I
Iatrogène
Iatros
c’est « médecin » en
grec, le terme signifie donc, dans un jargon destiné à rendre opaque
un envers du décor pas très glorieux, les maladies malades de la
médecine, autrement dit tous les grands et petits « bobos » que
créent les médicaments destinés à en soigner d’autres en même
temps...
Impuissances et
frigidités
Les traitements
contre l’hypertension, la dépression, l’épilepsie, les maladies de
la prostate, les cancers, les maladies mentales... induisent des
effets indésirables invariablement néfastes à la sexualité.
Identité sexuelle
Incarnation du genre
masculin, ou féminin, qui s’installe définitivement à l’âge adulte.
Si la détermination mâle ou femelle des organes génitaux est
établie, en général, dès la naissance, il faut attendre l’issue d’un
long processus d’adaptation chez l’enfant puis l’adolescent, entre
ce sexe qu’il voit et ce genre qu’il ressent, pour qu’une totalité
vécue soit identifiée et exhibée.
Idylle
Issu de la tradition
poétique de la Renaissance, le terme a résisté à l’invasion des
anglicismes et désigne toujours une histoire d’amour douce et
romantique, mais dont la chasteté* est désormais moins admise.
Implants
Il s’agit
d’équipements, de prothèses*, ou de substances (le silicone, par
exemple) destinés à modifier l’anatomie. Remplacer, agrandir,
gonfler, combler... rides, seins, pommettes, verge, cuir chevelu,
dans un but esthétique avoué, ou désavouable.
Impuissance
Débâcle de
l’érection, faillite de la virilité. L’érection* étant un mécanisme
extrêmement fragile et capricieux, mille et une raisons
s’interposent pour qu’il soit difficile voire impossible, d’en
observer toujours la survenue, la capacité de pénétration, son
maintien correct jusqu'à la déroute qui suit immédiatement
l’orgasme...
Maltraitance
Questionner les
« insuffisances érectiles » est un casse-tête médical chimérique :
si les corps font de
la résistance, ce
n’est pas la maltraitance des examens, des protocoles, des
explorations, des bilans, qui va les obliger à trahir leurs
complices, mais l’expertise de la fonction érotique en souffrance.
Inavouable
Vocable au registre
des annonces échangistes* annonçant qu’au répertoire des amusements
prévisibles peuvent figurer des pratiques extrêmes, généralement
urolagnique*, scatologiques* ou S/M* sévères.
Inceste
Pratiques sexuelles
interdites, concernant des protagonistes dont le degré de parenté
peut varier d’une société à une autre. L’occident offre, sans le
savoir, la définition la moins étendue du tabou, puisqu’il
n’implique d’interdit qu’au sein de la famille dite « nucléaire »,
c’est-à-dire entre parents et enfants, et enfants entre eux.
La loi
Le code pénal ne
prononce pas le terme, et amalgame les situations incestueuses dans
le cadre
du « viol *» commis
par un « ascendant légitime, naturel ou adoptif », méconnaissant
donc l’inceste entre frère et sœur, adultes et consentants...
Inconscient
Banque de données
mentales, constituée d’une mémoire de pulsions refoulées et d’un
savoir à l’état brut, qui « parle » à travers le corps,
l’intelligence et la sociabilité, pour qu’un sujet existe en tant
qu’être humain.
Psychanalyse
L’analyse des
productions de la pensée inconsciente est explorée à partir de ce
qu’un sujet en dit
lors d’une longue
suite de monologues, dont l’interprétation doit faire surgir
la cohérence
nuisible et l’annuler.
Incontinence
Perte de contrôle
des « sphincters », c’est-à-dire des systèmes d’écluses qui rendent
parfaitement étanches la vessie et l’anus. Les « fuites d’urines »
chez la femme - dans les suites d’accouchements compliqués - en sont
l’exemple typique et fréquent.
Incrustations
péniennes
Remodelage de la
surface du pénis, en vogue en Extrême-Orient, visant à la rendre
inégale et « rocailleuse », en implantant sous la peau de petites
billes en plastique, en ivoire, des perles ou des cailloux polis.
Ces aspérités ont pour prétendue vocation d’accroître l’enthousiasme
coïtal.
Indice de Pearl
Etude statistique
des échecs constatés d’une méthode de contraception* en fonction de
la durée d’utilisation : un indice de 1% indique que sur cent femmes
utilisant telle pilule ou porteuse de tel stérilet* par exemple, il
y aura un échec probable au bout d’un an d’utilisation.
Infantilisme
Se dit, chez
l’adolescent ou l’adulte, d’un état d’inachèvement pathologique des
mécanismes physiques et mentaux de la puberté.
Perversion
Je propose le terme
de « lanéphilie » - issu du latin laneus, « la laine » - pour
désigner une pratique sexuelle masculine basée sur les simulacres d’emmaillottements
- les langes d’autrefois étant en laine - de toilette de « bébé »,
de tétées, de fessées, de babillages,
de changement de
couches souillées, de talcage...
Infibulation
Intervention qui
« agrafe » - au sens propre de fibula en latin - chez
l’homme, la peau du prépuce* en la ligaturant, ou en la perçant d’un
anneau, et chez la femme, les deux bords des petites lèvres en les
cousants, ou en comptant sur la cicatrisation de leur abrasion. Dans
tous les cas, associés ou non à des mutilations, il s’agit de
pratiques initiatiques imposant une chasteté dont l’occident n’a
plus les moyens intellectuels de déchiffrer les sources mythiques.
Inhibition
Refus d’entrer dans
l’action ou le ressenti. Cette privation est plus ou moins
consciente mais rejoint psychologiquement d’autres formes
d’autopunitions, en mémoire de frustrations antérieures ou
d’interdits acquis dans l’éducation, étayant une personnalité
nostalgique du passé et immature.
Initiation
Possession d’un
savoir hermétique et secret, acquis à la fois par transmission
rituelle et par un effort solitaire et humble de la pensée.
Injection
intra-caverneuse
Piqûre dans la masse
des corps caverneux* qui déclenche une érection quasi-immédiate par
« anesthésie » du tissu érectile, qui réagit en se relaxant,
permettant ainsi au sang de l’inonder.
Produits vaso-actifs
Qualificatif des
nombreux produits qui depuis 1984 sont injectés dans la verge des
impuissants,
soit à titre
d’investigation, soit à titre thérapeutique, avec les aléas et les
incidents que fait courir une approche « vétérinaire » des
vicissitudes de la vie sexuelle humaine.
Instinct
Schéma d’ensemble
des motivations archaïques qui permettent d’assurer la survie d’un
individu, c’est-à-dire son alimentation, sa sécurité et sa
sexualité.
Interdit
Condamnation par
l’autorité publique et/ou religieuse, des actes contraires à son
système de pensée ou à ses références morales. En matière de
sexualités, les prohibitions sont aussi nombreuses et variées que
les cultures qui les imposent.
Intromission
Synonyme de
pénétration*.
Introversion
Désigne une attitude
de repliement sur soi, de retrait de tout autre centre d’intérêt,
aussi bien des relations familiales que de l’environnement social.
Cette surenchère n’est « égoïste » qu’en apparence, puisqu’elle
trahit un certain degré de souffrance de la personnalité.
Intumescence
Premier stade des
mécanismes de l’érection*, épisode de dilatation des tissus
érectiles qui, gorgés de sang, vont dilater la verge et, à un bien
moindre degré, le clitoris et les grandes lèvres*.
J
Jalousie
Sentiment d’être
dépossédé de son droit d’exclusivité sentimentale et sexuelle.
L’orgueil et le narcissisme* étayent une douleur morale, que la
littérature à l’eau de rose persiste à interpréter comme une preuve
d’amour.
Violences conjugales
Les femmes battues
« par jalousie » paient le plus lourd tribu de la brutalité
imbécile de maris
sexuellement miteux.
Jambe
Classiquement,
c’était le mollet. Aujourd’hui, l’étalage désinvolte des genoux et
des cuisses, le port du pantalon pour les filles, montrent le membre
en totalité, de la fesse au pied. Insigne de cette féminité moderne,
le « croisement des jambes » est la posture d’affirmation décente de
soi par excellence, mais aussi à la base de jeux de séduction que la
mode vestimentaire enjolive.
Les collants
Sous-vêtement fait
d’une seule pièce couvrant comme une seconde peau le ventre et
les jambes
jusqu’aux pieds.
Jardin secret
Espace
incommunicable de mémoire et d’émotions secrètes ; lieu de repli
imaginaire, où l’on se « ressource ». Contrairement à une idée
reçue, cette liberté de penser à soi n’est pas une trahison, mais
une manière de sauvegarder son identité.
L’illusion
fusionnelle
L’immaturité
affective s’apprécie au degré de dépossession de sa personnalité
sous prétexte que
l’amour fait entrevoir une réincarnation délicieuse.
Jésus
En 1900, les jeunes
éphèbes âgés de quinze à dix-huit ans qui tapinent dans les bosquets
des Champs-Elysées sont de notoriété publique des « petits jésus »,
adeptes d’une prostitution masculine florissante. Dans le babillage
des nourrices, désigne le sexe du petit garçon.
Jeux sexuels
L’enfance est au
comble de l’usage idéal du jeu, avec ses règles, ses secrets, ses
abandons et ses surprises. La découverte des organes « sexuels » va
compter autant pour son initiation ultérieure, que les simulacres de
postures coïtales et ses premières confrontations à la question de
la dominance : apprentissage tout à fait semblable à celui
qu’organisent les autres espèces de mammifères pour leur
progéniture.
Touche pipi
Dans le langage des
nourrices et des parents incultes, stigmatise les manipulations
solitaires ou
collectives d’enfants curieux et voraces de sensations.
L’interdit qui les
sanctionne est pourvoyeur d’angoisse et de culpabilité
dont il sera
beaucoup question en thérapie à l’âge adulte.
Jouir
Signifiait en latin
tardif tirer du plaisir à son profit, fêter son quant-à-soi.
L’évolution moderne du verbe qui renvoie à l’expérience de
l’orgasme est parfaitement logique, puisque la jouissance est bien
le comble de l’égoïsme, révélant brutalement l’imperméabilité
tragique des sexes. A ce stade ultime du vécu érotique, la fusion
des corps bute sur l’incommunicabilité de l’orgasme.
Jung-go parties
Réunion privées,
inaugurées par le milieu gay* américain, rassemblant uniquement des
hommes majeurs, consentant à respecter entre eux les prescriptions
du Safer sex*. La rencontre est réglée sur mesure, comme une
surprise-partie se déroulant « en matinée », dans le but
mutuellement consenti d’en jouir. Cette préméditation peut amoindrir
le plaisir, à comparer avec les jeux de hasard des Back-rooms*.
Jupon
Emblème de la
féminité depuis 1890 dès lors que la robe s’entrouvre pour l’exhiber
et que les jupes raccourcissent.