R
Racolage
Terme juridique de
la publicité que peut intenter une personne prostituée vis à vis
d’une autre, pour la convaincre de céder à la tentation d’une
passe*.
Rapport sexuel
Rencontre à but
sexuel, que la coutume définit encore comme synonyme du coït,
notamment dans les expressions médicales. En réalité, l’évolution du
langage judiciaire relatif aux agressions sexuelles*, et les
précisions qu’ont apportées les campagnes de lutte contre les MST*,
font progressivement tomber en désuétude une expression aussi peu
précise : chaque séquence du comportement sexuel devrait désormais
être nommée en tenant compte de l’action qu’elle engage.
Médecine
La notion de
« rapport » induit un consensus qui clôt brièvement un
interrogatoire que toutes les parties redoutent, mais qui crée aussi
un malentendu : en matière d’exploration d’une stérilité,
ou d’une recherche
de contagion, par exemple, ces pudeurs de langage ne devraient plus
être de mise.
Rasage
Il s’agit de rendre
la peau lisse en coupant les poils au ras de leur racine. Autant
chez l’homme, le rasage du visage est une activité solitaire
d’hygiène facultative, autant l’épilation et le rasage de la
pilosité féminine, notamment celle du pubis*, peut requérir une
attention ludique, voire érotique. Une vulve* glabre est de bon aloi
pour rehausser l’esthétique d’un piercing*.
Réconciliation
Enjeu d’un
renoncement à l’agressivité, mais surtout, épilogue d’une évaluation
des motifs qui justifient pleinement de rester ensemble.
Rupture
Mode de séparation
qui remet l’autre en situation d’étranger à part entière - même si
la cohabitation perdure - et qui par conséquent réactualise la
question du dégoût, qui va alourdir le deuil.
Rectum
Terminus du tube
digestif qui s’ouvre à l’anus*. Il s’agit d’un conduit qui, dans la
partie qui surplombe donc le « canal » anal, prend la forme d’une
ampoule, très extensible. C’est cet espace qu’investissent les
pénétrations manuelles ou instrumentales, selon des modalités assez
voisines chez l’homme et chez la femme. Une très grande vigilance
s’impose cependant, non seulement parce que la paroi rectale se
laisse dilater sans mot dire, mais l’anse des releveurs* lui donne
une forme en « S », contre-indiquant toute insertion en ligne
droite.
Sensibilité érogène
Si les stimulations
ano-rectales permettent de jouir, c’est, à l’instar de l’orgasme
« vaginal »,
parce que les
poussées sur les organes voisins, la sensibilité exquise de l’anus
(ou de la fente vulvaire), le travail mental qui s’ajoute au
tableau... confluent pour déclencher le réflexe orgastique.
Refoulement
Stratégie
d’autodéfense de la personnalité, qui consiste à écarter de la vie
quotidienne des pulsions et des sentiments qui représentent une
investiture contraire à la morale. Leur lieu de « stockage », disons
dans l’inconscient, est parfois déjà saturé de résidus de
refoulements infantiles, si bien que les résistances qui réduisent
toute cette souffrance au silence n’en sont que plus efficaces.
Régression
Lorsque le passage
à l’âge adulte se solde par trop de frustrations et d’insécurité,
régresser c’est
battre en retraite,
restaurer des modes de jouissance qui n’implique plus d’être sujet,
mais objet de fantasmes transitoires, comme la soumission, ou les
emplois scatologiques*.
Relaxation
Ensemble de
techniques d’inductions verbales, capables d’agir sur les tensions
musculaires et viscérales, dans le silence et le calme, de manière à
faciliter l’accès à l’imaginaire et l’accueil de suggestions
thérapeutiques.
Releveurs de l’anus
Muscles également
appelés « élévateurs » de l’anus, pour en rappeler l’une des
principales fonctions : tirer sur l’angle du rectum* et le sphincter
anal afin de contenir les fèces. Plusieurs muscles donc, étirés dans
l’os du bassin jusqu’au coccyx, constituent un « diaphragme »,
soutenant comme un hamac les organes pelviens auxquels ils adhèrent.
Voir aussi
Kegel.
Retrait
Coït inachevé.
Méthode anticonceptionnelle aléatoire, qui consiste en un retrait
brutal du vagin à quelques fractions de seconde près de
l’éjaculation. Pratique ancestrale, que la légende de l’onanisme* a
divulguée, mais que l’accès aux techniques modernes de contraception
a quelque peu dévalorisée.
Rites
Manières d’agir,
propres à toutes communautés humaines. Le couple n’y fait pas
exception. Des rituels de partage des tâches domestiques, au rythme
des séquences qui organisent le coït, par exemple, la routine est
une sécurité. L’habitude n’est donc pas un vice de fonctionnement de
la cohabitation, elle offre une rentabilité plus sûre au contraire à
des actes codés, des gestes automatiques, qui laissent l’esprit
libre et l’imagination disponible.
Rosière
Qualifiait en milieu
rural la virginité d’une jeune fille à marier, dont la vertu était
publiquement vantée et récompensée d’une dot versée par le comité
des fêtes de la commune. Lors de la cérémonie une couronne de roses
est placée sur la tête de la lauréate.
Rougir
Les émotions qui
heurtaient leur pudeur pouvaient déclencher une bouffée de chaleur
au visage des
filles, et les faire rougir. Désormais le rouge se porte aux lèvres
dès le plus jeune âge, et le « rose bonbon », qui symbolisait aussi
le féminin en herbe, ne fait plus recette face au « jean »...
S
Sacré
Qualifie les
comportements et les aspirations, à qui le corps social appuyé par
la logistique cléricale, donne une dimension d’inviolabilité. Cette
métamorphose de l’instinct instaure des contraintes et des droits,
qui ne peuvent déboucher sur un authentique raffinement de la
sexualité, inviter à un travail de dépassement de soi, que pour les
fidèles les plus intelligents.
Sadisme
La torture, comme
réplique à la peur de ne pas tout posséder de la violence sexuelle.
La référence à l’œuvre de Sade (1740-1814) est sans doute un
raccourci médiatique, mais son imagination restitue dans une langue
qui nous est proche une cruauté universellement connue, cette
pulsion à jouir de la douleur infligée à autrui, et l’infinie
complexité de la perversion*.
Sadomasochisme
Alliance posthume
d’un double héritage littéraire - l’œuvre de Sade, unie à celle de
Léopold von Sacher Masoch (1836-1895) un siècle plus tard - pour
illustrer l’antagonisme, soit disant complémentaire, entre deux
« lectures » contradictoires de l’usage de la souffrance érogène.
Terme composite, aux usages les plus variés, depuis l’entêtement
d’un couple à entretenir ses conflits, jusqu'à désigner les
interrelations brutales qui s’établissent dans la domination*.
S/M
Sigle de
sadomasochisme, désigne dans les milieux échangistes* ou les
communautés
fétichistes, des
pratiques de soumission/domination, parfois pénibles, mais
« calibrées » en fonction d’un accord préalable entre les
protagonistes, et mises en scène
avec des
appareillages et des tenues variant à l’infini.
Safer Sex
Anglicisme récent
qui préconise une « sexualité sans risque » depuis que l’épidémie
mondiale de SIDA a imposé une modification des pratiques, et
l’adoption de mesures draconiennes de protection. « Homos » ou
« hétéros », mêmes injonctions : usage du préservatif, de doigtiers
et de carrés de latex, refus de lécher le gland et l’anus, d’avaler
le sperme, ne partager la brosse à dents ou le rasoir, privilégier
les jeux de masturbation, d’exhibitionnisme ou de fétichisme
vestimentaire...
Saison des amours
Si le printemps
bénéficie encore d’une réputation bénéfique aux coups de foudre, en
vérité c’est en automne que l’on va observer la plus grande activité
matrimoniale. Les raisons n’en sont pas connues, mais le taux de
natalité du mois de mai suivant l’atteste.
Chronobiologie
Désigne l’étude des
variations périodiques, appelées aussi « horloge biologique », qui
modifient de façon prévisible les fonctions de l’organisme.
Aux séquences bien
connues veille/sommeil, ou des cycles menstruels,
se superposent
d’autres rythmes d’ampleur plus étendue,
influençant
notamment les sécrétions hormonales et le système immunitaire.
Salive
Fluide, produit par
de très nombreuses glandes réparties de façon paire et symétrique
dans toute la bouche (principalement les sous-maxillaires, parotides
et sublinguales), qui est destiné à faciliter la mastication et la
déglutition des aliments, mais aussi à la protection des muqueuses
buccales et de la langue. Comme sa sécrétion est réflexe, elle
s’engage naturellement lors des stimulations du baiser, dont elle
peut contrarier le plaisir chez des novices que cette subite
lubrification va écoeurer.
Activité immunitaire
La salive contient
les principales protéines (appelées « immunoglobulines ») qui
interviennent dans les processus immunitaires de défense de
l’organisme. Cavité ouverte sur l’extérieur, la bouche doit
disposer, comme le vagin, d’une « garde rapprochée » ; ce système
d’autodéfense protège de nombreuses contaminations dans les
activités oragénitales*, mais une simple carie dentaire peut le
déstabiliser et les virus du sida ou de l’herpès par exemple, lui
survivent.
Salpingite
Infection, de toute
nature, affectant les trompes utérines*. Conséquence tardive des
MST* négligées ou méconnues, telles que celles à chlamydiae*, cette
localisation, sur un organe infiniment fragile, est tout
particulièrement péjorative, responsable de séquelles qui peuvent se
traduire par une stérilité secondaire, même chez une très jeune
femme.
Sandwich
Se dit, en langage
trivial, d’une femme enlacée par deux hommes à la fois, et qui
s’accouple à eux en même temps, l’un par coït*, et l’autre par
sodomie*. Séquence très prisée du répertoire pornographique
d’origine anglo-saxonne, qui va la désigner plutôt par
l’expression « double pénétration ».
Sang
Hommes et femmes
établissent des rapports entre le sang et la sexualité de façon
radicalement différente. Les femmes l’apprivoisent dès leurs
premières règles, le domestiquent, l’intègrent au répertoire des
« marqueurs » de leur santé génitale - enceintes, elles ne saignent
plus - de leur vieillissement - ménopausées, elles ne saignent plus.
Une telle résignation vigilante est inconnue des hommes pour qui
tout saignement génital est une alerte menaçante.
Hémospermie
La présence de
quelques fines traces de sang mêlé au sperme est un incident très
alarmant et cependant tout à fait anodin. La prostate peut
manifester ainsi sa « réprobation » d’une hyperactivité
sexuelle chez des
jeunes gens intempérants... Ni traitement, ni séquelles.
Saphique
Qualifie la
sexualité homosexuelle féminine. Tiré du nom de Sapho, ou Sappho,
seule femme-poète réputée de toute l’Antiquité grecque et romaine.
Que sa biographie soit incertaine, et son portrait inconnu, n’a
rien entravé de la force de sa légende, mais l’épithète contient
malgré tout une note libertine équivoque et plus défavorable aux
amours féminines que le terme de lesbienne*.
Satiété
Etat d’indifférence,
d’inappétence, qui, en ce qui concerne la sexualité, débute après
une relation qui a permis de rassasier amplement les besoins et les
désirs. Cette période qui permet d’observer le silence des envies,
peut être de durée inégale dans un couple, et créer l’une des
tensions les plus fréquemment relatées lors de l’accompagnement
curatif des mésententes conjugales.
Satyriasis
Hypersexualité
masculine, totalement « délirante » et incoercible. Terme du domaine
psychiatrique, certes, mais domaine injustement réservé aux
vieillards libidineux et dégouttants, alors que l’on taxera plus
volontiers de « don juanisme* » un obsédé sexuel jeune et riche.
Satyre
« Homme-bouc »,
demi-dieu rural, illustration mythique de la virilité excessive,
mais qualifie plutôt
aujourd’hui l’exhibitionniste invétéré.
Sauna
Etuve publique,
héritée du folklore nordique, et inspirée de la tradition médiévale
du bain public. Les joyeusetés qui s’y partageaient autrefois entre
hommes et femmes, ne sont plus admises aujourd’hui et relèvent d’une
clandestinité d’autant plus appétissante. Dans le milieu gay*
les saunas sont devenus de façon conviviale et ardente, des lieux de
drague et de délectation sensuelle.
Scandale
Après avoir désigné
dans la tradition biblique « l’occasion » qui fait le larron, le
terme interpelle aujourd’hui le larron lui-même ; autrement dit, ce
n’est plus le piège, la tentation du péché, mais l’action même qui
donne le mauvais exemple, qui heurte les préjugés, qui fonde le
scandale, et qui justifie la réprobation générale.
Scarifications
Fines incisions de
la peau, le plus souvent sur le visage, mais aussi sur les membres
ou l’abdomen, destinées à obtenir une cicatrice décorative,
symbolique, identitaire, ou thérapeutique. Sur la peau noire la
cicatrisation des petites coupures s’épaissit souvent, formant une
« chéloïde » disgracieuse : l’art des « graphistes » est d’autant
plus méritant.
Branding
En occident, la
récupération de ces rituels en trahit les motivations initiales,
lorsqu’il s’agit de leur trouver un emploi dans le cadre de
pratiques sadiques, par exemple. Dans le branding,
traduisons de
l’anglais « marque au fer rouge », il s’agit d’un degré extrême de
provocations douloureuses, narcissiques*, sans plus aucun lien
symbolique avec le marquage du corps.
Scatologie
Désigne tout ce qui
se rapporte aux fèces et à la défécation : les propos, les écrits,
les usages, les images... Mon premier, est une pratique sociale vis
à vis des excréments, qui les « domestiquent » depuis toujours, dans
le discours, dans les superstitions, en médecine, en économie
rurale... Mon second, est une tribu d’amateurs capables d’extrêmes
soumissions infantiles ; et mon tout, est une érotisation des
matières fécales, comme une quête d’absolue transgression,
d’autocastration symbolique, de transgression jusqu’au bout du
dégoût, pour tenter d’en jouir...
Propreté de bébé
Les selles du jeune
enfant ne sont pas un « langage » avant la découverte de ses
capacités à se retenir. Cette aptitude lui donne accès à un
formidable pouvoir de chantage, ou d’offrande, vis à vis de la mère.
C’est ce dialogue
autour du « caca » qui installe d’emblée les bases des conflits
et des frustrations
à venir. La scatologie sent la mère à plein nez.
Scoptophilie
Equivaut en langage
savant à « voyeurisme »*.
Scrotum
Désigne la peau qui
pend à la base de la verge et qui rassemble dans un même « sac » les
bourses* et les testicules. Elastique, pigmentée, plissée, parsemée
de poils, extrêmement sensible, cette enveloppe a une morphologie
très variée d’un sujet à l’autre. Il est banal d’observer que le
côté gauche pendouille plus que le droit. Le froid, la frousse, ou
les fariboles, contractent la fine couche musculaire qui la tapisse
intérieurement (le « dartos »), donnant l’impression d’une
diminution transitoire de volume qui inquiète les novices.
Sécheresse vaginale
Plainte très
fréquente en gynécologie, dès lors que le vagin cesse de suinter de
plaisir, par paresse (frigidité*), par action (infections), ou par
omission (ménopause). Tarie, cette lubrification réflexe ne va pas
seulement rendre les pénétrations plus pénibles, elle expose aussi
les muqueuses à plus de vulnérabilité en affaiblissant leurs
systèmes d’autodéfense.
Voir aussi
Salive.
« Dry sex »
Autres latitudes,
autres moeurs. Littéralement, cette « sexualité à sec », désigne des
pratiques de « séchage » vaginal, à l’aide de tampons de plantes, de
poudres, dites « astringentes »,
que les femmes de
plusieurs ethnies d’Afrique de l’Ouest utilisent afin
d’avoir le vagin
« chaud, serré et sec » pour le seul plaisir de l’époux...
Sein
Glande mammaire,
miniaturisée chez l’homme, développée chez la femme après la
puberté*, dont elle est le premier signe annonciateur dès l’âge de
10-11 ans. Les seins n’existent, sexuellement, que si les deux font
la paire, sachant que les variations individuelles de forme et de
volume sont innombrables. La poitrine est par excellence une zone
érogène beaucoup plus visuelle que tactile ; surchargée de résidus
symboliques de tous ordres, l’illumination du désir qu’elle inspire
est due depuis toujours au vêtement qui la décore : nus, les seins
sont éteints.
Voir aussi
Mamelon.
Sénilité
Affaiblissement
irrémédiable des capacités physiques et mentales d’un vieillard. Les
nombreuses entraves du vieillissement, des hommes et des femmes, ne
tarissent pas pour autant leur libido*, voire l’exaspèrent, lorsque
les censures morales ne sont plus opérationnelles, et que
l’isolement affectif dégrade les autres raison d être encore en
vie...
Institutions
La
dépersonnalisation des personnes très âgées en institution mixte,
n’est pas seulement la conséquence des infirmités ou des tares
intellectuelles, mais le solde d’interdits de tous ordres qui
ruinent
d’office toute
« idylle» entre pensionnaires consentants.
Sensualité
Vigilance gourmande
de tous les sens, assistée du talent de savoir en faire partager le
plaisir.
Sérologie
Examen de
laboratoire d’analyses biologiques informant, à posteriori, sur la
présence ou non dans l’organisme de traces de contamination d’une
maladie infectieuse. En effet, même si l’agent infectieux, microbien
ou viral, ne donne pas « physiquement » signe de vie, sa présence
stimule le système immunitaire du sujet, dont la sérologie va
détecter la piste et l’évaluer.
Séropositif
La présence
d’anticorps dans le sang n’a pas la même signification : guérison
pour l’Hépatite B, par exemple, maladie active et contagieuse, en
revanche, pour le sida.
Sevrage
Cessation de
l’allaitement maternel, qu’il s’agisse de l’homme ou de tout autre
mammifère. Par extension, devient synonyme de « coupure du cordon
ombilical » : injonction thérapeutique adressée à de jeunes couples
immobilisés par une surprotection parentale dont ils ne peuvent se
départir.
Sex-appeal
Expression
anglo-saxonne qui désigne une forte attirance sexuelle, aussi bien
chez l’homme que chez la femme, induite par les promesses
qu’inspirent une tenue provoquante, un sourire, une voix
« chaude », un charme séducteur.
Séduction
Les moyens de plaire
relèvent de la séduction quand s’ajoute à l’art de se mettre
physiquement en valeur, une note intellectuelle : érudition,
savoir-vivre, courtoisie, élégance du verbe, humour...
Sex-shop
Boutique, ou
« supermarché », consacré au commerce réglementé de la pornographie.
Outre la vente de livres, revues, lingerie, gadgets, vidéos, et
produits « aphrodisiaques », certains établissements offrent à leur
clientèle une exhibition rapprochée en « salons privés » avec des
modèles qui émargent selon les lois du spectacle, mais qui relèvent
en réalité de la prostitution.
Sexe
Alternative, elle
même à double sens : sexe de l’organe génital, mâle ou femelle et,
sexe de l’estampille culturelle qui distingue le masculin du
féminin, soit, quatre sexes, en français. Pléthore qui ne sert pas
la cause des transsexuels* qui s’acharnent à jurer qu’ils n’en sont
que d’un seul, ni des bisexuels* qui n’en souhaitent que trois...
Sexisme
Tyrannie, iniquité
et vanité, que manifestent la gent masculine, dans une société
machiste*, à l’encontre du « sexe faible », aboutissant à des
situations d’exclusion, de dévalorisation et d’injustice.
Féminisme
La riposte des
femmes ne peut se faire que sur le mode d’un militantisme qui risque
d’être
outrancier, faute
même de disposer de vocabulaire : le féminin de misogyne, qui
déclinerait
une attitude
méprisante vis à vis des hommes, « misandre », n’étant d’usage
qu’en littérature.
Sexologie
Discipline
appartenant aux Sciences Humaines, regroupant tous les domaines de
compréhension de la sexualité, en général, et de la fonction
érotique humaine en particulier,
à la fois du point
de vue théorique et dans leurs applications pratiques.
Sexothérapie
Leur attribution au
domaine médico-psychologique, débouche sur l’élaboration d’une
« clinique du
sexe » qui n’est, à cet égard, qu’un des maillons d’une longue
chaîne de
sous-traitants du
savoir académique.
Sexualité
L’ensemble des
processus biologiques et comportementaux, propres à une espèce,
capables de
perpétuer son
patrimoine génétique de générations en générations. En français, par
paresse, par pudeur, ce terme présente l’inconvénient d’être un
« mot de passe, traitant aussi bien de la génitalité que du
symbolisme : il faut prendre l’habitude de limiter son champ
sémantique à la procréation, distinct de celui de l’érotisme.
Sida
MST* virale,
caractérisée par une atteinte progressive des mécanismes
d’autodéfense de l’organisme (Syndrome d’Immuno Déficience Acquise),
affaiblissement qui expose le malade à des contaminations et des
processus cancéreux qui, sans traitement adéquat, sont rapidement
mortels.
Simulation
Feinte, déguisant la
réalité plutôt médiocre des prestations érotiques d’un vaniteux.
Faire semblant de jouir, dissimuler ses frustrations, majorer ses
émotions, exagérer les compliments...
pour sauvegarder
d’autres bénéfices secondaires : ce n’est pas de la ruse, c’est une
lâcheté.
Sling
« Hamac », équipé de
quatre points de fixation, spécialement conçu pour la suspension
d’un soumis* allongé ou en position « gynécologique ». La toile ou
le cuir peuvent être d’une seule pièce ou sous forme de lanières,
laissant de grands espaces entre elles afin de favoriser l’accès
direct aux orifices du corps qu’elles élèvent à hauteur d’homme.
Smegma
Sécrétion
glandulaire (dite « sébacée ») entre le prépuce* et le gland, chez
l’homme non circoncis*. Sa fonction lubrifiante est essentielle pour
décalotter*, mais à condition de respecter des règles de propreté
très scrupuleuses. A défaut d’une toilette quotidienne, cet empois
graisseux s’épaissit en « adhérences », que seul un acte chirurgical
va pouvoir libérer.
Chez la femme
Un smegma est
également sécrété entre le gland et le capuchon du clitoris,
exigeant ici aussi un apprentissage de la toilette intime*, sans
quoi, non content de dégager une odeur répulsive, le clitoris voit
sa sensibilité très diminuée par l’écran que fait l’épais vernis qui
le recouvre progressivement.
Sodomie
Toute pénétration à
travers l’anus, masculin ou féminin. Physiologiquement, l’anus n’est
pas une zone érogène : une zone hypersensible certes, mais sans
réaction hémodynamique* de turgescence, ou d’intumescence, privée
de réflexes de lubrification et de modification de la température
locale - si importante dans le transfert des perceptions
voluptueuses - équipée d’une musculature spécialisée dans
l’exonération... Une zone intellectuellement érotique par contre,
moins à cause des tabous qui la proscrivent que des représentations
de perforations qu’elle induit.
Prohibitions
Autant l’érotisme
anal entre lesbiennes* que les « clystéromanies » au bock de
lavement ou à la poire, autant les « fist* » que les masturbations
au godes* gonflables...sont ignorés des préceptes d’éthique
religieuse, autant la sodomie hétérosexuelle avec éjaculation
intrarectale est sévèrement punie :
on ne plaisante pas
avec le sperme, dont la fonction procréatrice est consacrée
« monopole d’état ».
Soft
Dans le patois
pornographique, désigne les amusements coïtaux de type bourgeois,
sans fioritures anales ou « double* », sans exhibition trop
ostentatoire des orifices concernés et surtout, pour obéir à des
préceptes de censure plus précis, sans montrer les verges hissées et
tendues.
Soixante - neuf
Couple en position
de succion simultanée : deux partenaires se placent tête-bêche afin
d’embrasser, sucer, lécher, téter ou mordre la peau qui s’étend du
nombril au genoux. Bien sûr la représentation la plus courante met
en avant « l’oragénitalisme* » mutuel, mais il n’est qu’une variante
d’un vaste chantier. Le graphisme des deux chiffres « 6 » et « 9 »
est devenu un sigle universel pour caricaturer la position.
Solitude
Etat d’abandon et
d’isolement. Echéance inéluctable pour les personnes âgées.
Séparation
La crainte de la
solitude motive souvent le maintien de situations fausses, d’un
simulacre de vie familiale, en différant sans cesse une décision de
rupture* que l’agonie de sentiments justifie.
Sommeil
«Coucher ensemble »
atteste du droit de cohabiter, acquis officiellement par les liens
du mariage, ou la volonté d’un couple de s’appartenir. Etape ultime
de la quête d’intimité, le sommeil est un art d’aimer draconien,
avec son décor, ses costumes, ses rituels. La sieste,
comme une enclave
dans la vie quotidienne, donne raison au plaisir, surtout si ce
court sommeil réparateur est clandestin...
Physiologie
Le sommeil se
déroule par étapes. Le stade dit « paradoxal », qui se renouvelle à
trois ou quatre
reprises d’une
vingtaine de minutes, est caractérisé entre autre, par une intense
activité cérébrale,
« visualisée » dans
le rêve, et par des réactions sexuelles incontrôlées
(érections,
pollutions*, lubrification vaginale, orgasmes parfois).
Souffrance
Endurer une douleur
moralement pénible. Le deuil, le rejet, la solitude, en sont des
exemples types. Souffrir est souvent le solde de tout compte d’une
histoire d’amour irréparable, ou irréaliste, qui s’enfonce dans la
mémoire.
Soumission
Appellation
contrôlée par les « maîtresses* » qui désignent ainsi l’obéissance
totale de leur « soumis ». Un tel besoin de docilité ultime est pour
ces hommes, demandeurs d’asile fantasmatique, une manière
d’érotiser un ersatz maternel dans la violence des humiliations.
Lien symbolique
De toutes les
variétés d’exactions et de souillures que les soumis peuvent subir,
il est une constante
qui fait formellement la différence avec le projet S/M*,
c’est l’usage du
collier et de la chaîne : le soumis est toujours tenu en laisse,
comme
s’il se nourrissait
de ce substitut de cordon ombilical.
Sourire
Grimace éphémère et
typiquement huymaine, qui réalise par le simple écartement du coin
des lèvres, la somme la plus universelle, la plus consolante, la
plus aimable, des expressions silencieuses de la séduction : le
sourire est, symboliquement, une « zone érogène » envoûtante.
Sous-vêtement
L’habit porté sous
le vêtement est resté « unisexe » jusqu’au XVII°siècle. C’est avec
le caleçon que l’usage mixte prend fin, et qu’une lingerie féminine
se différentie. « Porter le caleçon » devient donc dans la langue
populaire misogyne une menace et une injure. Aujourd’hui le
« dessous » est conçu comme un équipement confortable, mais
s’affiche aussi comme une pièce d’orfèvrerie textile, à la solde
d’une mode qui exhibe le corps pour mieux l’érotiser.
Soutien-gorge
Lingerie féminine à
bretelles et bonnet, balconnet, corbeille ou coque... destiné à
maintenir, séparer et rehausser les seins*. Assagie ou délurée, la
mode investit tout particulièrement ce vêtement, car elle en connaît
la valeur emblématique et le pouvoir de donner le vertige au regard
« plongeant »...
Spanking
Mode anglaise de
flagellation* « éducative », principalement orientée vers la fessée
et des mises en scène mimant l’âge des timidités convenues et des
déculottées redoutées. Punition vigoureuse mais non-violente. Une
tradition malmenée, trahie, par la mode des corrections brutales du
S/M* popularisé par la pornographie.
Spéculum
Instrument
d’observation de la cavité vaginale et de l’anus - les premiers
exemplaires sont mentionnés dans la médecine ayurvédique hindoue,
sept siècles avant notre ère - qui s’est maintenu depuis des siècles
dans sa conception d’origine : un système à vis permet l’écartement
progressif de valves qui dilatent les parois où elles sont
enfoncées.
Spermatozoïdes
Cellules fertiles
masculines, microscopiques, porteuses du matériel héréditaire,
sécrétées en grand nombre et en permanence par les testicules, puis,
parcourant de fins canaux où ils parachèvent leur développement,
sont stockés dans les « vésicules séminales » avant d’être émis dans
le sperme lors de l’éjaculation.
Spermogramme
Les mécanismes
exacts de la fertilité masculine sont loin d’être tous identifiés,
mais le recensement
des spermatozoïdes,
des formes normales ou non, leur motilité, leur vitesse, ainsi que
des tests plus généraux sur l’éjaculât, par exemple, amorcent une
évaluation des cas litigieux d’infertilité.
Sperme
Liquide émis lors
des spasmes de l’éjaculation*. Sa composition est complexe, et les
spermatozoïdes n’en constituent qu’une partie infime. De couleur
laiteuse à l’émission, le sperme se coagule en quelques secondes, de
manière à adhérer aux parois vaginales et surtout à la glaire émise
par le col de l’utérus, à travers laquelle les spermatozoïdes vont
entamer leur « ascension ». Du point de vue des croyances et des
tabous, volume, viscosité, odeur, autant de motifs d’inquiétudes ou
de vaines espérances, car aucune contribution médicale ne peut en
modifier les caractères.
Spermer
Terme d’adolescents
pour désigner l’éjaculation.
Spermicide
Produit chimique de
contraception locale, utilisé sous forme de gel, crème, capsules,
film, éponge ou aérosols par exemple, directement introduits dans le
vagin. En réalité, comme le principe s’appuie sur la neutralisation
des spermatozoïdes avant leur ascension dans le col, la durée de
leur contact avec l’agent toxique est un facteur capital de
l’efficacité : par sécurité le
spermicide est donc
employé comme complément des moyens habituels de contraception
mécanique, préservatifs ou « diaphragmes ».
Sphincter
Ensemble anatomique
complexe, fermant l’issue d’un organe - estomac, vessie, rectum, par
exemple - et ne s’ouvrant que par intermittence, soit
volontairement, soit de façon tout à fait
réflexe. Leur
fonction primordiale est d’assurer l’étanchéité absolue du système
de fermeture,
sachant qu’en cas
d’échec, les incontinences qui en résultent sont très invalidantes.
Spotting
Spot :
des « petites taches », en anglais. Ici, il s’agit d’un terme
gynécologique qui signale des pertes de sang, minimes mais
persistantes, en dehors des règles évidemment. Le plus typique de
ces saignements a minima est observé parfois sous pilule*
contraceptive, traduisant un déséquilibre hormonal qui peut inciter
à changer de méthode de contraception.
Stérilet
Moyen contraceptif
inséré dans l’utérus. Le langage médical lui préfère le sigle DIU*,
écartant la consonance « stérile » du terme. De forme variable, en
plastique, recouvert d’un fil de cuivre, voire d’une couche de
produit hormonal à libération prolongée, il agit en corps étranger
sur la muqueuse utérine, en « l’irritant » et empêchant ainsi par
ses effets inflammatoires l’implantation de l’œuf fécondé.
Stérilité
Etat d’incapacité
transitoire ou définitive de procréer. Souvent, les obstacles au
déroulement normal des processus de fécondation, d’implantation et
de développement du foetus, sont la somme de difficultés conjointes,
masculines autant que féminines. Même si les méthodes de procréation
médicalement assistées permettent de palier des stérilités
confirmées, nombre d’entre elles demeurent inexpliquées et
incurables.
Stérilisation
Chirurgie
intentionnelle de mutilation d’une structure anatomique essentielle
à la procréation dans un
but
anticonceptionnel : vasectomie* chez l’homme, « ligature des
trompes* » chez la femme.
L’espoir d’une
reperméabilisation, en cas de remords, est très aléatoire.
Stimulation
Incitation
préméditée, verbale ou sensorielle, destinée à déclencher des
réactions émotionnelles, de nature à majorer le désir, motiver une
réciprocité, exciter une zone érogène, exhorter un orgasme...
Stress
Etat d’inadaptation
subjective, à des changement de conditions de vie, à des surcharges
professionnelles
inadmissibles, à des échéances intolérables... Du point de vue de
« l’économie » de l’organisme, cette mise en tension extrême des
ressources intellectuelles et émotionnelles, fait courir le risque
d’un brusque naufrage dépressif. Les défaillances de la vie privée
sont à cet égard un signe avant-coureur fort utile à respecter.
Strip-tease
L’exhibition en
musique est une trouvaille du théâtre burlesque de Broadway du New
York de 1861. Le goût orientaliste du début du siècle suivant y
ajoute la danse du ventre. L’abandon progressif des saynètes et des
figurants qui lui servent d’alibi - dites « scènes du genre » - en
font ensuite un spectacle à part entière exclusivement voué à
magnifier la puissance érotique du corps féminin.
Chippendales
Titre d’une troupe
américaine de onze « gentlemen strip-teaseurs » qui mettent en
péril depuis 1992 le
monopole féminin de l’effeuillage.
Sublimation
Processus mental qui
expliquerait, selon les psychanalystes*, la puissance de l’élan
créateur de certains artistes ou intellectuels, puisant leur énergie
dans les ressources d’une sexualité sans partenaire, mais également
sans refoulement... Quoi qu’il en soit, sublimer, c’est transférer
la véhémence de ses pulsions, égoïstement, sur des objets plus
« rentables » que des histoires d’amour : aucun lien de parenté
donc, avec une quelconque « idéalisation » platonique et frustrée.
Suctusstupratio
Barbarisme, dû à von
Krafft-Ebing (1840-1902), qui, mot à mot, désigne une « succion
déshonorante » : pratique féminine auto-érotique qui consiste en
effet à sucer soi-même ses mamelons. Considérée à l’époque comme
détestable, l’exhibition des « masturbations » mammaires de tous
ordres participe aujourd’hui du plus banal scénario pornographique.
Chez l’homme,
quelques acrobates dépravés ont pu laisser des témoignages
d’auto-fellation, mais le fait est exceptionnel.
Suspensions
Pratique S/M* très
en vogue dans les « donjons » équipés, et qui consiste à attacher
les soumis*, à les soulever, et à les maintenir en l’air à l’aide de
poulies, de palans, de chaînes...
Dans des versions
vraiment hard* le corps peut être suspendu par des crochets
traversant les seins.
Symbolisme
Mode de pensée
universel, qui différentie l’homme du singe, en accordant aux
choses, aux éléments, aux animaux... une fonction de « dialogue »
avec l’univers, et par conséquent de lien social. A propos de la
sexualité, c’est par le symbolisme que l’instinct prend une tournure
plus intelligente, capable de neutraliser alors les excédents de
détresse « existentielle » qu’elle inspire : ainsi, naît une
fonction érotique qui permet de fuir les corps...