M
Machisme
Principe
« phallocrate », tiré d’une vision triomphaliste du phallus* comme
insigne d’une supériorité indiscutable sur la femme. Macho
renvoie à une étiquette d’origine mexicaine, mais aux racines bien
méditerranéennes, pour désigner une virilité agressive et abrutie.
Violences conjugales
L’expression au
quotidien de la lâcheté masculine, confrontée à la rébellion des
femmes.
Maison close
Etablissement de
prostitution dont la « clôture » est assurée par la violence et les
chantages des tenanciers et des proxénètes, afin d’empêcher
l’évasion des « pensionnaires ». A cette résidence forcée s’ajoute
l’enfermement moral de la « fiche » : mises en « cartes » les femmes
sont harcelées par la police et les autorités sanitaires.
La prohibition
Les lois qui
s’appliquent à la prostitution au XIX° siècle en Europe ne régissent
que le contrôle des maladies vénériennes. Le courant abolitionniste
de la « traite des blanches » qui s’engage dès 1902 à une échelle
internationale, aboutira en France métropolitaine à la loi Marthe
Richard du 11 avril 1946, qui ordonne la fermeture immédiate des
bordels, et le 2 décembre 1949
à la Convention de
l’ONU, condamnant « l’exploitation de la prostitution d’autrui ».
Maîtresse
Femme dominatrice -
mais il peut s’agir aussi d’un travesti* - arbitre des pratiques de
soumission de ses « esclaves ».
Malformations
A plusieurs périodes
sensibles de la vie du foetus, des étapes du développement de ses
organes génitaux peuvent être plus ou moins gravement perturbées.
L’embryon humain est « intersexué » jusqu'à sa huitième semaine,
puis les caractères morphologiques se manifestent pour qu’un genre
masculin ou féminin soit clairement identifié à la naissance.
Intersexualité
Coexistence chez un
bébé d’organes génitaux masculins et féminins.
« Bisexualité
morphologique » plus ou moins invalidante, retardant même parfois de
plusieurs mois la rédaction de l’extrait de naissance.
Malheur
Formule affaiblie
pour dire le deuil et la souffrance, qui sont ici associés à la
notion de « manque de chance ». L’expression est habituelle dans
l’évocation d’une séparation, d’une rupture, renvoyant l’empreinte
de l’échec à une sorte de fatalité invincible.
Mamelon
Cône ou cylindre
faisant saillie au centre de chaque sein. La surface n’est pas unie
car elle recouvre un important réseau musculaire. L’extrémité
arrondie est parcourue par des sillons et parsemée d’un douzaine de
petits pertuis qui sont l’abouchement des canaux « galactophores »,
mot à mot : qui transportent le lait. Son extrême sensibilité et sa
vascularisation, font du mamelon une zone érogène majeure, à
condition, comme toujours, qu’un apprentissage en conditionne la
réactivité.
Bout du sein rentré
Les mamelons peuvent
être plats ou très peu saillants, « ombiliqués », parfois d’un seul
côté. Cette
« inversion » impose un handicap esthétique, mais aussi mécanique
vis à vis du désir
d’allaiter. Comme la rétraction est due à la brièveté et à la
résistance de ces canaux, le traitement chirurgical consiste à les
sectionner.
Mariage
Cérémonie,
spécifique à chaque culture, qui célèbre l’entrée d’un nouveau
couple dans la communauté qui va l’héberger et éduquer sa
progéniture.
Non-consommation
Incompétence ou
impossibilité de réaliser un coït vaginal. Un « mariage non-consommé »
peut être un mariage d’amour, la fidélité y est de règle, d’autres
formes de plaisir érogène y transitent longtemps, mais il est
infertile... C’est cette menace que qui fait exception à la loi de
l’indissolubilité de ses liens et qui peut aboutir à son
« annulation » du point de vue religieux et juridique.
Martinet
Accessoire type des
corrections S/M*, fouet formé de fines lanières de cuir fixées à un
manche.
Masochisme
Prédilection pour un
érotisme avilissant. Que le terme pérennise la violence
autodestructrice des romans de Leopold von Sacher Masoch (1836-1895)
n’indique nullement que ces conduites datent de l’instant où elles
sont nommées par les psychiatres : la recherche de la souffrance et
de la déchéance fait partie intégrante, partout et depuis toujours,
de l’angoisse
des pulsions de mort
qui alimentent l’inconscient* et qui, pour certains, sert d’unique
viatique pour jouir.
Voir aussi
Soumission.
Massage
Technique
d’activation sensorielle et de modification des niveaux de
conscience par le toucher.
Lorsque la démarche
est égoïste, l’induction du bien-être est conduite par un
professionnel et s’apparente à la relaxation, à l’inverse, dans le
cadre d’une thérapie conjugale, le massage est improvisé entre les
partenaires et sert d’intermède de reconstruction du dialogue
sensuel.
Masturbation
Toutes les frictions
possibles et inimaginables qui agacent les zones érogènes afin d’en
jouir, mais qui n’y parviennent pas toujours.
Tabou
Si la masturbation
masculine est explicitement condamnée par les religions
monothéistes,
répudiant toute
sexualité qui se refuse à la procréation, elle n’est
qu’implicitement
prohibée chez la
fillette et la femme, étant admis que le vice n’entrave pas la
fertilité...
Materner
Attitude féminine de
surprotection, effective ou symbolique, à la fois consentie et
convoitée. Cet espace d’interactions primaires est infiniment
complexe, allant de la simple tutelle d’une épouse dominante, aux
jeux de « couches-culottes », en passant par des protocoles de
régression « assisté », tel que le rebirth - revivre sa
propre naissance - par exemple...
Maturité
Notion théorique qui
tend à définir un seuil d’objectivité critique vis à vis de la vie,
un âge sensible à l’appréciation du sens moral, une étape
d’autoévaluation lucide... L’âge adulte n’offre aucune garantie à
cet égard, et cet état d’équilibre entre les désirs et les réalités
ne s’acquiert qu’avec le temps et les leçons qu’il inflige.
Majorité
Toutes les sociétés
déterminent avec précision le moment du passage - du « rite de
passage » - entre l’adolescence « mineur » et l’adulte. L’âge de la
majorité légalise un autre seuil de maturité, celui d’un « âge de
raison » et, en matière de sexualité, d’une présomption d’aptitude
au consentement.
En Europe, cette
ligne de partage évolue entre 14 et 18 ans selon les législations.
méat urinaire
Orifice du canal de
l’urètre*.
Mec
Ou Meg,
terme d’argot qui a progressivement glissé des hauts grades du
chef de bande, à la désignation chez les gamines de leur « petit
ami ».
Mélangisme
Pratique sexuelle
mobilisant au moins deux couples, hétérosexuels, dont la rencontre
n’autorisera pas le coït croisé entre partenaires, comme c’est le
cas dans « l’échangisme* ». Les « rapports côte à côte » sont
cependant précédés de jeux érogènes qui impliquent le mélange des
stimulations et des attouchements.
Génération Sida
Conséquence des
mesures de prévention que s’imposent les libertins
aujourd’hui,
l’adultère réciproquement consenti est abandonné pour des pratiques
moins rentables du
point de vue érotique mais plus sécurisantes.
Ménopause
Jalon de la vie
d’une femme marqué par l’arrêt du fonctionnement de ses ovaires. Les
préambules de cette mise hors service (ou, « pré-ménopause »)
peuvent déjà invalider la féminité, tant du point de vue physique
que moral, donnant de la cinquantaine une vision d’escale forcée
interminable.
Mensonge
L’art de refinancer
une confiance insolvable.
Menstruations
Les « règles » :
élimination spontanée de l’épaisse couche de muqueuse de l’utérus,
qui aurait pu servir de « nid » à un ovule fécondé, et que l’absence
de grossesse rend parfaitement inutile. En quatre ou cinq jours
l’utérus est nivelé et un nouveau cycle « menstruel » commence.
Tabou
Synonyme
« d’impureté » de la femme, pour la quasi-totalité des sociétés
humaines. Ce tabou implique
une discipline
sexuelle tatillonne et hautement symbolique. Ces prohibitions
rejoignent désormais le monde profane et les prescriptions
d’abstinence émises par le corps médical à propos de la prévention
des MST* : le sang menstruel étant particulièrement contaminant.
Mésentente conjugale
Discorde, hostilité,
malveillance, s’installant au sein d’un couple. Le terme
« conjugal » désigne en réalité toutes formes de cohabitation durant
depuis plus de six mois. Faire de l’organisation de ces conflits un
« symptôme » à part entière est de découverte très récente, mais
fondamentale, validant la priorité accordée en sexologie à la mise
en examen des interactions du couple, et non plus seulement des
déficiences génitales individuelles.
Historique
C’est en 1970 que
les sexologues américains William H. Masters et Virginia E. Johnson
publient Human Sexuel Inadequacy : cette synthèse de leurs
trouvailles thérapeutiques va bouleverser la compréhension des
problèmes sexuels par le soin donné à l’analyse de
la « coopération
érotique » au sein du couple.
Messe noire
Simulacre
liturgique, inscrivant dans le cadre d’une parodie anticléricale de
nombreux ajouts d’ordre érotique, en fonction du niveau de culture
ésotérique et de l’organisation sectaire des
fidèles. La
filiation s’établit entre ces offices « démoniaques » traditionnels
- eux-mêmes héritiers des cérémonies de sacrifices humains - et
certains rituels S/M* contemporains, l’attrait pour les sépultures,
la fascination pour les cimetières souterrains (les catacombes).
Métrorragies
Saignements
d’origine utérine, particulièrement trompeurs s’ils sont confondus
avec les menstruations* et faussent le calcul des périodes
d’infécondité cyclique de la femme.
Meuf
L’un des tous
premiers (1975) synonymes de « fille » en verlan, argot des
faubourgs qui consiste à inverser les voyelles d’un mot afin que sa
prononciation le rende incompréhensible aux non-initiés...
Miction
Action d’uriner.
Migraine
Mal de tête
spécifiquement féminin, « céphalée » qui affecte la moitié du crâne,
dont l’intensité et la périodicité sont très invalidantes... au
point d’en faire l’insigne des dérobades et des feintes pour
échapper au triste devoir conjugal.
Minette
Diminutif de gamine*
dans un langage jeune et « branché ; mais désigne aussi la vulve,
dans l’expression « faire minette », pratiquer un cunilinctus*.
Misogynie
Dépréciation
méprisante pour tout ce qui a trait à la féminité.
Sexisme
Inégalités,
dévalorisation, exclusion, instaurent un contre-pouvoir féministe
qui génère à son tour un nouveau langage militant, nécessairement
compréhensible par le plus grand nombre : sexisme supplante ainsi
utilement les termes de misogynie ou de « phallocratie ».
Missionnaire
Allusion ironique à
la position standard du coït, considérée comme plus résistante aux
tentations lubriques, donnant à l’homme qui s’étend sur sa
partenaire un avantage postural conforme aux considérations
classiquement misogynes de l’Eglise.
Mixité
Notion de mélange de
composés adverses, tels que le sexe, la race ou la religion. Le
principe d’exogamie* prédispose à des mariages mixtes - couleur de
peau, confession, voire statut social...- que les familles d’origine
tyrannisent et que les religieux condamnent.
Scolaire
Le débat concernant
la mixité des jeunes en milieu scolaire n’est pas ouvert tant il
semble aller de soi ; j’y interpose de sérieuses réserves, tenant au
devoir de non-ingérence dans le développement
psycho-sexuel
d’enfants et d’adolescents dont l’immaturité
subit le regard
d’autrui comme une maltraitance.
Monogamie
Régime matrimonial
majoritaire dans l’espèce humaine : un seul homme uni par des liens
officiels à une seule femme, définitivement. A l’opposé, la
pluralité des partenaires de la « polygamie » fait figure de
solution miracle contre l’affadissement du désir, mais c’est faire
l’impasse un peu vite sur les obligations économiques et familiales
qu’impose ce privilège.
Monokini
Maillot de bain
féminin qui fit scandale dans les années 1960, initialement
constitué d’un slip et de deux bretelles, découvrant la poitrine.
Les courants de pensée libertaire et écologique ont abouti à valider
la mode des « seins nus » sur les plages, littéralement top-less
en anglais.
Mont de Vénus
Coussinet de
graisse, particulier à la femme, légèrement bombé et de forme
triangulaire, qui surplombe la vulve et qu’un pli très visible
sépare de l’abdomen... ligne emblématique qui n’a pas échappé à la
clairvoyance des peintres figuratifs.
Morsure
Se saisir d’une
surface de peau à pleine bouche, et serrer les dents jusqu’au sang,
n’est pas une pratique S/M* mais relève des cruautés « sadiques* ».
Dans cette série des comportements violents non érogènes, il faut
inclure la gifle qui, bien que moins traumatisante que la morsure,
n’appartient pas au registre des brutalités infligées aux soumis*.
Mots crus
Injures, « gros
mots ». L’insulte dialoguée est excitante parce que la grossièreté
accroît encore le sentiment de liberté du couple ; de même, le mot
obscène est-il érogène, surtout quand il nomme les sexes, parce
qu’il permet de triompher de l’angoisse qu’ils inspirent...
Mouche
Evoque
frauduleusement dans les publicités racoleuses la « mouche
cantharide » : insecte coléoptère, appelé aussi mouche espagnole, ou
mouche de Milan qui, réduite en poudre, était ingérée pour ses
effets aphrodisiaques* mais interdite aujourd’hui à cause de sa
grande toxicité rénale.
Mouiller
Lubrifier, en
langage populaire. Voir Lubrification.
Mouvements du coït
Va-et-vient
alternatif qui amplifie l’excitation par friction des téguments.
Seulement trois manières de bouger - mouvements amples ou non, lents
ou rapides, forts ou en douceur - et trois directions des poussées -
rectilignes, latérales, ou en « arabesques » - limitent à neuf, au
grand dam des crâneurs, l’entier répertoire des styles copulatoires.
Simulacres
Afin de sauvegarder
la virginité, par mesure de contraception, ou par jeu, la friction
des sexes
dans les creux et
sur les bosses des corps s’anime des mêmes mouvements que ceux du
coït.
MST
Sigle des « maladies
sexuellement transmises », dites autrefois « vénériennes » et
« honteuses » : la plaie de l’érotisme. Si les agents
anti-infectieux réduisent la gravité de la plus part des MST,
certaines tel le Sida* leur résistent encore, alors que d’autres,
dites asymptomatiques comme les Chlamydiae*, sont si discrètes
qu’elles ne sont même pas soupçonnées...
Prévention
C’est cette
« invisibilité » des symptômes qui est l’ennemi n°1 de la maîtrise
des risques,
d’autant que le
Safer Sex* a une célébrité à tendance gay* et que la pilule*
dépréciant l’usage du préservatif à titre contraceptif, relègue son
emploi à un pansement de première urgence,
autant dire au petit
bonheur la chance...
Mue
Episode de la
puberté, qui abaisse la tonalité de la voix des garçons et des
filles, l’organe de la phonation, le larynx, étant lui aussi une
zone cible des hormones* sexuelles. Mais c’est surtout la période
d’ancrage définitif du « timbre » de la voix, miroir de la
personnalité et formidable attribut de séduction.
Muselière
Equipement de
contention de la zone buccale, fait de cuir ou de caoutchouc, simple
bâillon ou muni d’un « bloqueur buccal », rigide ou gonflable,
introduit dans la bouche. L’appareil peut aussi être munis de deux
anneaux latéraux et servir de mors dans les simulacres d’attelages.
Mutilation génitale
Toute modification
intentionnelle et collective, médicalement non justifiée, de la
configuration extérieure des organes génitaux. Chez l’homme le
prépuce* focalise la majorité des découpages - circoncision*,
supercision (le prépuce est tranché en deux sur le dessus) - alors
que dans la « subincision » c’est la face ventrale de la verge qui
est ouverte de bout en bout, jusqu'à l’urètre*. Chez la femme le
clitoris est incisé ou, dans d’autres ethnies, excisé*.
Châtiment
Les mutilations
génitales sont des archives, encore illisibles, de l’histoire de
l’humanité. Mis à part les
tortures et les
supplices, qui impliquent une intention punitive, les mutilations
génitales ont absolument toutes en commun d’incarner un châtiment
comme droit d’entrée dans le groupe.
Mycose
Issu du grec
mukêtos « champignon », il s’agit des infections, principalement
génitales, dues à des « levures » (Voir Candidose) dont la
contamination vénérienne est désormais mise en doute.
Mystique
Après avoir qualifié
un homme d’église particulièrement érudit, le sens évolue depuis
l’époque romantique pour désigner l’adepte d’expériences
intégralement « sublimées » de l’érotisme, une exaltation
quasi-orgastique mais chaste, telle que l’exhibent certaines
« saintes ».
Mythologie
Etude des fables
antiques - gréco-romaines en ce qui nous concerne - qui servent de
trame à la construction des systèmes de valeurs, et des
représentations du partage des pouvoirs, dans une société
contemporaine.
N
Nana
Une adolescente,
dans le langage familier des jeunes. La connotation sympathique est
due au doublement des voyelles (Voir aussi Zizi) qui renvoie
au parler de l’enfance.
Narcissisme
Tiré du mythe de
Narcisse - ce beau grec amoureux de lui-même, à en mourir - pour
qualifier un égoïsme démesuré, pathologique. Or, depuis la prime
enfance, le mûrissement de la sexualité, l’élaboration d’une
identité, s’appuient sur les pulsions d’amour propre : ce n’est donc
pas l’auto-érotisme en soi qui est suspect, c’est le zèle qui peut
l’assiéger à l’âge adulte, au point d’invalider la libido*.
Le miroir
La transition vers
le désir du « rapport sexuel » s’établit peu à peu, à partir de les
révélations qu’induit
le regard d’autrui,
comme un miroir, sur soi-même : c’est cet investissement rendu
incontournable désormais - et parfaitement utopique du reste - que
récuse le narcissisme pervers.
Natalité
Paramètre
démographique complexe destiné à chiffrer le flux des naissances
dans une population donnée. Ces taux abstraits - tels que le nombre
de naissances vivantes par rapport à l’effectif des femmes âgées de
15 à 49 ans, par exemple - doivent être complétés par des
informations sur la nuptialité (nombre de mariages), l’âge de la
mère à la première naissance, le nombre des naissances issues de
l’immigration, le taux de mortalité maternelle et infantile...
Taux de fécondité
Un calcul
statistique permet de définir le nombre minimum d’enfants par femme
nécessaire au
simple
renouvellement des générations : il est en théorie de 2,1 en Europe
à la veille de l’an 2000. C’est du reste le «score » atteint par la
population française, après plusieurs décennies de récession.
Naturisme
Doctrine prônant un
retour aux valeurs de la Nature, au sens propre et figuré du mot,
étayant des options « écologiques » de vie quotidienne, dont les
habitudes alimentaires et le goût de la nudité sont les plus
représentatives du mouvement.
Nudisme
Alternative
militante, tendant à opérer dans un occident vêtu par goût et par
nécessité, un abandon
de tout textile, en
signe de protestation populiste faussement hygiéniste.
Nécrophilie
Pulsion perverse*
rare et énigmatique, prédisposant à transgresser le tabou* de la
mort (du
grec nekros)
en s’impliquant érotiquement avec un cadavre où ses représentations.
La nécrophilie n’est pas une « démonologie » - c’est-à-dire une
« séduction du démon » qui agit
dans les
hallucinations des messes noires* par exemple - mais
l’extériorisation du délire de possession absolue. L’unique enjeu du
désir est donc ici de dominer un « objet sexuel » sans résistance
(la pédophilie* se nourrit de la même aliénation) auquel s’incorpore
des alibis sentimentaux frauduleux.
Sex-shops
L’usage compulsif de
mannequins « gonflables », de postiches de têtes à perruques ou de
« troncs »
féminins, de moulages de vulves et de fesses en latex... relève
d’un
désinvestissement
pathologique des registres de la communication érotique
et s’apparente à la
nécrophilie.
Névrotique
Qualifie tout
processus inconscient* d’autodéfense d’un sujet en mal d’enfance.
Autrement dit, il s’agit dans l’hystérie* ou les « phobies », les
obsessions ou « la dépression nerveuse », de repérer les
innombrables solutions de fortune que produit un sujet pour lutter
contre l’angoisse, les complexes, les refoulements, les
frustrations, les conflits inavouables, les inhibitions*... qui
l’empêchent de grandir.
New age
Le « Nouvel âge »
est une idéologie marginale née dans les années 1960 en Californie -
dont le courant « hippie » en a exhibé les utopies - tendant à
rassembler sous un même label tout ce qui a la prétention de fonder
un « homme nouveau », à défaut d’un nouveau monde. Profession de foi
qui s’appuie sur l’engouement pour un religiosité teintée
d’orientalisme, des techniques d’altération de la conscience, une
exclusion enfin de l’héritage culturel européen.
Les thérapies
alternatives
De l’hypnose* aux
techniques d’isolement sensoriel, de la sophrologie au tantra*,
de la méditation
« transcendantale » au voyage « astral »...mille et un simili
parcours
initiatiques
exaltent un égocentrisme hallucinant, au détriment d’une approche
humaniste
de l’instabilité
affective des couples et de leurs inhibitions*.
Nid d’amour
Evocation lyrique,
d’inspiration rurale, qui désigne l’espace à huis clos qui abrite
des amours plutôt illégitimes. Plus la rudesse de cet écrin peut
rappeler la paille et le foin, plus elle est érogène, puisqu’elle
rapproche des amants de la sexualité rustique des mythes païens.
Nidation
L’implantation de
l’œuf - fécondé dans la trompe utérine* trois à quatre jours plus
tôt - se fait dans l’épaisseur de la muqueuse utérine par l’action
« corrosive » du tout jeune embryon. En moins d’une semaine la
« greffe » est achevée et son développent déjà bien en cours.
Niddah (lois de la)
Précepte de la
religion juive prohibant tout rapport sexuel entre époux durant les
deux premières semaines « d’impureté » du cycle menstruel. Bien
avant que la biologie de la reproduction soit étudiée, cette
étonnante inspiration des rabbins, qui ciblent la reprise des
contacts conjugaux le jour théorique de l’ovulation, a un effet
bénéfique sur la procréation.
Voir aussi
Sunna.
Noces
Cérémonie civile du
mariage. Fête païenne aux rites ancestraux, impliquant les deux
communautés familiales qui se greffent l’une à l’autre, par l’union
de leurs deux enfants. L’exode rural, l’urbanisation chaotique ont
fait « éclater » nombre de traditions. Le mariage en sauvegarde
encore un reliquat, en préservant le chant et la danse propres au
folklore des familles qui s’unissent.
Embourgeoisement
Caricature injuste
de la vie conjugale traditionnelle.
Critique d’autant
plus ambiguë des opposants au mariage, que leur statut
social et économique
crée l’illusion du libéralisme. Or, opter pour l’union libre ou le
concubinage est un simulacre de non-conformisme, puisque l’âpreté
des tâches ménagères
et les engagements
de fidélité n’en sont pas moins quotidiens que dans les unions
légitimées.
Noir
Couleur étalon de
l’érudition érotique. Intransigeant dans le rituel de soumission non
violente. Inégalable dans l’exhibition fétichiste.
Nombril
Cicatrice du cordon
ombilical, au centre du ventre. Incontestable zone érogène* par sa
situation, son petit creux, sa sensibilité, et les traditions
millénaires qui en exaltent les mérites, du Cantique des
Cantiques aux Mille et une Nuits, du Kâma Sûtra* à
Diane de Poitiers peinte par l’Ecole de Fontainebleau...
Embellissement
De tous temps le
nombril fait l’objet de soins esthétiques destinés à l’érotiser :
tatouages* et
peintures corporelles, piercing* et sertissage de pierres
précieuses, exhibition des strip-teaseuses* ou de la mode des mini
caracos qui couvrent à peine le thorax.
Non
Injonction de refus.
Cette manifestation de l’absence de consentement est capitale en
sexologie médico-judiciaire, car si la preuve en est faire, elle va
qualifier le degré de gravité et de punition d’un comportement
illicite.
Voir aussi
Viol.
Norme
Standardisation des
comportements et de leur évaluation morale, propre à chaque société.
Si cette interdépendance collective fait horreur aux libertins il
reste qu’une norme physiologique - c’est à dire biologiquement
programmée - propre à l’espèce humaine ne peut pas être
transgressée : un coït est un coït. La marge de manœuvre n’offre que
des variantes « théâtrales » assez fragiles et transitoires.
Nuit blanche
Lune de miel* ou
nuit d’amour. Formulation poétique d’une nuit sans sommeil consacrée
à se dire que l’on rêve.
Nullipare
Désigne toute femme
qui n’a pas eu d’enfant, quel que soit son âge.
Nymphes
Synonymes des
« petites lèvres* » qui bordent l’orifice vaginal. L’ancienneté du
terme rapporte l’intention d’évoquer la tendresse, la douceur du
sexe d’une jeune fille, et tout particulièrement, s’agissant de
cette zone vulvaire si proche de l’hymen, sa pureté.
Nymphomanie
Synonyme de « fureur
utérine ». Chez les femmes donc (ce qu’indique encore la racine
grecque numphê, au sens de clitoris*) désigne un appétit
sexuel insatiable, et une quête intarissable de partenaires. Le
diminutif populaire « nympho » rend bien compte, dans sa
connotation péjorative, du peu de crédit accordé à l’émancipation
érotique de ces boulimiques. En effet, en amont de ce désordre siège
une souffrance névrotique* d’autant plus désespérante qu’elle a pour
effet d’interdire l’accès à l’orgasme.
Hypersexualité
Loin des fantasmes
et des légendes, les conduites sexuelles hors normes traduisent
moins d’extraordinaires talents érotiques , que des désordres de la
libido, voire des dépressions menaçantes.