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Depuis mon
accouchement l'an dernier je n'ai plus le même désir et les rapports
sont parfois même douloureux. Est-ce du à l'épisiotomie ? Il s'agit de
mon premier enfant et je me sens encore très fatiguée. Est-ce normal ?
Agnès, 26 ans, Paris.
Il faut être réaliste
avant tout : même si l'accouchement devient aujourd'hui un événement
sans risque majeur sur le plan de la santé, il n'est pas aussi banal
qu'on veut bien le dire dans la vie d'une femme. Si la médecine moderne
permet d'assurer ce passage en toute sécurité je dirais, anatomique,
pour la mère et l'enfant, sur le plan psychologique il s'agit toujours
d'un moment extrêmement fort en émotions. Les bouleversements ensuite
sont de divers ordres, dans la réorganisation obligatoire de la vie
quotidienne, les contraintes de l'allaitement, les troubles du sommeil,
par exemple, compliquant la restauration de la sexualité du couple. Il
faut bien se dire que rien ne sera jamais plus comme avant, même si
c'est souvent exagéré, c'est un point de vue qui peut éviter les
déceptions et les frustrations. Car en effet, votre corps ne reviendra
pas à son état antérieur du jour au lendemain - mais plusieurs mois
après le "retour de couches" – et l'appareil génital peut prolonger les
délais de la récupération de sa sensibilité érogène. L'épisiotomie est
exceptionnellement en cause, mais elle sert souvent d'alibi pour se
refuser, idem pour la fatigue et la "migraine", vous le savez bien. Ce
qui fait mal c'est le manque d'envie, qui est alors responsable d'une
carence de lubrification vaginale. Bien sûr, il est toujours possible
d'avoir recours à un gel lubrifiant (exemple le gel LUBRAN, vendu
en pharmacie), mais le plus important c'est le regard que vous portez
désormais sur vous-même : comment vous retrouvez-vous "femme",
désormais, comment l'aimez-vous maintenant ce corps transformé par la
maternité ? C'est l'amour-propre qui doit être sauvegardé, toujours,
avant l'amour de l'autre. C'est pour cette raison qu'on observe autant
de différences d'une femme à l'autre : celles qui se sentent bien dans
leur peau, vont retrouver plus rapidement l'envie d'être sexuellement
heureuse.
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Je viens de
vivre un nouvel échec amoureux. Ce n'est pas le premier. Je n'ai jamais
vécu en couple jusqu'à présent. A chaque fois mes partenaires me font
rapidement comprendre que je ne leur donne pas assez de plaisir et que
la taille de mon sexe est insuffisante. Je suis de plus en plus
complexé, au point de ne plus oser rencontrer quelqu'un. Que dois-je
faire ?
Benjamin, 25 ans, Lille.
A tout âge, la question
des "petites verges" est un motif très fréquent de consultation, mais le
diagnostic de malformation n'est porté qu'une fois sur 10 000 ! Malgré
tout, il va être quasiment impossible de vous convaincre que vous êtes
parfaitement constitué, en utilisant les arguments de bon sens, même
chiffres à l'appui. Il y a de fortes chances pour que vous connaissiez
par coeur vos "mensurations", et l'on obtient quelque chose comme une
douzaine de centimètres en érection, non ? C'est normal. Voilà qui est
dit, et maintenant qu'est-ce qu'on fait ? Deux étapes à franchir pour
atténuer ce terrible sentiment d'infériorité. La première c'est
d'apprendre à lire entre les lignes des réprimandes des filles. Toutes
les débutantes – et j'y reviendrai ici le mois prochain – s'imaginent
pouvoir parvenir à jouir en fonction des seules sensations vaginales, et
ce, du jour au lendemain. Impossible. Leur déception se retourne contre
vous. Ensuite, il vous faudra accepter de faire un travail disons,
d'accompagnement psychologique afin de… grandir. C'est à l'école que les
garçons comparent la taille de leur sexe, et les filles celle de leurs
petits seins : fini la récréation, vous allez apprendre à partager ce
que vous êtes, avec vos qualités et vos défauts, l'amour va faire le
reste, vous verrez !
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J'ai eu mon
premier rapport sexuel l'été dernier et j'ai ressenti une douleur assez
pénible au moment de la pénétration et ensuite pratiquement toute la
journée. La relation ne s'est pas prolongée après les vacances. Très
récemment j'ai eu un second rapport avec une autre personne, et cette
fois j'ai eu encore plus mal (sur la gauche) et saigné davantage, au
point d'interrompre les frottements ! Est-il possible que l'hymen se
déchire deux fois ? Cela dépend de la grosseur du pénis ? Je suis très
inquiète et n'ai plus trop envie de recommencer.
Sandrine, 22 ans, Rouen.
Il est fréquent d'observer
que la défloration ne se réalise complètement qu'au bout de plusieurs
pénétrations, surtout lorsqu'elles sont espacées dans le temps. C'est
une idée reçue assez dangereuse et fausse d'imaginer qu'elle soit
conclue une fois pour toute dès le premier rapport. Il ne faut pas
confondre ce que l'on pourrait appeler la défloration psychologique
– le fait d'accepter un beau jour de perdre sa virginité – qui est
effectivement une étape très précise, ponctuelle, et la défloration
anatomique qui dépend de facteurs très nombreux. Le préjugé qui
consiste à prévoir que la douleur et le saignement représentent je
dirais, le "ticket d'entrée" dans la vie adulte, une contribution
inévitable mais limitée et sans séquelles pour les expériences
suivantes, est évidemment un vrai motif d'inquiétude. L'effacement
complet de l'hymen peut nécessiter plusieurs coïts, la grosseur du pénis
entre aussi en ligne de compte, la durée et les positions du rapport,
bref, inutile d'en faire une maladie, il faut retenir que cette "examen
de passage" laisse rarement des séquelles pénibles au point de sacrifier
par la suite sa vie privée : le plus important désormais est peut-être
de vous engager dans une histoire plus stable, capable de vous apprendre
avec tact et patience à vous découvrir et à vous détendre.
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Depuis
bientôt un an je passe plusieurs heures par semaine à dialoguer sur
internet ; célibataire, j'y trouve une source inépuisable de
"rencontres" en tous genres, sans jamais accepter de rendez-vous. Mais
je trouve maintenant qu'une sorte d'habitude installe un besoin malsain
de le faire tous les soirs durant deux à trois heures. Comment me
libérer de cet engrenage ?
Colette, 32 ans, Reims.
Il ne faut pas nier
"l'effet dopant" sur l'excitation mentale de ces échanges de messages
sexuellement débridés. L'appât de la nouveauté et cette curiosité jamais
vraiment assouvie de rencontres virtuelles assimile donc l'écran d'internet
à l'ensemble des addictions, ou toxicomanies intellectuelles si
l'on veut, telles que le jeu ou les paris… Cette "loterie" fait flamber
votre imagination mais vous constatez évidemment que comme au casino,
par définition, par principe, vous ne serez jamais gagnante à ces jeux
de hasard. La petite déprime actuelle est due à cette prise de
conscience du caractère éminemment vain de cette recherche de dialogue.
Ce qui aggrave votre déception c'est sans doute aussi le contenu très
vulgaire de nombreux messages… Quoi qu'il en soit, il n'y aura pas de
"sevrage" en restant chez soi, enfermée dans ces fictions à répétition
auxquelles vous ne donnez aucune suite concrète, protégée du regard de
ces hommes par le camouflage qu'offre l'écran de l'ordinateur : il faut
envisager d'affronter de nouveau la vie quotidienne et sortir. Une
question de volonté, certes, mais je me doute que ce n'est pas si facile
à mettre en œuvre. En réalité l'obstacle principal c'est le manque de
confiance en soi, ce n'est pas de prendre l'habitude de tromper sa
solitude par procuration. Il est donc temps de se faire aider à
"recaler" sa vie dans le réel, de se faire accompagner pour réussir à
faire le deuil, sans doute, de quelques échecs cuisants qui embarrassent
la mémoire, non?
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Mon mari est
pris d'une sorte de fou rire nerveux qu'il ne semble pas pouvoir
contenir après un rapport sexuel avec moi. Mais ce n'est pas
systématique. Il peut s'écouler de longues périodes sans que cela ne
se reproduise, et puis survenir de nouveau. Je me demande comment
interpréter ce comportement. Est-ce normal ?
Line, 25 ans, Lyon.
Avec les sanglots et les
pleurs, le rire appartient à cette série de manifestations totalement
inattendues du plaisir sexuel. Les personnes qui en sont atteintes
savent que ce n'est pas prévisible, mais reconnaissent tout de même que
ces réactions dépendent de la force des excitations mises en jeu dans un
rapport. Autrement dit, il faut interpréter ces éclats de rire
parfaitement incongrus, comme une décharge anarchique d'émotions, comme
un court circuit dans l'organisation nerveuse des mimiques amoureuses.
Rien d'anormal à cela et rien d'exceptionnel. Comme chacun sait, aussi
bien chez les hommes que chez les femmes, certaines situations extrêmes
de la vie (peur panique, deuil, crise d'angoisse, super orgasme…)
peuvent déclenchent des réactions émotionnelles totalement paradoxales,
de gaîté quand il faut exprimer de la tristesse et de chagrin lorsqu'on
devrait communiquer de la joie… Au fond, c'est plutôt bon signe : dans
ces conditions au moins, on est sûr que l'on n'a pas affaire à des
simulateurs !
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Après une
longue période de solitude suite à un divorce, je viens de nouer une
relation assez sérieuse avec un homme de 49 ans. Nous n'avons pas eu
encore de nombreux échanges intimes, mais à chaque fois je sens bien une
certaine surprise de sa part, à constater l'importance de ma
lubrification. Il n'y a pas d'autre problème, mais j'ai peur qu'une
certaine gêne s'installe entre nous et mette nos sentiments en péril.
Est-ce normal ?
Geneviève, 35 ans, Blois.
L'excès de lubrification
est le plus souvent une appréciation très personnelle. Il existe des cas
extrêmes, assez mal expliqués du reste, de femmes qui "inondent"
véritablement le lit au moment de l'orgasme, et on les appelle pour
cette raison les "femmes fontaines". C'est exceptionnel. En revanche il
est tout à fait naturel, et même souhaitable, d'observer à l'orifice
vaginal, s'écoulant sur les lèvres, une mince couche visqueuse dont
chacun reconnaît l'utilité ! Cet écoulement incolore, inodore, sans
saveur et…involontaire, indique de surcroît qu'une excitation sexuelle
est bel est bien engagée, que ce soit sous l'effet de caresses ou par la
pensée : sa présence est donc de bon augure pour la suite du rapport.
Mais s'il est trop abondant il peut inverser les choses et devenir un
obstacle au confort de la relation. Habituellement en effet ce sont les
hommes qui vont s'en plaindre, pour un motif assez injuste et égoïste, à
savoir la crainte d'être moins perçus par la partenaire et eux-mêmes,
finalement, de capter moins de sensations voluptueuses dans la
pénétration. Tout rentre dans l'ordre en ouvrant le dialogue dans le
couple, sans honte et sans fausse pudeur.