T
Tabagisme
Toxicomanie politiquement correcte, qui ne survit à l’opprobre de
l’hécatombe sanitaire qu’elle produit que par l’efficacité des
lobbies qui en vivent. Par conséquent, fumer est depuis longtemps un
langage coutumier de la vie quotidienne. Sexuellement, à l’exception
des tics robotisés des fumeurs les plus atteints, sa gestuelle étaye
remarquablement le verbe et les mimiques, de l’hostilité à la
réconciliation, de la drague* à l’offrande de la cigarette après
l’amour...
Pilule
Les jeunes estiment
qu’il leur faut posséder rapidement les clés de ces codages pour
avoir accès
aux prérogatives
adultes... Erreur. Sans réprobation et sans avancement, dans
l’indifférence générale, en quelques semaines à peine, ils sont
emprisonné dans l’anonymat blasé des fumeurs. A ce petit jeu de
dupes, les filles sous pilule vont payer un droit d’entrée au prix
fort, majoré des risques d’accidents vasculaires pouvant survenir
avant les cancers.
Tabou
C’est ce sur quoi il
ne faut rien dire de peur de transgresser un interdit. Aujourd’hui,
le terme « glisse » de plus en plus vers un ramollissement du sens
initial, et désigne une superstition pudique, encore liée à la
discipline religieuse, mais beaucoup moins menaçante et s’étendant
même au-delà, à des questions politiques ou économiques par exemple.
Tact
Sensation du
toucher, permettant de percevoir le contact, la pression, la
température et la douleur. Mais c’est aussi l’art du savoir aimer,
raffiné et élégant. Sexuellement à cet égard, le tact est en raison
inverse du plaisir - plus il y a d’excitation, moins les gestes
sont gracieux - et la muflerie a plus de divorces à son actif que
l’impuissance.
Talons hauts
Transgressant tous
les effets de mode, l’escarpin à talons hauts est toujours un
sous-vêtement. Les pieds ne sont érogènes qu’à ce prix, c’est à dire
exhibés par les découpes du cuir et maintenus en « demi-pointe »
pour servir de base au lancer des jambes, enjolivées qui plus est
par la transparence des bas... Mais les talons électrisent aussi la
démarche, haranguent le regard masculin, en exaltant le blason des
fesses* féminines.
Tampon
Bouchon cylindrique
de fibres synthétiques compactes, enfoncé dans le vagin pour retenir
et partiellement absorber le flux menstruel. Un fil blanc inséré
dans le tampon, comme une mèche dans une bougie, permet de
l’extraire. Sexuellement, la découverte de cette ficelle peut avoir
un effet délétère pour certains garçons, mais peut à l’inverse
attiser l’ardeur de bien d’autres.
Virginité
L’usage régulier des
tampons miniatures, conçus pour les filles encore vierges,
ne lèse jamais
l’hymen ; ce qui est redouté chez les novices timorées, c’est plutôt
le geste
d’enfouissement du « corps étranger », l’obligation de « se
toucher »...
Tantrisme
Culte issu de
l’hindouisme, du jaïnisme et du bouddhisme tardif, centré sur la
méditation « transcendantale » - l’art de se penser « être au
monde » - et le symbolisme de la sexualité. Importée en occident
sous des formes disparates, cette tradition initiatique complexe est
souvent falsifiée lorsqu’on limite son enseignement aux promesses
d’un érotisme extatique.
Voir aussi
Yoga.
Cosmogonie
La distance qui
sépare notre vision monothéiste du sacré, de l’illumination cosmique
du Tranta
est telle que, sans
une conversion totalement immergée dans l’hindouisme, la
fréquentation de ses enseignements n’est que pure distraction.
Tapisserie
« Faire
tapisserie », du temps des bals populaires, se disait de celle qui
restait collée aux murs, faute d’être invitée à danser. Renvoie
aujourd’hui à la caricature populaire des papiers peints, à fleurs,
à scènes rurales, à décor vénitien ou saharien, des chambres à
coucher conjugales en « achélem » - HLM, habitation à loyer modéré
des cités de banlieue - emblèmes d’une vie privée assagie et morne.
Tatouages
Inscriptions et
dessins indélébiles, imprimés sur des zones cutanées exposées au
regard, ou cachées par les vêtements. Longtemps voué à l’affichage
de son appartenance à des clans marginaux, le tatouage se banalise
en recrutant désormais de jeunes adeptes de tous horizons.
A la fonction
décorative s’ajoute, comme de tous temps, le rôle de « marqueur
identitaire »,
que le recours
quasi-systèmatique au piercing* renforce et singularise.
Téléphone rose
Usage du téléphone
dans le cadre de messageries de rencontres, et lors de prestations
payantes assurées par des « opératrices » aguicheuses.
Harcèlement
L’appel obscène est
une forme de harcèlement sexuel anonyme : la capture d’une voix
féminine inconnue, à distance et en sécurité, étant plus émouvante
que
l’excitation
programmée d’une professionnelle, au téléphone, sur Minitel ou
Internet.
Tendresse
Langage gestuel et
verbal permettant de mettre en scène son attachement* amoureux.
Tendre
Etre et rester
tendre : c’est dans le couple qui dure une référence
bien plus éloquente
que la fréquence hebdomadaire des coïts.
Tentation
Espérance
subversive. Y succomber ou y résister, c’est l’évaluation de ce
choix qui excite, bien plus que la chose acquise et consommée.
Test
Epreuve
standardisée, à visée psychologique ou biologique, destinée à doser
tout ce qui être traduit sur une échelle chiffrée : des
connaissances, des aptitudes, mais aussi bien sûr des hormones, le
cholestérol... ou la présence dans le sang de facteur prouvant la
présence encore « invisible » d’une maladie (séropositivité* du SIDA
par exemple).
Test de grossesse
La suspicion d’être
enceinte peut être confirmée de plus en plus tôt désormais, sur
quelques gouttes d’urine, à partir de réactifs colorés répercutant
les traces des
modifications
hormonales induites dès le début de la grossesse.
Testicules
Il s’agit de deux
glandes, ovales, de la taille d’un abricot. Elles sont côte à côte,
sous la verge, « bizarrement » suspendues à l’extérieur du corps
dans un hamac (le scrotum*), afin de les maintenir à une température
plus clémente qu’à 37°2. Elle sont dévolues à garantir la virilité
sous ses deux aspects : endocrinien, avec la libération d’hormones
dites « androgènes* », et fertile, en sécrétant à leur tout premier
stade de maturation, les futurs spermatozoïdes*.
Testostérone
Principale substance
élaborée par les testicules capable de « masculiniser » les tissus
et les organes cibles tels que la musculature, la pilosité, les
cordes vocales, et naturellement les organes génitaux. Ses dosages
sont encore bien imparfaits, et ne rendent pas intelligible encore
son rôle exact dans les capacités érectiles d’un sujet ou leur
vieillissement.
Testostérone
biodisponible
L’hormone circule
dans le sang à bord d’un « véhicule » qui est une substance par trop
attachante :
elle en stocke une
portion importante qui ne peut agir sur les cibles.
La testostérone qui
n’est pas mise ainsi en quarantaine est dite « biodisponible ».
Tête (faire la)
Expression de la
rancune et des désillusions ; la mimique renfrognée parvient à faire
entendre le mécontentement, mais c’est un dispositif de suppléance
à risque, car plus il dure en silence, moins il y a de chance de se
réconcilier.
Théâtre érotique
A Paris en 1732,
Le Luxurieux, édition posthume de l’acteur-auteur Marc-Antoine
Legrand, sociétaire de la Comédie-Française, inaugure un formidable
engouement pour les comédies licencieuses, faisant du XVIII°siècle
l’âge d’or du libertinage*. Au théâtre pleurnichard du répertoire,
le public plébiscite plus encore des comédies-ballets, souvent
écrites en vers, où les « tableaux vivants » affûtent l’imagination.
Représentée dans la plus stricte intimité, ou dans des maisons
closes, cette littérature clandestine précède de bien loin le
« théâtre érotique » contemporain. Désormais, seule l’exhibition des
corps y fait office d’écriture, et l’obscénité de style de
prédilection.
Thélotisme
Désigne la
turgescence, rapide et quasi-constante, du mamelon* sous l’effet
d’excitations très anodines, comme le froid ou le simple frottement
d’un vêtement, ou intentionnelles, lors de caresses ou de succions.
Les « bouts de sein » durcissent du fait de la contraction des
fibres musculaires qui les traversent. Parfois, sous l’effet de la
pression, peut s’écouler une goutte de sérosité qui ne doit pas
inquiéter outre mesure.
Thérapie conjugale
Terme démodé à
double titre : la notion de guérison médicale des souffrances de la
conjugalité est une illusion - « guérir » du mauvais choix* du
partenaire, de la lâcheté, du dégoût* ou du mensonge* ?... - par
ailleurs, le couple marié ne représente désormais qu’un des modes
minoritaire de « contrat » de cohabitation sexuellement assistée.
Sexothérapie
Assistance
éducative, droit de regard critique sur la vie quotidienne,
majoration du « potentiel » érotique, sont les trois principes
d’écoute et d’accompagnement qui définissent l’approche globale du
sexologue. La prise en compte de l’organicité* est dévolue aux
praticiens spécialistes des lésions en cause. La position médiane,
psychosomatique*, qui consiste à « jouer au docteur » et
à intervenir sur la
question de la jouissance, est une arnaque.
THS
Sigle qui désigne le
« traitement hormonal substitutif » de la ménopause*.
Voir
Patch.
Tight-lacing
Désigne en anglais
un laçage serré. Elégante pratique S/M* de type vestimentaire et
ornemental, outrepassant les limites d’usage du corset. Les
vêtements, en cuir ou en latex, peuvent en effet immobiliser le
corps du cou aux genoux dans un laçage complexe. Plus généralement
il s’agit d’un serrage extrême de la taille, dont l’exhibition peut
accompagner les rituels transformistes* efféminés.
Timidité
Attitude de réserve
honteuse face à des actes à commettre, ou des personnes à
interpeller. Seconde nature pour certains, réaction d’autodéfense
pour d’autres, la timidité plonge toujours ses racines dans les
empreintes que laisse une jeunesse douloureusement dévalorisée. Le
déni de l’enfance que commettent des parents imbéciles fonde une
« arriération affective », exacerbée par des sentiments
d’infériorité et de culpabilité, qui vont hypothéquer l’entrée dans
l’âge adulte, dans une vie privée revigorante et épanouissante.
Tire-seins
Hormis les matériels
d’usage infirmier en maternité, il s’agit ici d’ustensiles de
soumission* : simples pinces à linge, « french clips » munis d’une
bague de serrage, pinces à étirement munies de chaîne pour suspendre
des poids, « serre-téton » à vis de réglage, ventouses à tétons pour
les développer... tous accessoires destinés à la maltraitance
convoitée des mamelons, aussi bien féminins que masculins.
Toilette intime
Soins de propreté
génitale. Le terme concerne plus couramment l’hygiène de la femme,
dont
« l’intimité » n’est
pas très catholique, donc plus écœurante à laver, pour ne pas dire
franchement taboue* pour certaines. Pour d’autres par contre, la
« douche vaginale » est biquotidienne... ce qui est tout aussi
néfaste au système d’autodéfense des muqueuses, même en utilisant
des préparations cosmétiques adéquates.
Purification
rituelle
Si le nettoyage de
la verge est passé sous silence dans la bible et signalé sans plus
de détails dans le Coran, en revanche, la toilette du vagin est
prescrite avec une précision d’apothicaire
afin de purifier la
femme des souillures menstruelles ou post-coïtales : « grandes
ablutions » - ghossl - de la femme musulmane, et « bain
rituel » - dans le mikvé - de la femme juive.
Transpiration
Sueur. Trois
catégories de glandes « sudoripares » libèrent sur la peau trois
types de transpiration. La plus « huileuse » provient des glandes
sébacées implantées dans le follicule d’un poil et en assure le
« graissage » continu ; la plus fluide, abondante et inodore, est
produite par les glandes eccrines, très actives dans la paume des
mains et la plante des pieds ; la plus grasse, la plus odorante, est
sécrétée à la base des poil et des cheveux par des glandes dites
apocrines.
Hyperhydrose
La transpiration est
modulée par l’effort, le stress, l’émotion, l’excitation, mais aussi
chez la femme
par son cycle
hormonal. Les accès subits et violents des « bouffées de chaleur »
et des « suées »de la ménopause
attestent du chahut hormonal que la femme est en train de subir.
Transsexualisme
Terme proposé en
1952 par les sociobiologistes américains, pour qualifier toutes les
histoires de désaveu de l’identité* sexuelle d’une personne,
réfutant l’évidence de son anatomie génitale et s’affirmant comme
appartenant à l’autre sexe. Ce reniement du sexe déclaré à la
naissance débouche sur des revendications véhémentes de traitements
hormonaux, de rectifications de l’apparence physique, et d’un
changement d’état civil.
Sexuation
Aux prouesses des
chirurgiens et à la récente compassion des juges, s’oppose l’analyse
des psychiatres qui désapprouvent leur espoir de « retoucher » aux
fondations inconscientes de l’identité. En effet,
ces processus de
« sexuation » ne sont invalidés à ce point que dans les délires de
la psychose*, ce qui fait supposer que le « transsexualiste » est un
psychotique qui s’ignore,
au sein d’un corps
social qui le légitime.
Transvestisme
Usurpation
ponctuelle des vêtements, des mimiques et des attitudes du sexe
opposé au sien. Chez l’homme, perruques et seins postiches
renforcent le leurre. Chez la femme, l’accoutrement « à la
garçonne » butte sur une mode unisexe qui en amoindrit la typologie
masculine, et oblige à exagérer des suggestions plus
comportementales.
Transformisme
L’accentuation de la
transformation de l’apparence peut franchir d’autres étapes,
de la chirurgie
esthétique, à la prescription d’hormones adverses qui vont cette
fois durablement modifier les caractères sexuels et perturber le
métabolisme.
Travesti(e)
Adepte du
transvestisme, aussi bien masculin que féminin. Si les motivations
inconscientes résistent aux hypothèses des savants, les récompenses
immédiates ne font aucun doute, de l’exercice de la prostitution, à
l’enrichissement égoïste des pratiques homosexuelles.
Tribade
Issu du grec
tribein, qui signifie « frotter, s’entrefrotter ». A longtemps
désigné la lesbienne* en caricaturant ses supposées parodies
« viriles » : pratiques « fellatrices », chevauchements sexe contre
sexe, quasi-pénétrations de clitoris hypertrophiés... De la
Renaissance au XIX° siècle le terme est très péjoratif et atteste du
déni d’une sexualité féminine qui puisse impunément résister au
pouvoir masculin.
Triolisme
Faire l’amour à
trois. Généralement, un couple recrute à domicile, soit une femme,
soit un homme. Dans un club échangiste* les trois protagonistes
peuvent être étrangers l’un à l’autre. Si la recrue du couple est
un homme, sa contribution est dévolue à la partenaire avec une forte
valeur ajoutée de voyeurisme chez le mari ; si le « conscrit » est
une femme, sa bissexualité* est vivement recommandée.
Historique
L’assistance d’une
tierce personne venant seconder les ébats d’un couple fut habituelle
chez
les anciens initiés.
La geisha* pouvait y ajouter un fond musical et poétique,
quant au cubicularius
des romains, il s’y tenait aux ordres, comme tout domestique,
prédécesseur de la
« femme de chambre ».
Trivial
Qualifie le
contraire de l’obscénité, c’est à dire toute chose à caractère
sexuel d’une accablante banalité, vulgaire au sens de l’exhibition
grossière des fonctions instinctives, un rappel débilitant de notre
généalogie de primate. En pornographie, la trivialité est
parfaitement illustrée dans les productions scatologiques* et
zoophiliques*.
Trompes utérines
Dites en médecine,
« trompes de Fallope », ces deux conduits musculeux se détachent de
chaque côté du fond de l’utérus pour se rapprocher latéralement de
chaque ovaire en s’évasant en « pavillon ». L’ovule pondu va être
transporté tout le long de la trompe du côté concerné en 24 à 36
heures avant d’atteindre la cavité utérine. C’est durant cette
migration qu’il est éventuellement fécondé.
Grossesse
extra-utérine
L’implantation de
l’œuf fécondé peut se faire accidentellement « hors » de l’utérus,
sans que son
développement ne soit interrompu. Plusieurs semaines durant
la grossesse croît
et se développe dans un espace exigu qui va éclater, si
aucun diagnostic
n’établit l’urgence d’une intervention salvatrice.
Trottoir
Le « faire », c’est
pour les hommes ou femmes prostitués racoler dans la rue. Depuis la
fermeture des maisons d’abattage, cette formule de « retape » est la
moins enviée de toutes, dédiée le plus souvent aux milieux migrants,
aux toxicomanes, aux personnes en situation irrégulière.
Tu
Pronom personnel de
l’intimité et de l’affection. « Etre à tu et à toi ». Marque un
passage intentionnel de la parole, ouvrant la perspective d’un
dialogue rapproché, qu’il soit charnel ou simplement l’annonce d’une
sympathie privilégiée. Dans les conduites de cour* le glissement du
« vous*» au « tu » est synonyme d’engagement sentimental
réciproquement consenti.
U
Ulcérations
génitales
Petites plaies des
organes génitaux, d’autant plus pénibles qu’elles siègent sur leur
zones les plus érogènes : muqueuse du gland* de la verge, lèvres*,
corps du clitoris. La douleur, le saignement ou l’inflammation sont
généralement très dissuasifs.
Union libre
Mode de construction
durable d’un couple qui refuse d’obéir aux contraintes sociales du
mariage, afin de braver des normes familiales ou économiques, ou de
se donner l’illusion d’être maître de son choix. Remplacé
aujourd’hui par le terme de concubinage*.
La fidélité
« libre » ne veut
surtout pas dire volage : le devoir de fidélité y est encore
plus draconien que
dans le mariage.
Unisexe
Concerne surtout un
mode d’habillement qui tend à effacer autant que possible tout signe
distinctif du masculin et du féminin.
Blue-Jean
Pantalon en toile de
tente bleue marine, uniforme unisexe, emblème depuis 1968
de la libération
vestimentaire des filles.
Uraniste
Créé en 1864 par le
juriste allemand Karl-Heinrich Ulrichs, c’est un synonyme
malchanceux « d’homosexualité* », auquel fut préféré également
l’expression « inversion sexuelle », crée elle en 1869 par le
psychiatre berlinois Carl Westphal.
Urètre
Canal naturel pour
l’émission des urines de la vessie. Long et extensible chez l’homme,
court et élastique chez la femme. « Porte ouverte » sur l’extérieur,
très sensible au manque d’hygiène ou au contact avec les agents
infectieux des M.S.T.*.
Urétrite
Les antibiotiques
ont mis fin au calvaire des hommes porteurs d’infections
inguérissables
de l’urètre, mais le
risque de rétrécissement cicatriciel demeure, provoquant
des éjaculations
douloureuses.
Urine
Chez les mammifères,
l’urine est porteuse de phéromones* et joue un rôle direct dans
l’attraction sexuelle. Chez l’homme, elle participe aussi au bouquet
olfactif qu’émettent la zone vulvaire et la verge, mais provoque une
répulsion « naturelle » que seuls le sentiment amoureux ou la force
du besoin peuvent neutraliser.
Urolagnie
Excitation sexuelle
liée à l’urine. Jusqu'à une date encore récente, le manque d’espace
privatif domestique et de cabinet de toilette, rendaient l’usage du
« pot de chambre » à la fois impudique et banal, lui ôtant une large
part d’incitation érogène. Hommes et femmes aujourd’hui renouent
avec un goût pourtant en vogue au XVII° siècle, exhibant la miction,
s’en aspergeant, l’associant ou non à la masturbation et au coït.
Domination
Les soumis* ne se
voient imposer d’absorber de l’urine que lorsque le rituel de
domination
l’a préalablement
établi, sinon, il s’agit d’une improvisation abrégée de scatologie*.
Utérus
En dehors de la
grossesse qu’il héberge et qu’il va expulser, l’utérus a la forme
d’une poire très épaisse, d’à peine six centimètres de long sur
quatre de large au niveau de son « corps », et suspendue solidement
au fond du vagin, derrière la vessie. A l’examen gynécologique, on
ne découvre que son « col », dont on doit régulièrement surveiller
l’état de santé.
Voir aussi
Hystérectomie.
V
Vagin
Organe de passage.
Etymologie
Du latin vagina :
« fourreau », « sexe féminin », puis « gaine »,
dont sont issus
dégaine, rengaine et rengainer...
Vaginisme
Veto invulnérable
sur toute tentative de franchissement de l’orifice vaginal.
Physiquement, des contractures et des spasmes prolongés font
obstacle au corps étranger qui le touche ; mentalement, ce n’est pas
seulement le trac qui agit, mais une conviction beaucoup plus
archaïque « d’imperforation », un manque dans le « schéma
corporel » : se deviner « creuse » est à la féminité, ce que le
savoir du phallus* est à l’homme.
Vamp
Terme de cinéma :
pin-up* à l’écran, diminutif de vampire, à l’époque des baisers
hollywoodiens, dont la « dévoration » aiguisait aussi l’appétit des
jeunes gens.
Vanité
Péché « mortel »
chez un homme. Pur effet de vertu exhibitionniste* chez une femme,
sans quoi la tentation ne serait pas ce qu’elle est.
Vasectomie
Méthode de
contraception masculine, qui consiste à sectionner les canaux
déférents* dans leur portion testiculaire. A long terme, la
réversibilité de cette section est irréalisable, et le mot de
« stérilisation » convient mieux à cette infertilité volontaire et
définitive.
Vasodilatation
Relaxation de la
musculature microscopique de la paroi des artères, ayant pour effet
en les dilatant, d’accroître le débit sanguin dans la zone irriguée.
Etape cruciale du fonctionnement des corps caverneux* et des zones
érogènes*.
Hémodynamique
assistée
Une meilleure
compréhension des échanges chimiques impliqués dans cette motilité
vasculaire, a permis
de créer une nouvelle gamme de médicaments,
bénéfiques pour la
fonction érectile, dits « produits vaso-actifs ».
Vénérien
Qualificatif désuet,
dérivé de l’allusion à Vénus, emblème de l’Amour... et de ses
déboires, dont l’expression « maladie vénérienne » fut exemplaire.
Verge
Organe mâle de la
miction*, de l’accomplissement du devoir conjugal et de la quête de
l’orgasme. Héros et martyr de la sexualité masculine. Unique partie
du corps dotée d’un système ingénieux d’alternance de ses dimensions
et de sa rigidité, rythmant des séquences d’érection* et de
flaccidité* en fonction d’instructions en majorité involontaires.
Dysmorphophobies
Barbarisme médical
qui traduit les reproches d’ordre anatomique dont un sujet
revendique la correction.
Nul autre organe que
la verge se voit accusé d’autant de maux, à propos de sa taille, son
diamètre, son volume, sa dureté, sa direction, ses courbures, ses
aspérités, sa température, sa couleur...
Vergetures
Raies blanchâtres
disgracieuses striant la peau distendue de l’abdomen, des fesses ou
des cuisses, chez la femme. Tiré du latin virga, afin de
rappeler l’analogie avec les traces que font sur la peau les coups
de verges, au sens de fins bâtons longs et flexibles.
Vertu
Qualité d’âme
encline à faire le bien. Le terme s’en prend élégamment à la
chasteté féminine pour désigner avec grâce celle qui y consent, ou
au contraire, celle qui en subit « l’attentat ».
Quand elle est
encore « petite », la vertu hésite entre le vice et l’orgueil.
Vibromasseur
Accessoire motorisé
destiné, par vibration, à la mise en alerte des zones érogènes,
aussi bien masculines que féminines. L’énergie est obtenue par le
courant électrique ou par des piles rechargeables. On distingue les
appareillages à embouts amovibles à usage externe, des postiches de
verge - de formes et de dimensions très nombreuses - à insérer dans
les cavités vaginales et anales.
Vierge
Qualité communément
accordée à la femme dont le vagin n’a pas été pénétré, et qui
conserve donc un hymen* intact. Cette intégrité anatomique fait
l’objet d’une surestimation moralement louable, mais
physiologiquement incertaine, car un hymen fin et étroit peut ne pas
saigner lors d’une pénétration inaugurale intelligemment conduite...
Virginité masculine
Bien qu’aucune
marque physique ne l’atteste, la défloration* d’un garçon marque son
histoire sexuelle d’une empreinte durable, car elle fixe un premier
étalonnage de la précipitation de ses éjaculations,
dont les constats
sont à ce stade initial généralement décevants.
Violences
Attribut des
comportements sexuels brutaux, imposés sous la contrainte. Or, cette
coercition, même cruelle, peut ne pas être une « maltraitance » au
sens juridique du terme, dès lors qu’elle est « contractuelle ». Le
consentement est donc l’unique facteur départageant les sévices
librement consentis des abus punissables, les excès du S/M hard* des
violences domestiques, par exemple.
Viol
Qualification
aggravée des agressions avec violence, contrainte, menace ou
surprise, pour peu qu’il
y ait eu « acte de
pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit ». Cette nouvelle
rédaction du code pénal permet, notamment, de qualifier des
agressions sexuelles dont les hommes sont aussi victimes.
Virilisme
Terme qui désigne
chez la femme, le plus souvent ménopausée*, un ensemble de signes
anatomiques et psychiques, caractéristiques d’un désordre hormonal
au profit des androgènes*. La « virilité » y est donc caricaturale ,
appelant des traitements souvent associés à des soins esthétiques,
notamment capillaires.
Virilité
Assentiment d’être
conforme aux représentations du genre masculin de son milieu social,
et d’en tirer parti
pour soi-même et son entourage.
Voile
Etoffe fine et
légère, dont la transparence est mise à contribution pour donner
l’illusion de cacher ce qu’elle exhibe du corps féminin : voilettes
sur le regard, crêpes de deuil, gazes des tutus, ou dentelles des
jupons...
Voix
L’émission des sons
articulés ou chantonnés, des cris ou des murmures, est partie
prenante des signaux d’alarme érotique. La phonation n’est pas
seulement porteuse du sens des mots, elle harmonise aussi le rythme
respiratoire à l’émotion, et ce, avec une intensité d’autant plus
touchante que cette musicalité éveille par hasard des refrains de
l’enfance.
Volupté
Extrême limite du
plaisir, dans ses ultimes tensions qui précèdent l’orgasme* et qui
vont s’y dissoudre.
Voyeurisme
Tendance à
satisfaire une curiosité exacerbée pour les actes qu’autrui tient
pas nature ou par éducation à ne pas dévoiler. Si à l’inverse de
cette pudeur, des tiers entreprennent l’exhibition de ces
manifestations de la vie privée, l’alliance avec le « voyeur » doit
aboutir à une surenchère de l’indécence, afin que son plaisir ne
souffre pas d’une complicité qui le prive de l’effet de surprise
habituellement recherché.
Vulve
Zone emblématique du
sexe féminin, plus ou moins velue, et n’offrant à voir même chez
l’adulte, qu’une mince boutonnière marquant l’entrée du vagin*,
épaissie sur ses bords et surmontée du minuscule bourgeon
clitoridien. Or, à l’évidence, ce n’est pas sur la chair des bords
du « trou » vaginal que l’érotisme s’illumine, mais sur la peur du
vide qu’inspire sa béance.