O
Obscène
Qualifie ce qui fait
offense, non pas à la pudeur comme il est dit traditionnellement,
mais à l’érotisme. Autrement dit, l’adjectif désigne l’écœurement
sans plaisir, le dégoût à l’état cru, sexuellement inefficace, même
pour des adeptes d’inavouable*. Aux confins des zones extrêmes de la
pornographie, il y a encore de l’espace pour « quelque chose » de
pire : l’imbécillité, comme déterminant de l’obscène.
Obsession
Un souvenir, un
acte, ou un besoin, tous morbides et prohibés, mais qui assiègent
sans relâche la conscience du sujet. Lorsque le refoulement est
débordé par le passage à l’acte, cette impulsion incontrôlable
s’appelle « compulsion », en amont de bien des conduites sexuelles
répréhensibles.
Odorat
Sens de l’olfaction.
La perception des odeurs joue chez l’homme un rôle très important de
médiateur de la sexualité, non pas tant, comme chez l’animal, pour
l’exhorter, mais au contraire, pour la détourner. L’odorat est le
messager des empreintes olfactives de l’enfance et, confronté aux
fragrances génitales par exemple, le garant de limites de
répugnances infranchissables, même par amour.
Odeur de chasteté
Une peau sans odeur
naturelle est un fruit insipide : l’abus de « désodorisants » évoque
sans doute la
propreté, mais fait
craindre aussi qu’une telle épuration du corps - à l’instar des
« odeurs de sainteté » qui embaument les martyrs afin de conjurer
l’angoisse de leur réincarnation - éteigne le désir.
Oedipe (complexe d’)
Reprenant à son
compte un mythe* typiquement européen, que le poète tragique grec
Sophocle met en scène en 425 avant J.-C., la psychanalyse peut
illustrer de façon particulièrement intelligible l’une des phases
les plus sensibles de construction du « moi ». C’est dans leur
préhistoire inconsciente que garçons et filles ont à vaincre des
rivalités sexuelles inévitables, faites de séductions prohibées (le
fils à l’égard de sa mère, par exemple) et d’identifications
impossibles (la fille jalouse de sa mère): « complexe » qui doit se
résoudre dans l’abandon au moins partiel de cet attachement, dans un
« principe de réalité » où l’on ne joue plus à papa et maman,
puisqu’on le devient à son tour.
Olisbos
Pénis artificiels,
vulgairement appelés « gode* », dont les archéologues retrouvent des
exemplaires datés des temps les plus reculés de la préhistoire... et
qu’aujourd’hui, l’industrie des matières plastiques a largement
diffusés auprès des veuves et des orphelins.
Ombilic
Fossette qui marque
la trace du cordon ombilical, en plein centre de l’abdomen, et
formant la zone anatomique du nombril*, chère aux amateurs de
bikinis*.
Onanisme
Méthode de
contraception masculine, que le parler courant traduit
malheureusement par masturbation. L’allusion biblique est pourtant
incontestable, inspirée du Livre de La Genèse qui raconte comment, à
la mort de son frère Er, Onân dut à contrecœur épouser
sa belle-sœur Tamar, et pratiqua avec elle « le retrait » -
coitus interruptus - éjaculant à terre à chaque coït. Ces
représailles illégales lui valurent l’ire de Yahvé, qui le
fit mourir...
Ondinisme
Erotisation des
fonctions urinaires, synonyme d’urolagnie*. L’étymologie du terme,
créé par l’un des pionniers de la sexologie contemporaine Henri
Havelock Ellis (1859-1939), évoque une image aquatique, afin de
rapprocher le symbolisme de l’eau, des représentations,
universellement admises comme bénéfiques, de l’urine et de ses
divers emplois.
Compisser
Asperger
intentionnellement autrui de son urine, est une séquence clé de
complicité urolagnique.
Son potentiel
érogène exceptionnel tient à la mosaïque de tabous qu’elle
transgresse,
de l’exhibition à
l’arrosage mutuel des sexes...
Oragénitalisme
Néologisme
prétendant réunir dans un même ensemble, cunnilinctus*, fellation*,
et « soixante-neuf*. Une telle sélection est cependant arbitraire :
l’oralité contient mais outrepasse ces succions génitales, ne
serait-ce que, par exemple, dans le léchage des territoires de peau
voisins, ou l’anilinctus*.
Homosexualité
L’homosexualité,
aussi bien chez les garçons que les filles, c’est de l’érotisme
comblé au stade oral, sans repentir, et sans désillusion de devoir
lui sacrifier les simulacres de coït.
Orchite
Issu du grec
orkhis ou testicules, désigne leur inflammation, aiguë ou
chronique.
Organicité
Quote-part des
lésions organiques, des séquelles chirurgicales ou de l’incidence
iatrogène* d’un traitement en cours par exemple, dans la provocation
et le maintien d’un dysfonctionnement de l’activité sexuelle.
Examens
complémentaires
Cette évaluation est
tributaire de l’avancement des connaissances physiologiques en la
matière, mais
aussi de la
fiabilité des examens destinés, aussi bien chez l’homme que chez la
femme, à établir un tel lien de causalité : les lacunes de leurs
estimations font encore obstacle à tout consensus entre praticiens.
Orgasme
Jouissance. Stade
ultime de l’érotisation, retentissant durant quelques secondes dans
le cerveau comme un vertige éblouissant la conscience. La
satisfaction et le rassasiement, qui accompagnent cette vague
d’émotions assourdissantes, sont les seuls points de convergence
théorique entre les hommes et les femmes. En pratique, toute
comparaison est illusoire : la période réfractaire* dénonçant la
précarité de l’orgasme masculin.
Multiorgasme
Ce privilège
féminin, à la fois élitiste et naturel, de pouvoir enchaîner toute
une série d’orgasmes au cours d’une même relation, est un
passe-droit encore inexpliqué mais qui marque une frontière
physiologique infranchissable avec, chez l’homme, la dictature des
réflexes de ses éjaculations.
Orgie
Du sens initial de
cérémonie solennelle d’initiation païenne - les « bacchanales »
romaines, par exemple - l’usage courant ne retient depuis le XVII°
siècle que la dimension d’une fête collectionnant les excès
sensuels, dont la profusion alimentaire et la frénésie sexuelle,
demeurent les
garants de l’exaltation collective.
Os pénien
Tuteur osseux ou
cartilagineux « armant » le pénis de nombreux mammifères, du chien à
la baleine, facilitant l’intromission et, vraisemblablement, le
maintien durable dans les voies génitales des femelles, auxquelles
les lois de leur espèce imposent des accouplements prolongés.
Acte bref humain
Chez l’homme,
l’absence d’os pénien inspire une interprétation « finaliste » des
constatations anatomiques : « l’éjaculation prématurée » étant de
nature génétique - et non plus psychopathologique -
la brièveté
naturelle des coïts se satisfait d’une érection induite
par de simples
réflexes hémodynamiques*, rendant superflue une telle armature.
Ouïe
Sens de l’audition.
Sexuellement mésestimé, en dehors des échanges de paroles aimables
ou de mots crus, l’ouïe est cependant pour ses adeptes à l’oreille
sensible, une source d’inspiration
érotique sans
rivale, de la musique au murmure, du bruissement des étoffes au
chuintement ondinique*...
Ovaires
Glandes sexuelles de
la forme d’une amande, analogues féminins des testicules*, libérant
un ovule en moyenne tous les vingt huit jours, et mettant en
circulation à des taux variables en fonction du cycle, des hormones
maintenant la féminisation des organes cibles.
Ovulations
Entre la puberté et
la ménopause* 300 à 400 ovules seront pondus, sur un stock de
plusieurs millions à la naissance ; les candidats refusés
disparaissent au rythme du vieillissement naturel des ovaires.
P
Panne
Evasion réussie
d’une érection qui souffrait de sous-alimentation érotique.
Panty
Culotte des filles
années 1965, couvrant le nombril et descendant sur les cuisses, en
textile moulant mais extensible, plus confortable qu’érogène même
dans ses versions dentelles.
Paraphilie
Terme en usage dans
les milieux psychiatriques aux Etats-Unis, pour désigner toute
conduite sexuelle « déviante » par rapport au monopole d’une
l’hétérosexualité* inévitablement puritaine. Comme le standard des
conduites licites se résume à la séquence « attouchement-étreinte-coït »,
l’étendue des comportements jugés illégaux devient si vaste que leur
inventaire perd tout intérêt clinique.
Pardon
Renoncement plus ou
moins résigné à toute forme de représailles ; la rancune est mise
entre parenthèses, et c’est une des formes les plus
convoitées de la réconciliation.
Partouze
Tohu-bohu sexuel,
version populaire de l’orgie* sans ses raffinements et son style.
Passe
Corps à corps tarifé
entre client et prostitué(e)*. La durée du circuit est bien plus
expéditive que les promesses ne le laissaient entrevoir - moins
d’une dizaine de minutes en moyenne - mais rares sont les passagers
qui, de toute façon, seraient en mesure d’assurer des prestations
conjugales plus glorieuses...
Passion
Engagement affectif,
à la fois « aveugle » et intense. La passion amoureuse entre en
défaillance sur le plan érotique car en plaçant son objet sur un
piédestal, en quête d’un idéal fantasmé, elle n’enrichit en fin de
compte que son versant narcissique* et rend la fusion charnelle
d’autant plus frustrante.
Crime passionnel
L’inassouvissement
étant l’impasse où s’agite la passion, parvenu à un degré jugé
intolérable,
sa violence peut se
transférer dans le désir de la mort de l’objet d’une telle
aliénation.
Patch
Dispositif appliqué
sur la peau, destiné au traitement hormonal substitutif de la
ménopause*. Il s’agit d’un grand adhésif de 15 cm² collé dans le bas
du dos, sur la fesse ou l’abdomen, et maintenu en place une semaine.
Le composé hormonal diffuse à dose constante à travers la peau, dont
la température active le passage.
L’observance
Mesure statistique
de la poursuite d’un traitement. Ici, les abandons ne mettent pas en
cause les
qualités du
dispositif, mais sa « visibilité », son contact figé sous les
caresses... faisant l’aveu à contrecœur d’un vieillissement que
d’autres subterfuges tentaient de dissimuler.
Péchés capitaux
Les sept vices les
plus pernicieux, dénoncés par la morale chrétienne : orgueil, envie,
avarice,
luxure*, paresse,
gourmandise et colère. Si le catéchisme les accuse avec véhémence ce
n’est pas seulement parce qu’ils défient une loi divine, mais
surtout parce qu’ils traduisent une hostilité que l’on dirait
d’ordre « éthique » aujourd’hui, socialement malfaisante. Or,
précisément, c’est sur ces sept piliers de l’inconduite que se bâtit
l’érotisme, comme un repentir, sans cesse en butte avec le doute et
la honte.
Vieillir sans faute
Plus l’âge avance,
plus les péchés, et les plus « mortels » d’entre eux, sont
délicieux, offrant au
quotidien un sens de
la révolte qui fait aimer la vie, même si l’entourage le conteste et
s’en effraye...
Pédéraste
Dans une suite
ininterrompue, quatre siècles durant, d’emplois littéraires et
policiers - ainsi que de nombreux dérivés argotiques - le terme a
tout d’abord qualifié l’homosexuel* qui pratique la sodomie*, puis
dès la fin du XIX° siècle, celui qui s’éprend des jeunes garçons.
Toutefois aujourd’hui, c’est le sens d’homosexuel masculin
sexuellement actif qui domine, y associant une connotation
péjorative et souvent injurieuse.
Pédophilie
Relation sexuelle
impliquant adultes et mineurs de moins de 15 ans. Hommes et femmes y
sont impliqués. A priori le corps social dénie à l’enfant toute
possibilité de consentement aux actes qu’il commet, ce qui condamne
d’office leurs instigateurs pour « atteinte sexuelle », même s’il
n’y a eu ni violence, contrainte, menace ou surprise.
Justice
La protection des
mineurs est un des thèmes renforcés du nouveau code pénal français,
publié en 1995. Pédophilie, abus sexuel, inceste, n’y sont pas cités
expressément, la loi retient
en revanche les
termes de viol*, agression sexuelle et corruption de mineur.
Peep-show
Strip-tease* à la
pièce, pour amateur solitaire, installé dans une des minuscules
cabines entourant une piste centrale pivotante où s’exhibent les
« comédiens ». Une glace sans teint est obturée par un écran qui
s’efface au rythme d’une minuterie alimentée par les pièces de
monnaie du consommateur.
Pelvis
Terme anatomique
désignant le contenu du « bas-ventre », à savoir, la vessie, les
organes génitaux internes et le rectum. Synonyme de « petit
bassin ».
Pénétration
Mouvement qui
permet, à la langue, aux doigts, à la main, aux orteils, au sexe, à
des postiches les plus variés... de franchir l’orifice vaginal,
l’anus ou l’ouverture de la bouche. Dans l’action, les rôles
peuvent être moins figés que la coutume le jugeait autrefois, mais
la distinction entre partenaire « insertif » qui pénètre, et
« réceptif », qui est pénétré(e), reste importante à décrire, ne
serait-ce qu’en termes de prévention et de lutte contre les MST*.
Pénis
Membre viril. Dans
le langage médical, lorsqu’il s’agit de citer le sexe anatomique,
c’est le mot « verge » qui est utilisé ; « pénis » l’est plus
souvent dans les textes de sciences humaines, en se détournant cette
fois de toute considération physiologique, pour ne signifier que
l’emblème du masculin. C’est à « phallus »* que l’on confère le sens
symbolique de la virilité.
psychanalyse
« L’envie de pénis »
fonde, pour la théorie freudienne initiale, l’essentiel des
revendications
inconscientes de la
féminité. Dogme qui paraît fondé sur une misogynie démodée, mais
qu’une relecture restitue dans sa fonction explicative de la
supériorité symbolique de la sexualité féminine.
Penis captivus
Tiré du latin, pour
désigner durant le coït* la saisie irréductible de la verge dans le
vagin, retenue par un spasme aussi inattendu que puissant des
muscles releveurs* de l’anus. Fréquents chez le chien, à cause de
la turgescence en « bouchon de champagne » de sa verge après
l’intromission, l’incident est anecdotique chez l’homme.
Périnée
L’ensemble des
téguments et des muscles qui constituent le « plancher » de
l’abdomen, autrement dit, l’espace entre l’anus et les organes
génitaux. Zone éminemment sensible, zone convoitée, zone interdite
au public, zone protégée, agissant en « garde-frontière » des
orifices qui la traversent, et auxquels elle n’accorde pas de libre
accès sans recommandations spéciales.
Rééducation
périnéale
La solidité du
« plancher pelvien » n’est pas à toute épreuve, et un accouchement
laborieux
peut en amoindrir
l’élasticité et surtout l’efficacité dans le contrôle des
sphincters*.
Des méthodes de
rééducation, manuelles et instrumentales, permettent d’en récupérer
la maîtrise.
Période réfractaire
L’éjaculation est
suivie, à la seconde près, d’une phase bigrement « réfractaire » à
la poursuite des opérations en cours. Sa durée dépend non seulement
de l’âge, voire de l’état de santé du sujet, mais également de la
qualité des motivations et des promesses... La rigidité de la verge
peut en revanche ne pas flancher aussi rapidement, mais
l’effondrement de ses commanditaires lui coupe les vivres du désir
et la rend parfois embarrassante.
Erection
artificielle
Lors d’érections
médicalement assistées, l’intoxication des tissus érectiles maintien
la rigidité bien
au-delà de
l’éjaculation : la phase réfractaire n’est plus synonyme
d’impuissance, mais les
récompenses
escomptées
sont gâchées par l’hypersensibilité
du gland et la perte
irrémédiable du désir.
Perversion
Comportement sexuel
aberrant par rapport aux critères de normalité établis par un
consensus d’ordre éthique et moral. Toutes les sociétés établissant
une sélection d’actions permises, face à d’autres absolument
proscrites, la tendance à les transgresser apparaît donc comme une
prédisposition universelle, une manière d’être face au « lignage »
qui fonde une communauté. Mais, si le dispositif de consolidation
des prohibitions sociales menace le « pervers » d’exclusion, c’est
en lui, en elle, que l’interdit est le plus durement activé : les
fixations, irréductibles, à un unique « objet » érotique, réduisent
le plaisir à un entêtement obsessionnel qui freine l’accès à la
jouissance.
Dénomination
Il n’y a de pervers
que de comportement dénommé comme tel par le corps social. C’est le
langage qui lie en effet le sexuel à l’imaginaire, et le confine
dans ses attributs symboliques, pour qu’il s’en tienne
à ce qui en est dit
du permis et du défendu.
Petting
Vient de l’anglais
to pet, caresser un animal familier. Synonyme du flirt* juvénile
et chaste, même si la tentation de caresser les sexes fait céder les
résistances et permet d’en jouir.
Phallus
Toute représentation
du pénis en érection. Figure symbolique de fécondité, bien plus que
de virilité sexuelle, cette statuaire, consacrée aux « divinités
génératrices », s’impose dans la préhistoire culturelle de
nombreuses civilisations, dont celle qui enfanta l’Occident.
Fonction phallique
Transposition du
terme, élaborée par la psychanalyse*, destinée à réfléchir sur la
différence
que l’inconscient*
établit entre les sexes : le phallus fonctionne ainsi comme
l’emblème d’une fausse coexistence pacifique entre masculin et
féminin, et symbolise dans ce cas l’utopie
de parvenir à ne
faire plus qu’Un dans le « rapport sexuel ».
Phanères
Terme générique pour
désigner ce qui est apparent (phaneros en grec) : les poils,
les cheveux, les ongles et les dents. Très directement influencés
par l’induction hormonale, les phanères se constituent en
« caractères sexuels » que la mode ou les fétichismes* vont embellir
ou discréditer.
Phéromones
Substances
odorantes, sécrétées à l’extérieur d’un animal, en général par une
glande spéciale, et qui, captées par un individu de la même espèce,
provoquent des réactions comportementales ou biologiques
spécifiques. Alarme, sélection, marquage, trace, territoire,
défense, hiérarchie et naturellement sexualité, sont ainsi
« médiatisés » par une identification olfactive génétiquement
programmée.
Sui generis
Expression médicale
en latin, qui désigne tout ce qui est facilement reconnu, telles les
odeurs caractéristiques de l’urine... qui véhiculeraient des
phéromones humaines à vocation libidineuses, qui n’ont de qualité
pour l’instant que de provoquer des disputes de savants.
Phimosis
Rétrécissement de
l’anneau du prépuce* gênant, ou interdisant, le décalottage du
gland, et par conséquent le coït. Si ce resserrement est parfois
acquis au décours d’une infection ou d’une cicatrisation, il est le
plus souvent une banale malformation congénitale, découverte dans
l’enfance, sauf, par des parents sots et pudibonds, qui répugnent à
laver correctement le sexe de leur fils... Le phimosis vrai,
constitutionnel ou acquis, relève d’une circoncision*.
Auto-examen
Lors des
manipulations de la masturbation, si le prépuce ne peut pas
facilement recouvrir le gland par simple étirement, le serrant même
comme un anneau, la suspicion de phimosis doit être vérifiée.
Phobies
Terme psychiatrique
qui caractérise des « paniques imaginaires », faisant éclater une
bouffée d’angoisse, souvent en relation inconsciente avec les
empreintes des peurs infantiles. D’un point de vue plus quotidien,
les « phobies » s’inscrivent dans les protocoles du dégoût* - bien
que le lien qui peut les unir au fétichisme* renverse l’épouvante en
fringale - et participent ainsi activement à l’élaboration des
fantasmes érogènes.
Piercing
Pratique ancestrale
de « marquage » du corps - le plus souvent associée au tatouage* -
qui consiste à percer la peau afin d’y fixer des tiges ou des
anneaux, servant à leur tour de crochet pour « sertir » un bijou,
suspendre des poids ou des chaînes... Dans un projet plus mutilant,
le stretching consiste à agrandir progressivement le trou
initial du percement d’oreille par exemple, pour y placer des bijoux
de grands diamètres ; l’allongement des lèvres vulvaires procède du
même mécanisme de plasticité des téguments.
L’identité par le
trou
Ce n’est pas le site
de perforation qui est l’insigne identitaire - puisque de nombreux
bijoux sont
implantés sur des zones inaccessibles au regard - c’est le geste et
le trou, équivalent
de la mutilation
initiatique.
Pilosité
Ensemble des
critères de quantité et de texture, de teinte et de longueur, des
différentes zones poilues du corps. Un des principaux caractères
sexuels dits « secondaires », c’est à dire sur lesquels on compte
pour distinguer le masculin du féminin. Le sort qui leur est fait
est infiniment capricieux, témoin des modes et des goûts personnels.
A poil
Etre nu, autrement
dit, n’avoir plus que ses poils à se mettre.
Pilule
Nom générique de la
contraception chimique orale : petits comprimés dosés à des
quantités désormais réduites d’hormones de synthèse. Leur présence
dans le sang va leurrer les organes cibles, du cerveau à l’ovaire*
et, simulant une grossesse, les mettre au repos : l’ovulation est
inhibée, l’infertilité provisoirement assurée.
Hémorragie de
privation
Expression donnée
aux fausses règles qui surviennent
lors de la période
d’arrêt d’une semaine, préconisée entre deux plaquettes de pilules.
Pin-up
Diminutif anglais de
pin-up girl, poster de fille nue épinglé au mur. Le standard
graphique de cette féminité outrageusement appétissante est défini
dès les années 1953 aux Etats-Unis, avec le magazine Playboy
et ses starlettes encore pudiques et maniérées. De la bande
dessinée au cinéma, le modèle évoluera vers une exhibition plus
triviale des corps, mais sans leur faire perdre leurs attributs
d’hyperféminité maternante, oserai-je dire, allaitante ?
Pipe
« Faire une pipe »,
c’était en rouler une, à l’époque des cigarettes faites à la main.
Si le sens actuel à évolué vers la fellation* c’est par analogie,
peut-être, avec la méticulosité des gestes du fumeur, ses mouvements
de langue pour coller le papier de soie... En « tailler » une,
s’écarte évidemment de cette généalogie bon enfant, pour sombrer
dans le langage pornographique.
Pipole
Rappelle
phonétiquement le terme anglais people qui caricature dans
les médias, comme le BCBG* à la française, la « jet society » et ses
fredaines, ses incartades et ses extravagances conjugales.
Placebo (effet)
Leurre
thérapeutique. L’obtention d’une action bénéfique est acquise par un
produit ne contenant strictement aucun principe actif (comprimés au
lactose, ou eau pure en perfusions, par exemple). Mais ce vrai faux
médicament est en réalité un objet de médiation, comme l’on dit, un
lien puissamment régressif avec l’image « paternelle », toute
puissante, du médecin... ou avec celle plus sécurisante,
« utérine », du huis clos des sex-shops...
Effet aphrodisiaque
, Pour être
opérationnel, le mensonge exige que soient pris en compte dans cette
interaction consommateur-produit miracle, la nouveauté, le nom du
produit, la couleur, la taille,
la voie
d’administration, la posologie, le coût...
Plaisir
Aussi bien dans le
fait de recevoir, que dans celui d’offrir, le plaisir est l’état de
remplissage de la béance du désir.
Plateau
Etape plus ou moins
durable de stabilisation dans la progression de l’excitation.
Rarement inquiétant chez l’homme, dont il ne compromet pas
l’arrivée, toujours « prématurée », de l’éjaculation, cet interlude
peut être ressenti comme « interminable » chez la femme qui
n’aboutit pas à l’orgasme, dans des délais qui n’empiètent pas trop
sur les autres activités domestiques...et créer un motif pénible de
désillusion et de frustration.
Platonique
L’allusion au
philosophe grec, Platon (428-348 avant J.-C.), et à ses conceptions
esthétiques de l’amour, est entrée dans le langage courant dès le
XVII° siècle, pour désigner un sentiment
purifié et idéalisé,
qui sache pencher vers l’attirance des « âmes » sans qu’il en soit
souillé par le travail des corps.
Play-boy
Caricature de
l’homme à succès féminins, que la blancheur de peau, la blondeur des
boucles, le baratin à la boutonnière, et le bracelet-montre en toc,
rendent pourtant érotiquement insolvable.
Plug
Signifie
« bouchon », en anglais. Gode* « auto-adhésif », rigide ou
gonflable, à insérer dans l’anus et/ou le vagin, dont la forme en
« bouchon de champagne » permet le maintien en place sans qu’il soit
nécessaire de le tenir. La partie enfoncée est en forme de sphère ou
de pyramide, dont le diamètre dépend du modèle, mais surtout du
degré de dilatation atteint par l’orifice visité.
Pluralisme
Terme d’annonce
échangiste*, qui indique le désir d’un couple d’accueillir un
effectif inhabituel de partenaires, avec notamment une majorité
d’hommes seuls.
Pair, impair et
manque
La sexualité
plurielle est pointilleuse sur la question des nombres : les
chiffres pairs l’emportent sur les assemblages impairs autres que le
triolisme*. L’homme seul se met hors-jeu en ne dotant pas la partie
de sa mise, qui serait évidemment de mettre sa femme sur le tapis.
Point « G »
Révélation encore
hypothétique d’une nouvelle zone érogène féminine, située sur la
face avant du vagin, derrière l’os du pubis*, et impliquée surtout
dans le déclenchement d’exceptionnels orgasmes « éjaculatoires ». Un
soupçon de duplicité scientifique persiste, tant il est vrai que la
« découverte » en question date d’une période de restauration
machiste aux Etats-Unis, réaffirmant la primauté du coït sur la
masturbation, emblème d’une contre-culture féministe à
proscrire.
Voir
Femme fontaine.
Pollutions nocturnes
Ejaculations
spontanées au cours du sommeil. Naturelles et banales dans la
période post-pubertaire, elles trahissent chez l’adulte jeune une
trop longue période d’abstinence*. C’est cette ambivalence, entre
les lois de la nature et les préméditations malsaines, qui alimente
encore un débat théologique assidu des trois religions
méditerranéennes, pour savoir si ces « pollutions » sont
assimilables à l’onanisme* (mollities des catholiques,
hachhatat zera des juifs et nakîhou al-yâd des musulmans)
et comment accéder à leur purification rituelle.
Ménarche et
sémenarche
A l’instar du
premier écoulement de sang menstruel chez la fille (dit
« ménarche »), il importe de donner toute sa valeur à la fois
symbolique et biographique à la première éjaculation du garçon
(que je propose
d’appeler « sémenarche »), qui survient une fois sur quatre en
dormant.
Polygamie
Régime matrimonial à
choix multiples : soit plusieurs épouses pour un seul mari, soit
plusieurs maris pour une seule épouse - plus rare, et que l’on
appelle « polyandrie » - dont les prétextes ancestraux sont sans
doute à rechercher dans des considérations d’ordre démographiques.
Les craintes de pénurie de naissances s’effaçant de nos jours, on
observe partout que ces coutumes tombent en désuétude.
Pornographie
Commerce de
multimédias impudiques à but érogène. Fictions délurées, exhibant
les pulsions sexuelles par tranches de fantasmes. Le voyeurisme*
féminin y réactualise des récits refoulés, et les hommes s’en
prennent à des résidus de frayeurs enfantines à se projeter ainsi
dans la béance de leur imagination.
Education
Les images
pornographiques sont des chimères. Leur parodie de jouissance n’est
qu’illusion d’optique, sans valeur pédagogique, capable sans doute
d’inspirer l’imitation d’une posture ou d’un geste,
mais avec le risque
de n’en retenir que le contenu obscène*.
Postures
Les positions des
corps à corps érogènes sont tout à la fois innombrables, et
tributaires de facteurs étrangers aux lubies, tels que l’inconfort,
le mobilier, la pudeur, l’obésité, les rhumatisme, la taille, la
fatigue, l’urgence, la myopie, la température...
Préliminaires
Désigne la « mise en
bouche », l’inventaire des caresses et des provocations aguichantes,
qui préludent à la quête de l’orgasme.
Prémenstruel
Qualifie le
déroulement des derniers jours d’un cycle menstruel, précédant le
déclenchement des règles. Période parfois pénible à subir, majorant
un ensemble de signes physiques et émotionnels du nom de « syndrome
prémenstruel ».
Prépuce
Anneau cutané,
coulissant sur le gland* et replié sur le clitoris*.
Préservatif
Synonyme de condom*.
Dispositif imperméable aux spermatozoïdes* et aux virus, déroulé sur
la verge en érection, à vocation anticonceptionnelle et/ou
antiinfectieuse. L’usage est ancien, mais les progrès du traitement
industriel du latex peuvent répondre aujourd’hui à des normes
garantissant sa finesse et sa résistance. Tailles, aromatisation,
couleurs, incrustations... « gadgétisent » les préservatifs, parfois
au détriment d’informations indispensables à leur usage correct
(vérification de la date de péremption, sur-lubrification,
inspection à chaque changement de position, échange à chaque
nouvelle pénétration...).
Préservatif féminin
Capuche munie d’une
collerette et de deux anneaux rigides, l’un, est à coincer sous le
col de l’utérus, l’autre, maintient la collerette à l’extérieur de
l’orifice vaginal. La matière première répond aux normes de qualités
requises, mais il s’agit d’un plastique, écartant les risques
d’allergie au latex. L’usage requiert un minimum de confort, et
d’habitude, qui s’acquiert au bout d’une dizaine d’essais « à
blanc ».
Priapisme
Erection
irréductible, douloureuse, dangereuse pour l’avenir de l’organe,
dont les facteurs déclenchants échappent à tout désir sexuel... et à
une compréhension clinique satisfaisante. A l’inventaire de ces
érections anormalement prolongées et énigmatiques, s’ajoutent
désormais les érections iatrogènes* qui soldent les traitements des
insuffisances érectiles par « injections intra-caverneuses* ».
Procréation
L’ensemble des
mécanismes comportementaux et biologiques qui aboutissent à la
conception d’un nouveau-né.
Prohibition
Interdit légal, qui
trouve sa source et ses moyens de coercition dans la loi et non dans
la morale. Par conséquent, l’inventaire des actes défendus, voire de
leurs simples tentatives, est à la fois provisoire et arbitraire,
disons, politiquement inspiré ; en revanche, les interdictions
d’ordre religieux, relèvent du tabou* et interpellent toute
conscience humaine.
Pénalité
C’est autour de
cette ambivalence, entre éthique et morale, que se développe la
défense des pervers*
et de leurs
avocats : l’imputation délictueuse dépendant d’un effet de mode.
Prolapsus
Affection
gynécologique, touchant plus particulièrement la femme âgée,
caractérisée par l’issue des organes pelviens à l’orifice vulvaire.
L’extériorisation même partielle de la paroi de la vessie, ou du col
utérin*, a de nombreuses conséquences néfastes, dont celle
d’empêcher toute pénétration dans un vagin squatté par des organes
qui le comblent.
Prostate
Organe typiquement
masculin en forme de petite châtaigne, encerclant le canal de
l’urètre juste à sa sortie de la vessie. Ses fonctions sécrétoires
la font participer très activement à l’élaboration du sperme, quant
à sa sensibilité érogène, elle est utilement explorée par les
massages des pratiques anales de tous ordres, aussi bien chez
l’homme que chez la femme.
Cancérologie
Le parallèle qui
peut être établi entre les cancers de la prostate et de l’utérus -
comme blessure
narcissique*
obligeant le sujet à redevenir une personne - reste assez fictif,
car si les hommes y voient leur érection sacrifiée, les femmes ne
deviennent pas obligatoirement « frigides »*.
Prostitution
Supermarché de la
sexualité, exercé par une société anonyme et caractérisé par le
paiement à l’acte. Du beau monde au tiers-monde, l’argent fait
office de mise « pour voir », mais le client est berné, c’est la
règle du jeu, le « rapport » est fictif, l’essentiel du suspense
étant concentré dans la scène du racolage.
Proxénète
Littéralement,
l’entremetteur, le courtier (Xéno désignant l’étranger en
latin), l’agent matrimonial ; le glissement péjoratif de l’étiquette
date de la fin du XVIII° siècle, pour
qualifier ensuite,
plus récemment, un délit punissable.
Psychanalyse
Méthode de
traitement psychologique, fondée sur le déchiffrage et
l’interprétation des signes de souffrance inconsciente que livre le
langage.
Psychosomatique
Méthode
d’investigation médicale qui tend à dénouer les liens énigmatiques,
mais habituellement observés, entre des symptômes avérés
d’organicité* et une souffrance « morale ».
Le corps est dit
alors « véhicule » d’un langage non verbal, faisant appel à témoin
d’une
peine indicible
autrement.
Puberté
Etape de croissance
corporelle, et de mise en place des différentes structures
biologiques et psychologiques nécessaires à la procréation*.
L’orchestration d’un si grand nombre de paramètres, débouchant sur
l’adolescence, est soumise à des injonctions hormonales évidentes,
mais dépend aussi de conditions ethniques et écologiques.
Pubis
Partie proéminente
de l’os du bassin, surplombant en avant la verge ou le clitoris,
recouverte dans les deux sexes d’une pilosité caractéristique, et
chez la femme, d’un petit coussinet graisseux, le « Mont de Vénus ».
Pudeur
Sentiment de honte
secrète et de gène humiliante, à voir et faire voir, entendre et
faire entendre, sentir et faire sentir, goûter et faire goûter,
toucher et faire toucher, du corps sexué.
Autrement dit, c’est
du respect de cette tolérance réciproque que naît l’attachement qui
fonde un couple dans la durée.
Pureté
Qualité qui fait
lien entre la pudeur et la dimension spirituelle attachée à
l’érotisme.
Exhortation
menaçante chez les catholiques, incitation instructive chez les
juifs et les musulmans.
Pute
« Prostitué(e) » en
argot, du latin « putidus » : qui sent mauvais, puant, infect,
corrompu... Dès le XII°siècle le terme est à la source
d’innombrables déclinaisons, de putain à patine, de putage à
putaniser, toutes destinées à avilir et exclure la prostituée du
champ social qui la méprise.
Pyjama
Ensemble veste et
pantalon unisexe, porté pour dormir. Si la version féminine sait
faire usage d’originalité de la coupe, des matières, des imprimés,
des couleurs - à l’instar de la « chemise de nuit » qui l’a précédé
depuis le XV°siècle - le portrait de l’homme en pyjama est un
classique de la caricature peu ragoûtante de la conjugalité assagie.
Q
Quarantaine (la)
Non pas la réclusion
préventive en cas de maladie contagieuse, mais bien pour une femme,
l’âge de sa pleine maturité. Mais c’est aussi l’âge critique par
excellence, plus alarmant que la ménopause : période des bilans et
des premiers renoncements, des départs et des révoltes, de
l’affadissement de la relation amoureuse, du déclin redouté de la
séduction, des appréhensions de rester seule, des refus des
compromis, du courage enfin de dire non.
Quatorzième jour
Nombre symbolique de
la période de fertilité féminine. En théorie, c’est au quatorzième
jour suivant le début des règles précédentes qu’un des deux ovaires
libère un ovule qui, progressant dans la trompe* y est fécondable.
Des calculs aussi approximatifs que casse-cou ont toute chance
d’aboutir un jour à une grossesse. Cette mi-temps du cycle menstruel
n’est en effet jamais repérable, sauf exception, par des signes
cliniques évocateurs de l’ovulation.
Queer
Bien que son sens
argotique premier (« louche », « pédé ») soit insultant, les
homosexuels américains nomment ainsi la branche la plus activiste de
leur mouvement, la plus politiquement contestataire, se voulant à
l’avant-garde du conformisme dans lequel s’inscrit un courant gay*
assagi et démobilisé.
Question de genre
L’enjeu de ce
nouveau concept est révolutionnaire : remettre en chantier une
redéfinition
des genres
masculin, féminin, bisexuel, trans... encore arbitrairement établie
à partir du seul critère d’hétérosexualité. Mais il s’agit aussi
d’un courant d’idées qui dépasse
les frontières
d’ordre sexuel pour interpeller le corps social
sur les questions de
lutte de classes et d’exclusion.
Queue
L’une des centaines
de locutions argotiques qui désigne la verge. Sans doute la plus
célèbre, et morphologiquement la plus réaliste.