Et puis, c’est la femme qui donne la vie, alors que l’homme tue plus facilement. Mais, on arrive quand même à lui faire comprendre la démarche maïeuthérapeutique. Ils sont moins bouleversés que les femmes, comme si leur profondeur était moins grande.

Leur compréhension du complexe d’ Œdipe leur pose peu de problèmes, et elle ébranle moins leur sensibilité ; et leur joie est plus légère d’un avenir meilleur, alors que pour la femme, c’est plus profond, plus introverti, plus nostalgique peut être. Il voit l’avantage de la nouvelle situation psychologique comme un bénéfice personnel, alors que pour la femme, c’est plus tourné vers l’espoir d’un avenir relationnel meilleur. Pour elle, c’est la relation charnelle (sa mère et ses enfants) qui s’enrichit ; pour lui, ce sont ses perspectives.

Quant au complexe castration chez l’homme, la connaissance de son réel anatomique sexuel est acquise. Le vécu pathologique concerne l’impuissance, l’éjaculation précoce essentiellement ; chez la femme, ce qui lui manque le plus, c’est l’absence de libido et de plaisir sexuel. D’ailleurs lors des premiers rapports, le problème de l’homme est de ne pas jouir trop tôt, pour la femme, c’est de ne pas jouir trop tard.