Vous êtes ici :
Accueil
Dictionnaire de la Sexualité de l'amour et des pratiques sexuelles    
                                                                                
 
 

Le DICO
de l'amour et des pratiques sexuelles

 

 

M

 

Machisme

Principe « phallocrate », tiré d’une vision triomphaliste du phallus* comme insigne d’une supériorité indiscutable sur la femme. Macho renvoie à une étiquette d’origine mexicaine, mais aux racines bien méditerranéennes, pour désigner une virilité agressive et abrutie.

Violences conjugales

L’expression au quotidien de la lâcheté masculine, confrontée à la rébellion des femmes.

 

Maison close

Etablissement de prostitution dont la « clôture » est assurée par la violence et les chantages des tenanciers et des proxénètes, afin d’empêcher l’évasion des « pensionnaires ». A cette résidence forcée s’ajoute l’enfermement moral de la « fiche » : mises en « cartes » les femmes sont harcelées par la police et les autorités sanitaires.

La prohibition

Les lois qui s’appliquent à la prostitution au XIX° siècle en Europe ne régissent que le contrôle des maladies vénériennes. Le courant abolitionniste de la « traite des blanches » qui s’engage dès 1902 à une échelle internationale, aboutira en France métropolitaine à la loi Marthe Richard du 11 avril 1946, qui ordonne la fermeture immédiate des bordels, et le 2 décembre 1949

à la Convention de l’ONU, condamnant « l’exploitation de la prostitution d’autrui ».

 

Maîtresse

Femme dominatrice - mais il peut s’agir aussi d’un travesti* - arbitre des pratiques de soumission de ses « esclaves ».

 

Malformations

A plusieurs périodes sensibles de la vie du foetus, des étapes du développement de ses organes génitaux peuvent être plus ou moins gravement perturbées. L’embryon humain est « intersexué » jusqu'à sa huitième semaine, puis les caractères morphologiques se manifestent pour qu’un genre masculin ou féminin soit clairement identifié  à la naissance.

Intersexualité

 Coexistence chez un bébé d’organes génitaux masculins et féminins.

« Bisexualité morphologique » plus ou moins invalidante, retardant même parfois de plusieurs mois la rédaction de l’extrait de naissance.

 

Malheur

Formule affaiblie pour dire le deuil et la souffrance, qui sont ici associés à la notion de « manque de chance ». L’expression est habituelle dans l’évocation d’une séparation, d’une rupture, renvoyant l’empreinte de l’échec à une sorte de fatalité invincible.

 

Mamelon

Cône ou cylindre faisant saillie au centre de chaque sein. La surface n’est pas unie car elle recouvre un important réseau musculaire. L’extrémité arrondie est parcourue par des sillons et parsemée d’un douzaine de petits pertuis qui sont l’abouchement des canaux « galactophores », mot à mot : qui transportent le lait. Son extrême sensibilité et sa vascularisation, font du mamelon une zone érogène majeure, à condition, comme toujours, qu’un apprentissage en conditionne la réactivité.

Bout du sein rentré

Les mamelons peuvent être plats ou très peu saillants, « ombiliqués », parfois d’un seul

côté. Cette « inversion » impose un handicap esthétique, mais aussi mécanique

vis à vis du désir d’allaiter. Comme la rétraction est due à la brièveté et à la résistance de ces canaux, le traitement chirurgical consiste à les sectionner.

 

Mariage

Cérémonie, spécifique à chaque culture, qui célèbre l’entrée d’un nouveau couple dans la communauté qui va l’héberger et éduquer sa progéniture.

Non-consommation

Incompétence ou impossibilité de réaliser un coït vaginal. Un « mariage non-consommé » peut être un mariage d’amour, la fidélité y est de règle, d’autres formes de plaisir érogène y transitent longtemps, mais il est infertile... C’est cette menace que qui fait exception à la loi de l’indissolubilité de ses liens et qui peut aboutir à son « annulation » du point de vue religieux et juridique.

 

Martinet

Accessoire type des corrections S/M*, fouet formé de fines lanières de cuir fixées à un manche.

 

Masochisme

Prédilection pour un érotisme avilissant. Que le terme pérennise la violence autodestructrice des romans de Leopold von Sacher Masoch (1836-1895) n’indique nullement que ces conduites datent de l’instant où elles sont nommées par les psychiatres : la recherche de la souffrance et de la déchéance fait partie intégrante, partout et depuis toujours, de l’angoisse

des pulsions de mort qui alimentent l’inconscient* et qui, pour certains, sert d’unique viatique pour jouir.

Voir aussi Soumission.

 

Massage

Technique d’activation sensorielle et de modification des niveaux de conscience par le toucher.

Lorsque la démarche est égoïste, l’induction du bien-être est conduite par un professionnel et s’apparente à la relaxation, à l’inverse, dans le cadre d’une thérapie conjugale, le massage est improvisé entre les partenaires et sert d’intermède de reconstruction du dialogue sensuel.

 

Masturbation

Toutes les frictions possibles et inimaginables qui agacent les zones érogènes afin d’en jouir, mais qui n’y parviennent pas toujours.

Tabou

Si la masturbation masculine est explicitement condamnée par les religions monothéistes,

répudiant toute sexualité qui se refuse à la procréation, elle n’est qu’implicitement

prohibée chez la fillette et la femme, étant admis que le vice n’entrave pas la fertilité...

 

Materner

Attitude féminine de surprotection, effective ou symbolique, à la fois consentie et convoitée. Cet espace d’interactions primaires est infiniment complexe, allant de la simple tutelle d’une épouse dominante, aux jeux de « couches-culottes », en passant par des protocoles de régression « assisté », tel que le rebirth - revivre sa propre naissance - par exemple...

 

Maturité

Notion théorique qui tend à définir un seuil d’objectivité critique vis à vis de la vie, un âge sensible à l’appréciation du sens moral, une étape d’autoévaluation lucide... L’âge adulte n’offre aucune garantie à cet égard, et cet état d’équilibre entre les désirs et les réalités ne s’acquiert qu’avec le temps et les leçons qu’il inflige.

 

Majorité

Toutes les sociétés déterminent avec précision le moment du passage - du « rite de passage » - entre l’adolescence « mineur » et l’adulte. L’âge de la majorité légalise un autre seuil de maturité, celui d’un « âge de raison » et, en matière de sexualité, d’une présomption d’aptitude au consentement.

 En Europe, cette ligne de partage évolue entre 14 et 18 ans selon les législations.

 

méat urinaire

Orifice du canal de l’urètre*.

 

Mec

Ou Meg, terme d’argot qui a progressivement glissé des hauts grades du chef de bande, à la désignation chez les gamines de leur « petit ami ».

 

Mélangisme

Pratique sexuelle mobilisant au moins deux couples, hétérosexuels, dont la rencontre n’autorisera pas le coït croisé entre partenaires, comme c’est le cas dans « l’échangisme* ». Les « rapports côte à côte » sont cependant précédés de jeux érogènes qui impliquent le mélange des stimulations et des attouchements.

Génération Sida

Conséquence des mesures de prévention que s’imposent les libertins

aujourd’hui, l’adultère réciproquement consenti est abandonné pour des pratiques

moins rentables du point de vue érotique mais plus sécurisantes.

 

Ménopause

Jalon de la vie d’une femme marqué par l’arrêt du fonctionnement de ses ovaires. Les préambules de cette mise hors service (ou, « pré-ménopause ») peuvent déjà invalider la féminité, tant du point de vue physique que moral, donnant de la cinquantaine une vision d’escale forcée interminable.

 

Mensonge

L’art de refinancer une confiance insolvable.

 

Menstruations

Les « règles » : élimination spontanée de l’épaisse couche de muqueuse de l’utérus, qui aurait pu servir de « nid » à un ovule fécondé, et que l’absence de grossesse rend parfaitement inutile. En quatre ou cinq jours l’utérus est nivelé et un nouveau cycle « menstruel » commence.   

Tabou

Synonyme « d’impureté » de la femme, pour la quasi-totalité des sociétés humaines. Ce tabou implique

une discipline sexuelle tatillonne et hautement symbolique. Ces prohibitions rejoignent désormais le monde profane et les prescriptions d’abstinence émises par le corps médical à propos de la prévention des MST* : le sang menstruel étant particulièrement contaminant.

 

Mésentente conjugale

Discorde, hostilité, malveillance, s’installant au sein d’un couple. Le terme « conjugal » désigne en réalité toutes formes de cohabitation durant depuis plus de six mois. Faire de l’organisation de ces conflits un « symptôme » à part entière est de découverte très récente, mais fondamentale, validant la priorité accordée en sexologie à la mise en examen des interactions du couple, et non plus seulement des déficiences génitales individuelles.

 

 

Historique

C’est en 1970 que les sexologues américains William H. Masters et Virginia E. Johnson publient Human Sexuel Inadequacy : cette synthèse de leurs trouvailles thérapeutiques va bouleverser la compréhension des problèmes sexuels par le soin donné à l’analyse de

 la « coopération érotique » au sein du couple.

 

Messe noire

Simulacre liturgique, inscrivant dans le cadre d’une parodie anticléricale de nombreux ajouts d’ordre érotique, en fonction du niveau de culture ésotérique et de l’organisation sectaire des

fidèles. La filiation s’établit entre ces offices « démoniaques » traditionnels - eux-mêmes héritiers des cérémonies de sacrifices humains - et certains rituels S/M* contemporains, l’attrait pour les sépultures, la fascination pour les cimetières souterrains (les catacombes).

 

Métrorragies

Saignements d’origine utérine, particulièrement trompeurs s’ils sont confondus avec les menstruations* et faussent le calcul des périodes d’infécondité cyclique de la femme.

 

Meuf

L’un des tous premiers (1975) synonymes de « fille » en verlan, argot des faubourgs qui consiste à inverser les voyelles d’un mot afin que sa prononciation le rende incompréhensible aux non-initiés...

 

Miction

Action d’uriner.

 

Migraine

Mal de tête spécifiquement féminin, « céphalée » qui affecte la moitié du crâne, dont l’intensité et la périodicité sont très invalidantes... au point d’en faire l’insigne des dérobades et des feintes pour échapper au triste devoir conjugal.

 

Minette

Diminutif de gamine* dans un langage jeune et « branché ; mais désigne aussi la vulve, dans l’expression « faire minette », pratiquer un cunilinctus*.

 

Misogynie

Dépréciation méprisante pour tout ce qui a trait à la féminité.

Sexisme

Inégalités, dévalorisation, exclusion, instaurent un contre-pouvoir féministe qui génère à son tour un nouveau langage militant, nécessairement compréhensible par le plus grand nombre : sexisme supplante ainsi utilement les termes de misogynie ou de « phallocratie ».

 

Missionnaire

Allusion ironique à la position standard du coït, considérée comme plus résistante aux tentations lubriques, donnant à l’homme qui s’étend sur sa partenaire un avantage postural conforme aux considérations classiquement misogynes de l’Eglise. 

 

Mixité

Notion de mélange de composés adverses, tels que le sexe, la race ou la religion. Le principe d’exogamie* prédispose à des mariages mixtes - couleur de peau, confession, voire statut social...- que les familles d’origine tyrannisent et que les religieux condamnent.

Scolaire

Le débat concernant la mixité des jeunes en milieu scolaire n’est pas ouvert tant il semble aller de soi ; j’y interpose de sérieuses réserves, tenant au devoir de non-ingérence dans le développement

 psycho-sexuel d’enfants et d’adolescents dont l’immaturité

subit le regard d’autrui comme une maltraitance.   

 

Monogamie

Régime matrimonial majoritaire dans l’espèce humaine : un seul homme uni par des liens officiels à une seule femme, définitivement. A l’opposé, la pluralité des partenaires de la « polygamie » fait figure de solution miracle contre l’affadissement du désir, mais c’est faire l’impasse un peu vite sur les obligations économiques et familiales qu’impose ce privilège.

 

Monokini

Maillot de bain féminin qui fit scandale dans les années 1960, initialement constitué d’un slip et de deux bretelles, découvrant la poitrine. Les courants de pensée libertaire et écologique ont abouti à valider la mode des « seins nus » sur les plages, littéralement top-less en anglais.

 

Mont de Vénus

Coussinet de graisse, particulier à la femme, légèrement bombé et de forme triangulaire, qui surplombe la vulve et qu’un pli très visible sépare de l’abdomen... ligne emblématique qui n’a pas échappé à la clairvoyance des peintres figuratifs.

 

Morsure

Se saisir d’une surface de peau à pleine bouche, et serrer les dents jusqu’au sang, n’est pas une pratique S/M* mais relève des cruautés « sadiques* ». Dans cette série des comportements violents non érogènes, il faut inclure la gifle qui, bien que moins traumatisante que la morsure, n’appartient pas au registre des brutalités infligées aux soumis*.

 

Mots crus

Injures, « gros mots ». L’insulte dialoguée est excitante parce que la grossièreté accroît encore le sentiment de liberté du couple ; de même, le mot obscène est-il érogène, surtout quand il nomme les sexes, parce qu’il permet de triompher de l’angoisse qu’ils inspirent...

 

Mouche

Evoque frauduleusement dans les publicités racoleuses la « mouche cantharide » : insecte coléoptère, appelé aussi mouche espagnole, ou mouche de Milan qui, réduite en poudre, était ingérée pour ses effets aphrodisiaques* mais interdite aujourd’hui à cause de sa grande toxicité rénale.

 

Mouiller

Lubrifier, en langage populaire. Voir Lubrification.

 

Mouvements du coït

Va-et-vient alternatif qui amplifie l’excitation par friction des téguments. Seulement trois manières de bouger - mouvements amples ou non, lents ou rapides, forts ou en douceur - et trois directions des poussées - rectilignes, latérales, ou en « arabesques » - limitent à neuf, au grand dam des crâneurs, l’entier répertoire des styles copulatoires.

Simulacres

Afin de sauvegarder la virginité, par mesure de contraception, ou par jeu, la friction des sexes

dans les creux et sur les bosses des corps s’anime des mêmes mouvements que ceux du coït.

MST

Sigle des « maladies sexuellement transmises », dites autrefois « vénériennes » et « honteuses » : la plaie de l’érotisme. Si les agents anti-infectieux réduisent la gravité de la plus part des MST, certaines tel le Sida* leur résistent encore,  alors que d’autres, dites asymptomatiques comme les Chlamydiae*, sont si discrètes qu’elles ne sont même pas soupçonnées... 

Prévention

C’est cette « invisibilité » des symptômes qui est l’ennemi n°1 de la maîtrise des risques,

d’autant que le Safer Sex* a une célébrité à tendance gay* et que la pilule* dépréciant l’usage du préservatif à titre contraceptif, relègue son emploi à un pansement de première urgence,

autant dire au petit bonheur la chance...

 

Mue

Episode de la puberté, qui abaisse la tonalité de la voix des garçons et des filles, l’organe de la phonation, le larynx, étant lui aussi une zone cible des hormones* sexuelles. Mais c’est surtout la période d’ancrage définitif du « timbre » de la voix, miroir de la personnalité et formidable attribut de séduction.

 

Muselière

Equipement de contention de la zone buccale, fait de cuir ou de caoutchouc, simple bâillon ou muni d’un « bloqueur buccal », rigide ou gonflable, introduit dans la bouche. L’appareil peut aussi être munis de deux anneaux latéraux et servir de mors dans les simulacres d’attelages. 

 

Mutilation génitale

Toute modification intentionnelle et collective, médicalement non justifiée, de la configuration extérieure des organes génitaux. Chez l’homme le prépuce* focalise la majorité des découpages - circoncision*, supercision (le prépuce est tranché en deux sur le dessus) - alors que dans la « subincision » c’est la face ventrale de la verge qui est ouverte de bout en bout, jusqu'à l’urètre*. Chez la femme le clitoris est incisé ou, dans d’autres ethnies, excisé*.

Châtiment

Les mutilations génitales sont des archives, encore illisibles, de l’histoire de l’humanité. Mis à part les

tortures et les supplices, qui impliquent une intention punitive, les mutilations génitales ont absolument toutes en commun d’incarner un châtiment comme droit d’entrée dans le groupe.

 

Mycose

Issu du grec mukêtos « champignon », il s’agit des infections, principalement génitales, dues à des « levures » (Voir Candidose) dont la contamination vénérienne est désormais mise en doute.

 

Mystique

Après avoir qualifié un homme d’église particulièrement érudit, le sens évolue depuis l’époque romantique pour désigner l’adepte d’expériences intégralement « sublimées » de l’érotisme, une exaltation quasi-orgastique mais chaste, telle que l’exhibent certaines « saintes ». 

 

Mythologie

Etude des fables antiques - gréco-romaines en ce qui nous concerne - qui servent de trame à la construction des systèmes de valeurs, et des représentations du partage des pouvoirs, dans une société contemporaine.

    

 

N

 

Nana

Une adolescente, dans le langage familier des jeunes. La connotation sympathique est due au doublement des voyelles (Voir aussi Zizi) qui renvoie au parler de l’enfance.

 

Narcissisme

Tiré du mythe de Narcisse - ce beau grec amoureux de lui-même, à en mourir - pour qualifier un égoïsme démesuré, pathologique. Or, depuis la prime enfance, le mûrissement de la sexualité, l’élaboration d’une identité, s’appuient sur les pulsions d’amour propre : ce n’est donc pas l’auto-érotisme en soi qui est suspect, c’est le zèle qui peut l’assiéger à l’âge adulte, au point d’invalider la libido*.

Le miroir

La transition vers le désir du « rapport sexuel » s’établit peu à peu, à partir de les révélations qu’induit

le regard d’autrui, comme un miroir, sur soi-même : c’est cet investissement rendu incontournable désormais - et parfaitement utopique du reste - que récuse le narcissisme pervers.

 

Natalité

Paramètre démographique complexe destiné à chiffrer le flux des naissances dans une population donnée. Ces taux abstraits - tels que le nombre de naissances vivantes par rapport à l’effectif des femmes âgées de 15 à 49 ans, par exemple - doivent être complétés par des informations sur la nuptialité (nombre de mariages), l’âge de la mère à la première naissance, le nombre des naissances issues de l’immigration, le taux de mortalité maternelle et infantile...

Taux de fécondité

Un calcul statistique permet de définir le nombre minimum d’enfants par femme nécessaire au

simple renouvellement des générations : il est en théorie de 2,1 en Europe à la veille de l’an 2000. C’est du reste le «score » atteint par la population française, après plusieurs décennies de récession.

 

Naturisme

Doctrine prônant un retour aux valeurs de la Nature, au sens propre et figuré du mot,  étayant des options « écologiques » de vie quotidienne, dont les habitudes alimentaires et le goût de la nudité sont les plus représentatives du mouvement.

Nudisme

Alternative militante, tendant à opérer dans un occident vêtu par goût et par nécessité, un abandon

 de tout textile, en signe de protestation populiste faussement hygiéniste.

 

Nécrophilie

Pulsion perverse* rare et énigmatique, prédisposant à transgresser le tabou* de la mort (du 

grec nekros) en s’impliquant érotiquement avec un cadavre où ses représentations. La nécrophilie n’est pas une « démonologie » - c’est-à-dire une « séduction du démon » qui agit

dans les hallucinations des messes noires* par exemple - mais l’extériorisation du délire de possession absolue. L’unique enjeu du désir est donc ici de dominer un « objet sexuel » sans résistance (la pédophilie* se nourrit de la même aliénation) auquel s’incorpore des alibis sentimentaux frauduleux.

Sex-shops

L’usage compulsif de mannequins « gonflables », de postiches de têtes à perruques ou de

« troncs » féminins,  de moulages de vulves et de fesses en latex... relève d’un

désinvestissement pathologique des registres de la communication érotique

et s’apparente à la nécrophilie.

 

Névrotique

Qualifie tout processus inconscient* d’autodéfense d’un sujet en mal d’enfance. Autrement dit, il s’agit dans l’hystérie* ou les « phobies », les obsessions ou « la dépression nerveuse », de repérer les innombrables solutions de fortune que produit un sujet pour lutter contre l’angoisse, les complexes, les refoulements, les frustrations, les conflits inavouables, les inhibitions*... qui l’empêchent de grandir.

 

New age

Le « Nouvel âge » est une idéologie marginale née dans les années 1960 en Californie - dont le courant « hippie » en a exhibé les utopies - tendant à rassembler sous un même label tout ce qui a la prétention de fonder un « homme nouveau », à défaut d’un nouveau monde. Profession de foi qui s’appuie sur l’engouement pour un religiosité teintée d’orientalisme, des techniques d’altération de la conscience, une exclusion enfin de l’héritage culturel européen.

Les thérapies alternatives

De l’hypnose* aux techniques d’isolement sensoriel, de la sophrologie au tantra*,

de la méditation « transcendantale » au voyage « astral »...mille et un simili parcours

initiatiques exaltent un égocentrisme hallucinant, au détriment d’une approche humaniste

de l’instabilité affective des couples et de leurs inhibitions*.

 

Nid d’amour

Evocation lyrique, d’inspiration rurale, qui désigne l’espace à huis clos qui abrite des amours plutôt illégitimes. Plus la rudesse de cet écrin peut rappeler la paille et le foin, plus elle est érogène, puisqu’elle rapproche des amants de la sexualité rustique des mythes païens. 

 

Nidation

L’implantation de l’œuf - fécondé dans la trompe utérine* trois à quatre jours plus tôt - se fait dans l’épaisseur de la muqueuse utérine par l’action « corrosive » du tout jeune embryon. En moins d’une semaine la « greffe » est achevée et son développent déjà bien en cours.

 

Niddah (lois de la)

Précepte de la religion juive prohibant tout rapport sexuel entre époux durant les deux premières semaines « d’impureté » du cycle menstruel. Bien avant que la biologie de la reproduction soit étudiée, cette étonnante inspiration des rabbins, qui ciblent la reprise des contacts conjugaux le jour théorique de l’ovulation, a un effet bénéfique sur la procréation.

Voir aussi Sunna.

 

Noces

Cérémonie civile du mariage. Fête païenne aux rites ancestraux, impliquant les deux communautés familiales qui se greffent l’une à l’autre, par l’union de leurs deux enfants. L’exode rural, l’urbanisation chaotique ont fait « éclater » nombre de traditions. Le mariage en sauvegarde encore un reliquat, en préservant le chant et la danse propres au folklore des familles qui s’unissent.

Embourgeoisement

Caricature injuste de la vie conjugale traditionnelle.

Critique d’autant plus ambiguë des opposants au mariage, que leur statut

social et économique crée l’illusion du libéralisme. Or, opter pour l’union libre ou le concubinage est un simulacre de non-conformisme, puisque l’âpreté des tâches ménagères

 et les engagements de fidélité n’en sont pas moins quotidiens que dans les unions légitimées.

 

 

Noir

Couleur étalon de l’érudition érotique. Intransigeant dans le rituel de soumission non violente. Inégalable dans l’exhibition fétichiste.

 

Nombril

Cicatrice du cordon ombilical, au centre du ventre. Incontestable zone érogène* par sa situation, son petit creux, sa sensibilité, et les traditions millénaires qui en exaltent les mérites, du Cantique des Cantiques aux Mille et une Nuits, du Kâma Sûtra* à Diane de Poitiers peinte par l’Ecole de Fontainebleau...

Embellissement

De tous temps le nombril fait l’objet de soins esthétiques destinés à l’érotiser :

tatouages* et peintures corporelles, piercing* et sertissage de pierres précieuses, exhibition des strip-teaseuses* ou de la mode des mini caracos qui couvrent à peine le thorax.

 

Non

Injonction de refus. Cette manifestation de l’absence de consentement est capitale en sexologie médico-judiciaire, car si la preuve en est faire, elle va qualifier le degré de gravité et de punition d’un comportement illicite.

Voir aussi Viol.

 

Norme

Standardisation des comportements et de leur évaluation morale, propre à chaque société. Si cette interdépendance collective fait horreur aux libertins il reste qu’une norme physiologique - c’est à dire biologiquement programmée - propre à l’espèce humaine ne peut pas être transgressée : un coït est un coït. La marge de manœuvre n’offre que des variantes « théâtrales » assez fragiles et transitoires.

 

Nuit blanche

Lune de miel* ou nuit d’amour. Formulation poétique d’une nuit sans sommeil consacrée à se dire que l’on rêve.

 

Nullipare

Désigne toute femme qui n’a pas eu d’enfant, quel que soit son âge.

 

Nymphes

Synonymes des « petites lèvres* » qui bordent l’orifice vaginal. L’ancienneté du terme rapporte l’intention d’évoquer la tendresse, la douceur du sexe d’une jeune fille, et tout particulièrement, s’agissant de cette zone vulvaire si proche de l’hymen, sa pureté.

 

Nymphomanie

Synonyme de « fureur utérine ». Chez les femmes donc (ce qu’indique encore la racine grecque numphê, au sens de clitoris*) désigne un appétit sexuel insatiable, et une quête intarissable de partenaires. Le diminutif  populaire « nympho » rend bien compte, dans sa connotation péjorative, du peu de crédit accordé à l’émancipation érotique de ces boulimiques. En effet, en amont de ce désordre siège une souffrance névrotique* d’autant plus désespérante qu’elle a pour effet d’interdire l’accès à l’orgasme.

Hypersexualité

Loin des fantasmes et des légendes, les conduites sexuelles hors normes traduisent moins d’extraordinaires talents érotiques , que des désordres de la libido, voire des dépressions menaçantes.